Je m’appelle Erca Keb, scribe au service de l’Héliaume et de Méridian depuis la fin de mon apprentissage. En tant que fille du Grand Jokka Keb, orateur et gardien des manuscrits des Haut-Faits du Roi-Soleil, mon statut est d’honorer la charge de mon géniteur. À cet égard, le glorieux souverain, dans son infinie sagesse, me confia une tâche digne de mon rang : consigner par écrit les exploits de la Sauveuse.
Mais la Nora aux cheveux de feu est difficile à suivre. Après avoir sauvé notre royaume elle disparue durant des mois, que je mettais à profit pour visiter sa tribu, enclavée dans les terres abruptes de l’Est. On m’y raconta son enfance en tant que paria, on m’amena à sa demeure, juchée au sommet d’un mont glacial, on me témoigna des nombreuses rumeurs sur sa personne. Plus qu’une vie, c’est d’une légende dont on me fit l’écho. Je crois que peu en vérité la connaissais vraiment.
C’est lors du retour vers la civilisation et la modernité de la capitale qu’un marchand ambulant nous passa la nouvelle : La Sauveuse était de retour !

Une fois de plus j’arrivai trop tard. Elle n’avait été que de passage, comme me le confirma l’illustre Être Solaire qui éclaire nos vies et nos cœurs. Venue quérir des nouvelles de ses amis et constater un étrange phénomène à La Flèche, elle était depuis repartie à l’aventure. Auréolée de l’aval du vénérable Roi-Soleil Avad ainsi que des conseils érudits de mon paternel (chez lequel il me semblait déceler une pointe d’inquiétude à mon égard), je me mettais en route sur les traces d’Aloy. Accompagnant un convoi de marchands braillards et vantards, je me retrouvai presque malgré moi à me rendre dans ces terres sauvages que tous avaient appris à redouter : L’Ouest Prohibé.

La Sauveuse prend la pose devant la statue qui lui rend honneur au pied de La Flèche

LE BOUT DU MONDE

Atteindre l’ouest de l’Héliaume est en soi une odyssée qui mériterait à elle seule de noircir son lot de parchemin. Les attaques des machines furent peu nombreuses cependant, en grande partie dû au fait que nous empruntâmes des sentiers à flanc de montagnes qui laissaient peu de place aux mauvaises rencontres. Chaque jour de voyage se révéla plus rude que le précédent, que le froid mordant rendait encore plus pénible. Enfin nous arrivâmes au ‘Pont Volant’ pour la plus étrange des traversée : à bord d’une plate-forme suspendue à un système de câbles nous descendions pour atteindre la dernière vallée du monde connu. Nous étions tels des oiseaux-tempêtes, entre ciel et terre. C’est ainsi que nous pûmes atterrir sur les landes les plus éloignés de Méridian du coté du couchant. J’étais prise entre l’excitation de la découverte et l’anxiété de faire face à tous ces nouveaux dangers.

Quiconque se rend à l'ouest de l'Héliaume débarque ici - passage obligé !

Notre petite troupe (une quinzaine de personnes, vendeurs de bien divers principalement mais également quelques chasseurs aguerris ainsi qu’une scribouillarde du Palais - moi) se mit en marche en direction de Scoroc, la dernière ville avant la grande Porte de l’Ouest. De fait de ville, il ne s’agit plutôt que d’un gigantesque atelier où se travaille le bois pour toute la région. On y trouve principalement des bucherons, des charpentiers et des menuisiers. Et un immense lieu de vie faisant office à la fois de bistrot, de restaurant, de forge, de lieu de ‘rencontres’, de salle de jeu, scène de spectacle, et de centre administratif. Drôle d’endroit où l’étiquette de la capitale semble avoir pris ses aises. Ici les Oserams règnent en maître et leur rudesse ainsi que leur… disons enthousiasme font de Scoroc une halte bucolique pleine de vie. J’y passais quelques jours où je recueillais témoignages et tranches de vie de ces gens humbles et travailleurs. La Sauveuse était passée par ici et avais comme à son habitude laissé des traces de par ses actions héroïques.


Le centre social de Scoroc. Tout se passe ici !

