Stjepan est un militaire d'une vingtaine d'années. Il reprend connaissance mais ne se souvient de rien. Du moins il ne sait pas où il se trouve. La scène dans laquelle il émerge vient d'être ravagée par un obus. Tatonnant, cherchant des repères, il s'aperçoit que chacun de ses frères d'arme a succombé à l'explosion. Ne restent d'eux que de sinistres monceaux de chaire malmenés par la guerre.

 

Au milieu de cet enfer, Stjepan trouve une voiture encore en bon état, une Skoda, dans laquelle se trouve un bébé. Saisi par cette situation hasardeuse, le jeune militaire décide de prendre le nourrisson et de l'emmener avec lui. Ignorant le sexe et l'identité de ce dernier, la marque de la voiture semble être un nom tout approprié pour ce petit bout d'humanité, ultime scintillement d'espoir dans ce décor dévasté.

 

A travers ce court récit, Olivier Sillig propose une fiction assez plaisante. Stjepan tente d'émerger dans un monde auquel il ne comprend rien, dans lequel il n'a pas de repère. Face au nouveau né, il se révèle tout aussi égaré, désemparé. Comment le nourrir ? Le changer ? Des rencontres faites le long du chemin se révéleront déterminantes et plus ou moins plaisantes. Ce récit soulève d'autre part certaines questions sur le caractère infini de la guerre, mais, d'un autre côté, avec la figure du nourrisson c'est la persistance de l'espoir qui est célébrée tel un souffle irrésolu de l'humanité, si moribonde puisse-t-elle être.