L’aventure True Colors terminée, ce DLC « Wavelenghts » (inclus dans la version DeLuxe) fut une belle occasion de revenir dans l’univers de Life is Strange et d’y découvrir plus en profondeur un personnage attachant que nous avions précédemment côtoyé en compagnie d’Alex Chen. On y jouera les DJ du dimanche et c’est avec joie qu’on se lancera dans une carrière d’animation radio…

GOOD MORNING HAVEN SPRIIIIIIIIIIIIINGS !!
Stéphanie GinGrich - Steph’ pour les intimes - à connu une belle évolution de carrière. Personnage tertiaire dans ‘Before the Storm’ puis secondaire dans ‘True Colors’, la voilà qui gagne ses galons de protagoniste principale dans ce chapitre bonus du nom de Wavelenghts (longueurs d’onde), se déroulant avant les événements décrits avec l’empathique héroïne aux couleurs magiques. On apprendra à connaître la jeune femme au travers de ces quelques moments partagés ensemble alors qu’elle découvre son nouveau métier consistant à tenir une boutique de musique, et accessoirement animer la radio de la petite bourgade d’Haven Springs, Colorado. Tout un programme.

Il y a quelque chose de très réussi dans le visage de Steph', un truc vraiment accrocheur...

Pour être plus précis sur la nature de ces moments partagés avec la musicienne, il s’agira en fait d’un huis-clos qui se déroulera en tout et pour tout uniquement au sein de sa petite boutique. Quatre moments distincts de parfaite solitude où ses seuls contacts avec le monde extérieur se passeront soit via les ondes, soit par texto soit par webcam. J’avoue avoir été très surpris par la forme, je ne m’attendais pas à cette ascèse de moyen : personnage unique, lieu unique. Okay.


Les 4 phases de jeu se passe en des jours très particuliers: son premier jour de boulot, le dernier jour du 'Mois des Fiertés' (juin), à Halloween puis au réveillon du jour de l'an.

Les quatre chapitres de jeu auront un schéma similaire : quelques tâches à accomplir histoire de faire tourner la boutique et surtout gérer la diffusion radiophonique. Pour ce qui est de la gérance boutiquière, rien de bien méchant : quelques objectifs assez simples où il s’agira de dégoter tel ou tel objet pour parvenir à ses fins, avec parfois de petites énigmes pas difficiles pour un sou mais toutefois agréables à résoudre. Ses passages seront surtout l’occasion de fouiller de fond en comble le magasin qui évolue d’une phase à l’autre et d’y découvrir de petites réflexions rigolotes voir intimes de l’héroïne. Parfois on dénichera de menues actions contextuelles qui ne mangent pas de pain et qui amèneront un peu de vie à cet environnement tout de même assez statique, comme par exemple la composition étape par étape d’un morceau musical via quelques griffonnages ou choix de tempo.


Tout un tas d'interactions plus ou moins utiles sont disponibles pour agrémenter les sessions de jeu

RADIO KILL THE VIDEO STARS

Mais donc à cela s’ajoute la grosse part du gâteau : jouer à l’animatrice radio. Alors pas de panique, le jeu gère en fait en grande partie la playlist diffusée, même si il octroie au joueur à chaque phase quatre titres que l’on peut passer à l’envie. Le système est simple, on place son vinyle sur la platine et la chanson se lance. On peut même placer le morceau suivant sur la seconde platine, qui se lancera dès le premier morceau fini. Ou bien on ne s’en occupe pas du tout et une sélection aléatoire se diffuse sans que l’on ne s’en soucie le moins du monde. N’étant pas un grand connaisseur de l’art musical, j’ai diffusé les morceaux mis à disposition mais sans m’y intéresser plus que cela.
On nous propose de diffuser des titres de Girl in Red, Alt-J, Portugal, The Man, Foals, Hayley Kiyoko, Maribou State etc… Je ne vais pas jouer les malins, je ne connais absolument pas tout ces groupes. Je ne fais que copier-coller la liste. Néanmoins malgré ma totale ringardise dans ce domaine il y a tout de même deux ou trois morceaux que j’avais déjà entendu par ailleurs.

Ça, je l'ai déjà entendu...

En plus de cela, Stéphanie devra jouer les publicitaires via un petit jeu de mémoire très sympathique qui consistera dans un premier temps à lire la réclame pour soi même avant de la déclamer à l’antenne dans un système à la ‘N’oubliez pas les paroles !’ à choix multiples. Et j’avoue que parfois donner les mauvaises réponses était bien fendard car les répliques erronées s’avèrent extrêmement drôles.

En parlant pub, des comics Vox Machina sont présents sur l'étagère des BD de la boutique. J'ignore si ils correspondent à de vrais numéros mais la vraie anecdote passionante c'est que sans le savoir je commençais le visionnage de la série animé le matin même où j'achetai le DLC. Drôle de hasard parfois...