La bande de vauriens se prétendant marchands avait filée dès le lendemain de notre arrivée et c’est donc avec Refau (un jeune chasseur plein d’entrain) et un tailleur de pierre que je me rendais à la carrière qui éventrait tout un pan de montagne. L’activité n’y cessait jamais, de jour comme de nuit. Les gaillards qui y donnaient des coups de pioche n’étant pas des plus bavards je ne m’y attardai pas. Un garde nous accompagna Refau et moi-même jusqu’à Cagnard, qui marquait la limite du royaume de l’ Héliaume. Nul ou presque ne s’étaient aventuré au-delà de la Grande Porte depuis la fin des sinistres Raids Rouges. C’est ici que Refau me quitta pour rejoindre un groupe de chasseurs prêt à partir pour une traque qui prendrait bien des jours et des nuits. De mon coté je restai des heures à observer ces territoires mystérieux depuis les derniers remparts du monde civilisé. Par delà ces enceintes, la sauvagerie, la cruauté, la bestialité de peuples ignorants. Et c’est là qu’il me fallait voyager pour accomplir mon devoir !


La fin de L'Héliaume

Je passai une journée entière à me préparer pour ce périple. De très nombreuses armes étaient disponibles, et ce pour toutes les bourses. Lances, arcs, pics, lance-pierres à ne plus savoir qu’en faire. Je me décidai pour un lance-disque de facture artisanale mais avec de nombreuses possibilités d’améliorations grâce à des bobines que je ne tarderai certainement pas à dénicher sur des machines belliqueuses. Je complétai avec une lance robuste mais sommaire qui je le savais ne ferait pas long feu (et encore moins que je ne le pensai). J’ajustai également ma tenue pour affronter des terrains hostiles de tout genre. Là aussi le choix était large, entre vêtement de cérémonie et armure légère. J’optai pour une approche médiane, à la fois fonctionnelle et classieuse d’inspiration Carja avec une touche de Nora. Là encore des tissus ajustables permettront d’augmenter les capacités de mes habits en fonction de mes besoins. Pour le moment cela ferait l’affaire. Il le faudrait bien, mes finances avaient atteint leur limite.

Le lendemain à l’aube, je franchissais la frontière en compagnie de ferrailleurs bien trop jeunes à mon gout pour affronter l’inconnu.

Vestige des temps anciens. La ligne au sol est la démarcation officielle entre le Royaume du Roi-Solei et les Terres Claniques des Tenakths.

CHOC DES CULTURES

Je reprends ce journal après bien des péripéties. Pour tout dire je pensais l’avoir perdu et c’est avec surprise que je le retrouve au fond de ma besace ce soir alors que je tente de me reposer auprès d’un feu bienvenu. Autour de moi se dresse les messages holographiques des Dix, les Anciens autour desquels toute une civilisation s’est construite : les Tenakths.


Un édifice en mémoire des Dix, de valeureux combattants de l'Ancien Monde qui inspirent toutes les croyances Tenakths

Fiers guerriers - trop à mon gout - ils viennent de traverser une guerre civile opposants les rebelles de Regalla aux restes des trois tribus qui composent ce peuple. Cette rébellion aura eu pour effet bénéfique d’unir les différents clans qui cessèrent de se taper dessus pour faire face à une menace plus grande. Divisés entre les Tenakths du Ciel, de la Terre et du Désert, le Bosquet de la Mémoire où je me trouve actuellement constitue le centre culturel et religieux de ces trois peuplades. Un lieu neutre où trône leur Commandant Hekarro, chef à la fois plein de sagesse et de force qui maintient tant bien que mal la paix, fragile sur ses terres.


Centre des Terres Tenakths, Le Bosquet n'est pourtant pas une ville mais un édifice culturel

Un royaume immense qui s’étend d’un désert aride au sud aux montagnes enneigées du nord en passant par une jungle luxuriante dans la plaine centrale. L’étendue de ces territoires me laisse songeuse car malgré mes nombreux voyages en leur sein, je n’ai fait qu’effleurer leur superficie. Il faudrait mille vies pour en parcourir l’intégralité. Des vestiges de Las Vegas et ses spectacles de lumières à la rusticité hivernale du Rempart bien à l’abri derrière sa muraille naturelle que de contraste et d’environnement divers.


Le Rempart, eventré à cause de l'intervention d'une certaine Nora frondeuse et têtue

Sous leur aspect rustre et leur attitude méfiante se cache toutefois une certaine culture qui mérite d’être découverte. Avec en point d’orgue le jeu de plateau Attakth, qui se révèle étonnamment bien plus stratégique et fin que ne le laisse supposer le premier coup d’œil. J’avoue humblement n’être à ce jour qu’une novice, malgré mes nombreuses parties, toutes plus laborieuses les unes que les autres. Mais je ne désespère pas et persévère dans mon initiation, chaque partie perdue me rapprochant du moment où j’obtiendrai enfin une victoire.


