Synopsis: Près de 5000 ans après avoir été doté des pouvoirs tout puissants des  Grands Sorciers – et emprisonné très rapidement après – Teth-Adam est libéré de sa tombe terrestre. Son ancien royaume, Kahndaq, est désormais contrôlé par des mercenaires d'Intergang, qui exploitent les ressources locales et imposent une dictature aux habitants. Teth-Adam fait la connaissance d'Adrianna Tomaz et de son jeune fils Amon qui le considère comme un héros. Ce n'est pas l'avis de la Justice Society, menée par Carter Hall (Alias Hawkman), qui voit en lui une menace. 

Réalisateur: Jaume Collet-Serra

Année de sortie: 2022

Distribution:
Dwayne Johnson : Teth-Adam
Aldis Hodge : Carter Hall
Pierce Brosnan : Kent Nelson
Sarah Shahi : Adrianna Tomaz
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Je l’avoue, j’ai dû me forcer pour voir ce nouveau film du DCEU. Pas très enclin à apprécier ce personnage, des mauvais retours, un précédent avec Shazam qui me laissa complètement froid (pour ne pas dire plus…) et pas particulièrement fan de Dwayne Johnson - sans le détester non plus - rien ne m’attirait dans ce métrage. Mais la curiosité fut trop forte et je me décidai à franchir le pas et d’aller le voir, ce fameux Black Adam.

Ce qui m’a convaincu, c’est le fait que beaucoup rapportaient que de nombreux liens se faisaient avec les autres épisodes des longs-métrages DC, ce qui s’avère exact. Amanda Waller, Peacemaker (série que je n’ai pas vu et que je ne verrai pas tant j’exècre ce personnage mais qui est également incarné par un autre ancien catcheur), la Sainte-Trinité Superman-Batman-Wonder-Woman, Flash, la technologie atlante… On est vraiment dans un film qui prend en compte ce qui s’est passé par ailleurs dans l’univers de la franchise.

Cela n’empêche pas d’introduire de nouveaux héros et une nouvelle équipe, à savoir la Justice Society. Et donc plus particulièrement Hawkman le leader fortuné, Atom Smasher II qui peut grandir à volonté (à ne pas confondre avec Atom tout court), Cyclone que je ne connaissais absolument pas et le fameux Docteur Fate, personnage sur lequel j’avais le plus d’appréhension quant à cette adaptation sur grand écran. Et il faut bien dire que Pierce Brosnan fait le boulot et rend honneur à ce sorcier du Destin plein de mystère (Ouf !). Cette fine équipe aura fort à faire pour maîtriser le champion du Khandaq, pays fictif du Moyen-Orient où se déroule l’action.

Quand à « The Rock », qui portait ce projet depuis de nombreuses années en y étant très fortement impliqué, il faut bien dire qu’il n’est pas mauvais le bougre, même s’il ne gagnera pas d’Oscar non plus, faut pas exagérer. J’ai bien aimé la nature de son personnage, plus complexe qu’il n’y paraît au premier abord. Et son attitude de gros bourrin sans pitié trouve donc une explication dans son terrible secret, car à priori son attitude n’est pas censée être compatible avec son statut de « héros des Grands Sorciers ». D’ailleurs au passage je serai curieux de voir comment ils vont expliquer le fait que deux « Shazam » existent au même moment, étant tous deux basés sur la même magie.

Si le fond m’a à peu près satisfait, la forme c’est autre chose. La réalisation est correcte mais a souvent tendance à en faire trop, à être ‘putassière’ comme on dit un peu vulgairement. La sobriété ce n’est pas trop la tendance par ici. Imagerie numérique qui claque mais pas toujours très utiles, effets de style prétentieux, surcharge visuelle de certains plans… Pourquoi faire subtil quand on peut mettre le paquet ? Il faut voir Black Adam dérouiller des escouades entières de l’Intergang avec des CGI à foison, ce qui au bout d’un moment arrive à fatiguer… Toutefois le rythme lui est plutôt bien maîtrisé, et on ne voit pas passer les deux heures devant l’écran (quand le générique est arrivé j’ai cru que le film était court mais en fait pas du tout, il dure exactement 1h57).

Mais tout est loin d’être parfait justement en ce qui concerne ses fameux trucages. Notamment certains fonds verts qui sont véritablement affreux. Ils tranchent tellement avec le reste qu’ils en ressortent d’autant plus et m’ont même ‘choqué’. Pourquoi ces plans moins travaillés que les autres ? Des reshoots qui n’ont pas eu le temps d’être peaufinés ? Des retouches de dernières minutes ? Je n’en sais rien.

Et aussi pourquoi des musiques totalement hors de propos lors de ralentis un peu trop ostentatoire ? Je veux dire oui bien sûr la scène est classe, notre anti-héros en ‘slow-motion’ en train de réduire en miettes des vilains-pas-beaux sur fond de « Paint in Black » des Rolling Stones. Mais Pourquoi ??! Black Adam ne connaît pas cette musique. Personne dans la scène n’écoute ce titre. Nul dans la séquence ne pense à cette chanson à cet instant précis. Ce passage symbolise parfaitement le plus gros défaut du film, qui cherche avant tout à bomber le torse, à montrer sa prétention, à dire « Regardez comme je suis cool ! », au détriment du fond et du sens. Il n’y a aucune raison objective d’avoir utilisé ce titre emblématique des Stones à ce moment là du récit, en dehors du fait de sa notoriété et son aura populaire.
Je n'évoquerai pas les séquences avec "l'Armée des Morts", qui n'apportent strictement rien à l'histoire en dehors de quelques scènes ridicules...

Bon mais alors, ce film il vaut quoi finalement ? Et bien je ne regrette pas de l’avoir vu si c’est la question. Bien loin de la catastrophe à laquelle je m’attendais sans toutefois devenir un classique du genre (loin de là). J’y apprécie l’ambigüité de son (anti-)héros, le sous-texte sur la politique étrangère américaine (pas tant en sous-texte que cela d’ailleurs), le traitement du Dr Fate, la JSA qui sort du bois et semble être plus ou moins sous le contrôle du gouvernement et surtout sous la houlette de Waller la perfide. J’aime moins l’aspect « en veux-tu en voilà » qui se dégage du film, sans la moindre parcelle de subtilité. C’est grossier (dans le sens peu finaud) et sans grande réflexion sur le statut de « héros représentant du peuple ». Tout le passage avec les morts-vivant aurait dû sauter sur la table de montage. Cela reste toutefois un bon divertissement, prit au sérieux - pas comme Marvel ces derniers temps…

L'Avis d'Amidon, le chat de la maison:



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