Comme la plupart d'entre vous, nous avons été littéralement assomés ce week-end. La tragédie norvégienne, les horreurs en Somalie et ailleurs, et la disparition d'Amy (oui, j'ai été très affecté par cette disparition)... Encore un de ces moments où on a le sentiment de toucher le fond et on se met à craindre le lundi, imaginer qu'on puisse prendre une pelle et creuser encore. Toutefois, beaucoup d'entre vous n'auront pas manqué de réagir quant au profil rapidement dressé d'Anders Behring Breivik. En même temps qu'on commençait à se pencher sur les tendances extrêmistes du tueur, on véhiculait l'idée qu'il appréciait fortement Call Of Duty. Encore une fois, on faisait endosser au jeu vidéo une part de la responsabilité d'un crime de grande ampleur. Le jeu vidéo a encore tué. Nous étions évidemment plusieurs à nous demander s'il y avait une criminalité avant le jeu vidéo. Nous étions évidemment plusieurs à nous demander si les Experts (Las Vegas, Miami, etc.) ou la Bête Humaine de Zola ont une influence ridicule par rapport à Call Of Duty. En tout cas, on tape moins sur eux...

Autre micro événement qui a l'art d'agacer. Évidemment, sur France Info, hier, une maman s'interrogeait quant à la violence véhiculée par les jeux vidéo. Question tout à fait louable au cas où génétiquement, nous pourrions démontrer qu'en tous gamers sommeille une bête humaine. Et la réponse - faite par un responsable du site PédaGoJeux - était mi figue mi raison : encore et toujours sensibiliser sur PEGI, encore rappeler qu'il fallait contrôler ce à quoi les enfants jouaient pour finir par peut-être l'argument le plus important : le partage ! Bref, combien d'auditeurs n'auront pas écouté la réponse mais seulement la question ? Surtout que sur France Info, Jean Zeid s'est acharné pour imposer une chronique très sympathique sur les héros du jeu vidéo (rubrique qui s'étale sur tout l'été).

Enfin, au gré du surfing, voilà que je tombe sur un article très intéressant de Dereck sur le site Fluctuat.net : on y relate les propos de l'éminent Professeur Henri Joyeux (2 noms des 7 nains...), tautoxicomane. Celui-ci, sous le drapeau des Familles de France, critique violemment le jeu vidéo : Outre la violence, c'est le côté addictif qui est mis en cause, au même titre que les jeux d'argent. Ce monsieur s'insurge aussi quant au fait que ce soient des logiques de business qui dirigent ce média... En gros, pour que le jeu vidéo soit reconnu, il faudrait que les jeunes ne s'éclatent qu'avec un seul genre : le serious game. Et Ubisoft, et Sony, et consorts de participer au débat lancé...

Bref, tout ça en l'espace d'une poignée d'heures... Y'a encore du chemin à faire !

Séb

Pour aller (nettement) plus loin :

http://jeuxvideo.fluctuat.net/blog/49828-dependance-aux-jeux-video-familles-de-france-rechute.html

L'excellente introduction au Serious Game de nos auteurs et amis Damien Djaouti et Julian Alvarez

Certains articles éclairant des question de violences écrits par des gamers...