Encore une partie que je perdrai lamentablement...

Mais les Tenakths ne furent pas les seuls que je découvrais en ce pays étrange. De nature aussi douce que ces derniers sont rudes, les Utarus occupent les terres entre celle des guerriers tenaces et l’Héliaume. Cette zone intermédiaire sert alors de tampon ténu entre nos deux mondes et les gens qui y vivent se retrouvèrent malgré eux au centre des conflits sanglants qui nous opposèrent du temps des Raids Rouges. Très liée à la nature et vivant en symbiose avec une catégorie de machines laboureuse qu’elle vénère comme leurs dieux, cette peuplade à su adapter son mode de vie à son environnement de la plus harmonieuse des manières. Il est étonnant de trouver de telles personnes coincées entre les violents Tenakhts et les conquérants Oserams, et surtout de constater que leur civilisation perdure malgré leurs poussifs voisins. Au nord de Mélopée leur capitale, se cache une vallée perdue qui semble avoir été préservé de toutes les turpitudes de l’histoire. C’est un endroit sacré que peu d’étrangers on eu l’honneur de découvrir et c’est avec une certaine fierté que je me vante d’en faire parti.


Des Utarus prenant une pause lors de leur travail des champs. On aperçoit un laboureur en arrière-plan, rare exemple de communion réussie entre humain et machine

À l’ouest de l’Ouest Prohibé, on arrive à ce qu’il semble être le bout du monde. Une étendue d’eau sans fin, plus que je n’aurai jamais pu l’imaginer, s’étend jusqu’à l’horizon. Arkim, un éclaireur-chasseur d’un petit village du littoral m’apprit que l’on nommé cet endroit ‘Océan’. Un certain vertige me gagna devant l’immensité de ce qui se trouvait devant moi. Je crois que je n’étais pas prête pour une telle découverte. Durant la majeure partie de ma vie, mon monde se balisait aux murailles de Méridian, avec l’Héliaume comme frontière indépassable. Au-delà, il n’y avait que Ténèbres, Machines et Mort. Ces derniers jours me donnèrent tort. Il y a bien plus par delà l’Héliaume qu’aucun Carja ne saurait le rêver dans ses désirs les plus fous.


Une splendeur que mon esprit à du mal à pleinement appréhender

Mon trouble ne fit que grandir quand je rencontrais les Quens, qui prétendaient venir depuis des terres situées de l’autre coté de l’océan. Voyageant à bord de bateau aussi grand que plusieurs maisons ils étaient venus jusqu’ici pour trouver des réponses à leur problème de pénuries d’eau et de nourriture. La Sauveuse leur vint en aide et une partie d’entre eux reprirent le chemin du retour pour faire rapport à leur Empereur tandis qu’une délégation prit position dans les ruines de ce qui fut une ville majeure des Anciens qui portait le nom d’un certain François, de toute évidence sanctifié. Ouvert au dialogue mais avec réserve, leur coutumes sont déconcertantes. Toutefois ils semblent être plus proches de notre civilisation en termes d’avancées scientifiques que ne le sont les Tenakths. Voir même peut-être plus avancé. Ce qui me perturbe profondément. Des gens qu’il faut garder à l’œil - j’enverrai un courrier à Père à leur sujet dès que possible. 

Des Quens se sont installés sur cette île sinistre. Leurs navires sont impressionants, ainsi que leur gens...

À plusieurs reprises on me rapporta également l’apparition de mystérieux individus tout de blancs vêtus et capables de prouesses digne du Soleil lui-même. Flottant dans le ciel, manipulant la lumière, changeant de forme…de belles balivernes mais les témoignages abondent de braves gens qui pourtant ne se sont jamais côtoyé, ce qui est assez stupéfiant. Je reste curieuse de connaître le fin mot de cette histoire.