Et enfin elle devra répondre aux appels des auditeurs. La partie la plus pénible et la plus poussive du soft à mon humble avis. Ayant décidé de jouer les diseuses de bonne aventure 2.0, elle répondra aux questions de ses auditeurs via un jet de D20, étant par ailleurs une pratiquante de jeu de rôle papier, tendance Maîtresse du Jeu. En fonction du score obtenu elle improvisera une réponse plus ou moins positive. Même si en fait elle brodera plus une histoire qu’une véritable solution. J’ai trouvé ces phases très nunuches, voir parfois agaçantes quand l’idéologie progressiste américaine était martelé sans subtilité (je regrette à cet égard de ne pas avoir enregistré le passage sur le gars qui souhaite s’excuser de son ‘harcèlement sexuel’ auprès d’une de ses collègues, car dit comme ça effectivement cela à l’air grave mais à la description des ‘faits’ on se gausse devant une telle galéjade. Je vous jure que c’est à la fois hilarant et terrifiant à entendre). Bref, les appels auditeurs c’était franchement lourd.

LE SOURIRE DU DRAGON (par Dorothée)

En plus de ces deux principales séquences de gameplay s’ajoutent quelques autres options de jeu dont l’ersatz de Tinder que j’avoue ne pas avoir calculé du tout, ayant cette application en horreur. Je ne peux donc pas dire grand-chose sur cet aspect de la jouabilité mais je me doute que cela débloque des séquences de textos questions/réponses plutôt diverses. Je le précise ici au cas où mais sachez que la Misstinguette ici présente est ouvertement lesbienne, ce qui l’air de rien est aussi une nouveauté dans la franchise, dans le sens ou précédemment le choix de l’orientation sexuelle était laissé à l’appréciation de chacun. Mais comme le personnage été établi ainsi depuis belle lurette il aurait été surprenant de ne pas conserver ce trait dans le jeu qui lui est consacré.
Des textos qu’elle partage également avec ses amis proches, que l’on a appris à connaître dans True Colors (chronologiquement plus tard donc) et dont on voit les relations évoluer au fil du temps. On découvrira notamment Gabe partageant ses doutes sur la reprise de contact avec sa sœur, qu’il n’a pas vu depuis de nombreuses années…


Le profil de Steph sur son application de rencontre. Un aspect du titre que j'ai délibérement laissé de coté, ne supportant pas le 'modèle Tinder' (oui je sais je suis vieux et ringard, et j'assume!)

Un autre aspect du jeu concerne sa relation avec Mikey North, lui aussi rencontré dans ‘Before the Storm’ avec lequel elle partage sa passion pour le jeu de rôle depuis le lycée. Ils parcourent tous les deux une modeste partie de JdR dans un univers calqué sur celui de ‘Donjons&Dragons’ via internet. On peut même voir Mikey via une webcam lors d’une scène, ce qui fait de lui le seul être vivant visible dans ‘Wavelenghts’ en dehors de Stéphanie. Ensemble ils évoqueront leur passé à Arcadia Bay et il est intéressant de noter que le DLC propose en début de partie de rappeler qu’elle furent vos choix dans l’épisode initial de la série (sauver Arcadia Bay/sauver Chloé…), ce qui amène donc des dialogues différents lors des échanges avec le jeune homme en fonction de ceux-ci. Même si au final les changements restent mineurs et ne bouleversent pas fondamentalement la trame de l’intrigue (bon quand même leurs proches sont visiblement décédés si Arcadia Bay est détruite par la tornade, ce qui ne peut être décemment qualifié de ‘changements mineurs’ ; mais je pense que vous m’avez compris).


En plein GN pour égayer un peu le quotidien de la ville (cette scène survient dans True Colors)

Voici en gros tout ce que j’avais à dire sur ce bonus téléchargeable très appréciable mais un poil cher pour ce qu’il propose (décor restreint, une seule protagoniste…), et ce ne sont pas les tenues supplémentaires octroyé à Alex qui justifieront ce prix d’achat de 13€. Je ne m’attendais pas à cela en lançant ce petit chapitre car même si je savais pour l’aspect ‘radiophonique’ je pensais tout de même qu’il y aurait de l’interaction ‘physique’ avec les autres habitants de la ville, hors pas du tout. Cela confère alors à ce ‘Wavelenghts’ une aura de solitude inattendue alors que pourtant on joue une personne plutôt populaire et aimant la compagnie. Et même si Miss Gingrich ne possède pas de pouvoir à proprement parler une petite part de fantastique s’opère tout de même lors de son dernier lancé de dé, qui s’avèrera étonnamment juste pour la suite des événements, qui se dérouleront dans True Colors.


À vous les studios !

Bonus:
Pour connaître mon avis sur les autres épisodes de la série, voici les liens qui vous amèneront sur les articles qui en parlent
- Saga Life is Strange (le 1, le 2, Captain Spirit et Before the Storm)
- True Colors