LA SAUVEUSE

Après de longues recherches et beaucoup d’insistance, c’est dans une ruine de l’ancien monde que je rencontrai enfin Aloy. L’endroit était rien de moins qu’extraordinaire, bien qu’un peu austère. La froideur de ces murs était cependant auréolé de plantes et d’objets décoratif de toutes les cultures connues afin d’égayer l’atmosphère. En vain. Après que ma guide Utaru m’ait fait attendre dans une salle commune qui semblait faire office de bar, je la voyais enfin de mes propres yeux. La Sauveuse de Méridian. Je ne l’avais aperçue qu’une seule fois, de loin, lors de la Grande Bataille qui eu lieu dans le Palais. Mais de près elle était encore plus impressionnante. Avec sa chevelure flamboyante et sa posture impériale, elle dégageait une aura et une confiance en elle qui semblait sans borne. Elle me proposa de nous assoir autour d’une table munie d’un plateau d’Attakh, où une partie laissée en suspens n’attendait que de se poursuivre. Une bonne idée pour briser la glace. Elle se révéla une aussi piètre joueuse que moi, ce qui nous fit beaucoup rire. En arrière-plan je distinguai deux personnes qui vaquaient à leur occupation. La première était une jeune fille en tenue blanche et élégante qui semblait être la jeune sœur d’Aloy (d’où sortait-elle ?) et la seconde un homme d’âge mûr à l’air méprisant qui se déplaçait en silence. On ne me les présenta pas.

Compte-rendu de la conversation entre Erca Keb, scribe Honoraire de l’Héliaume et Aloy de la tribu des Noras, Sauveuse de Méridian.

Moi : Pourquoi être venu dans cette partie du monde ? Qu’êtes vous venue chercher ?

Aloy : Ce serait un peu long à expliquer mais disons qu’en gros je suis venue en territoire Tenakth pour restaurer une entité du nom de Gaia, qui avait besoin de retrouver trois de ses ‘enfants’ pour pouvoir être assez forte pour en récupérer un quatrième qui menaçait le monde (c’est une famille assez dysfonctionnelle). Ce faisant je me suis retrouvé embarquée dans une histoire de rébellion qui cachait quelque chose de plus grand et de fil en aiguille j’ai dû aider beaucoup de personne de la région pour arriver à mes fins. Ce fut assez complexe mais très enrichissant.

Moi : il semblerait que vous ayez réussie votre entreprise. Tout danger est donc écarté ?

Aloy (avec une moue) : À un certain niveau oui. Mais un problème bien plus grand à fait surface depuis suite à de grandes révélations… Je crains qu’un danger bien plus difficile à combattre ne se précipite vers nous. Mais le moment n’est pas venu d’évoquer ce sujet…

Moi : Vraiment ? Et si je me permets d’insister ?

Aloy (avec un regard appuyé) : Et bien n’insistez pas !

Moi : OK, très bien. (silence pesant, puis je reprends). Passons à un autre sujet si vous le voulez bien. Qu’elle a été la découverte la plus surprenante pour vous dans l’Ouest Prohibé ?

Aloy (après un instant de réflexion) : Je dirai les nouvelles machines. Elles ont des fonctions similaires à celles de chez nous mais avec des formes différentes. Apparemment elles sont toujours inspirées d’animaux du passé mais certains modèles viendraient d’espèces éteintes depuis avant même l’apparition des Anciens. J’avoue ne pas tout saisir moi-même. Dans tous les cas elles restent extrêmement ardues à combattre, même si avec l’expérience et un matériel adéquat on parvient à en venir à bout plus facilement.

Moi : Certains affirment vous avoir vu voler à dos de machines volantes. Est-ce vrai ? Les machines terrestres ne vous suffisaient plus ?

Aloy : C’est vrai. Je songe même à créer une escadrille avec des combattants Tenakths volontaires. C’est actuellement en pourparler mais nul doute que cela va se faire prochainement. Chaque chose en son temps quand même. Avant de passer aux Ailes-D’Hélion ils devront maîtriser des montures comme les coureuses ou les Galop-Griffes. On étendra ensuite aux autres peuples après quelques temps.

Moi : J’ai entendu dire également que vous formiez des gens à cet étrange appareil que vous nommez Focus. Dans quel but ?

Aloy : Pour la vérité. Le monde tel que nous le connaissons est une conséquence de graves erreurs du passé. Les Anciens n’étaient pas aussi vertueux que nous voulons bien le croire. Ils ont mené la Terre à sa perte et y on tenté d’y répondre de la pire des manières. Et ma propre ancêtre Elisabet Sobeck a tout fait pour préserver la vie. D’une manière audacieuse et inattendue certes mais elle y est parvenue.

Moi : La Terre ? Elisabet Sobeck ?

Aloy (avec un air amusé) : Voilà la raison pour laquelle il vous faut un Focus à vous aussi. La Terre est la planète sur laquelle nous vivons. Elisabet Sobeck était une femme à la tête d’Aube Zéro lors de la disparition des Anciens. Et mon ancêtre.

Moi : Une planète ? Je ne sais plus trop quoi dire… Vous connaissez visiblement beaucoup plus de choses que ce que toutes les histoires qu’on entend sur vous ne le prétendent…

Aloy : Vous en saurez bientôt quasiment autant que moi. Et une planète oui. Il va vous falloir bosser dur pour vous mettre à jour question astronomie, parce que ce fameux nouveau danger qui nous menace débarque tout droit des étoiles.

Je restai interdit. Je ne comprenais pas un mot de ce que disais la Sauveuse. Devant ma mine déconfite elle se leva et sorti un petit objet triangulaire de son sac de réserve. Un Focus. Elle me le tendit et m’encouragea par ces mots :

« Bienvenue dans l’équipe !»

ERREUR DE CODES

Cela fait bien longtemps que je n’ai pas écrit dans ce journal. Il faut dire que ces dernières lunes furent bien remplies. Depuis que j’ai découvert les capacités du Focus, tout à basculé. Je restai un long moment à la base d’Aloy où l’on m’enseigna l’histoire, la géographie, les mathématiques…et surtout la culture des Anciens suivi de la vérité de leur disparition. Une tragédie remplie de destins brisés. Mes nuits restent encore et toujours hantées des voix des défunts affrontant leur mort imminente lors de la chute de l’Ancien Monde.
Je suis de retour à Méridian, bien à l’abri dans l’officine de mon père qui m’accorde désormais un espace pour pouvoir accomplir mon devoir envers Aloy. Deux pièces entières, c’est plus que je n’en aurai jamais demandé. Elles servent principalement de salles d’études pour ceux qu’on à décidé d’appeller les Devins (expressions venues du peuple Quen). Des Carjas triés sur le volet auxquels on confie des Focus afin de répandre la vérité et les préparer à la menace qui gronde. On connaît quelques échecs mineurs contrebalancés par de franches réussites.

Le modèle commun que l’on m’a chargé de distribuer est un Focus de type PS4 première génération, de bonne facture mais pas le dernier existant. L’appareil connaît tout de même quelques ratés, plus ou moins contrariant. Il arrive par exemple fréquemment qu’il se coupe pour charger de nouvelles données, ce qui donne un léger écran noir qui dure quelques secondes. Cela se produit sans prévenir en des endroits très divers et non définis.

L'écoute de certains journaux audio sont tout de même très bizarre. Les Anciens avaient parfois de drôles de mœurs...

Il se peut aussi lors de trajet à dos de monture mécanique que l’on perde le contact avec l’animal robotique. On se retrouve alors coincé quelques instants à ne plus savoir quoi faire d’autre qu’à houspiller sur la bête, le temps qu’elle reprenne ses esprits. Et bien entendu, les machines se stoppent toujours au pire des endroits, à savoir à proximité d’autres machines, qui elles n’hésitent pas à nous sauter dessus pour nous découper en tranche. Peut-être les machines non-apprivoisées parviennent-elles à pirater nos montures à distances et les perturber ? Cela reste une possibilité.


Les montures font montre d'un caractère parfois teigneux !

Il existe également des problèmes d’affichage du Focus sur de longues distances lorsqu’on se met à zoomer. Apparition/disparition de végétation, des pans de murs qui manquent de textures ou de détails, des lumières clignotantes, ce genre de choses. Les premières fois cela reste tout de même assez perturbant mais rien de bien dramatique. On s’y fait.


Il faut quelquefois ne pas hésiter et savoir où poser les pieds (quel horrible endroit !)

Autre phénomène étrange qui lui à su à plusieurs reprises m’agacer fortement. Est-il dû à un air contaminé, des plantes toxiques ou autre chose mais quelle qu’en soit la raison cela nous fait perdre le contrôle de nos moyens. On veut aller à droite mais on part à gauche. On veut escalader vers la paroi en hauteur mais on saute sur la plate-forme en contrebas. On dirige notre monture pour qu’elle contourne l’obstacle par l’aval mais elle la franchit par l’amont. Je me demande parfois si le problème ne vient pas de moi en fait, et si il ne serait pas temps de mettre un frein sur la consommation de cette ignoble bière Oseram dont on n’arrive toutefois pas à se passer.


La fameuse Gaia, drôle de mentor pour Aloy (en même temps, TOUT est bizarre avec elle...)

Le plus gros souci que je rencontrai fut de loin cependant aux feux de camp où de manière récurrente je tombai purement et simplement dans les pommes après leur utilisation. J’en ignore la raison mais d’après Gaia, le système de sauvegarde de mon Focus était corrompu, ce qui entrainait ce dysfonctionnement très désagréable. Lorsque cela se produisait l’appareil expulsait le disque de donnée et il me fallait tout faire repartir depuis le menu. Cela me contrariait au plus haut point et me fit même demander si je serais capable de terminer mon voyage sans devoir repartir de zéro à un moment donné. Heureusement ce ne fut pas le cas mais quand même, il y a un problème évident de programmation dans ce logiciel !

De mon voyage dans l’Ouest Prohibé je retiendrai principalement de nombreuses rencontres, des aventures étonnantes et des environnements qui laissent bouche bée.  Aussi des combats rudes contre des machines vraiment retorses et contre lesquelles j’ai failli y laisser ma peau à de nombreuses reprises (je n’ose imaginer combattre les mastodontes dont Aloy semble faire peu de cas… elle est clairement d’un autre niveau). J’y eu de plus des révélations qui bousculèrent ma vision du monde au plus profond de mon âme. Le Soleil a désormais atteint son zénith en mon for intérieur et l’avenir qui se dessine semble certes emplis de dangers mais aussi de folles espérances.

Depuis mon retour de cet éprouvant périple je lève souvent les yeux vers les étoiles en me demandant qu’elles autres surprises elles nous réservent. Père reste circonspect fasse aux révélations qu’Aloy m’a demandé de rapporter au Palais mais il me soutient tout de même face à la cour du Roi-Soleil. Son Éminence elle-même est convaincue des dires de la Sauveuse, pour laquelle il à le plus profond respect. Et sous l’excitation de ce futur pourtant redouté nous attendons tous les prochaines aventures d’Aloy qui j’en suis certaine ne tarderont pas à se faire connaître.

Erca Keb
Scribe Honoraire du Palais de Méridian, capitale de l’Héliaume

 

 

ANNEXE 1 :
Recueil de souvenirs photographiques de l'Ouest de L'Héliaume (via le Focus)
Précision: les images illustrant mes écrits furent prises lors de mon voyage de retour.

Cagnard vu depuis les Terres Sauvages. Qu'il fut bon de retrouver ses murs !


Des ouvriers réceptionnent le bois à Scoroc


La carrière qui jamais ne dort


Cagnard et ses lumières vues depuis les hauteurs alentours

C'est sur la plate-forme volante que je fis mes adieux à l'Ouest Prohibé...

ANNEXE 2 :
Documents fournis par Aloy, la Sauveuse de Méridian. Photographies prises par ses compagnons de voyage Erend et Varl principalement.


Varl assiste Aloy dans ses négocations, Le Focus affiche divers choix de réponse possible


Pleine lune au milieu de nulle part


Erend et Aloy découvrent cette épée plantée dans un rocher. Cela rappelle une ancienne légende à la Sauveuse


Au cœur d'un creuset (j'ignore de quoi il s'agit !)


Une sublime grotte à la lumière naturelle envoutante


Un jouet oublié en un lieu bien dangereux. Quel enfant à passé du temps ici ?


Aloy utilisant un bouclier 'laser' pour contrôler ses chutes. Un souffle sauvage semble l'avoir inspirée...


Aloy et son amie Talanah en pleine jungle


Un Grand-Cou en cours de construction ! Quelle étrange vision !


Lumière dans le désert


Un pont toujours debout malgré le temps qui passe


Aloy fait face à un Oiseau-Tempête sur fond de ciel orangé

Quelle tour surprenante ! Qui à eu l'idée de construire un truc pareil ?


La même tour vue depuis l'immense grotte sous le sable et une Sauveuse en pamoison


Beaucoup plus sérieuse devant ce monument tout aussi mystérieux


Des Tenakths du Ciel (frère et sœur) d'allure fière. Ayant passé toute leur vie en montagne il ne craignent guère plus le froid (j'en grelote rien qu'à les regarder)


Et pour terminer, Regalla qui en impose de par son apparence et son caractère. Quelle guerrière fascinante !