Synopsis: Après la mort du roi T'Challa alias Black Panther, le Wakanda est en deuil et Ramonda a repris le siège royal avec l'aide de sa fille Shuri, des Dora Milaje et deM'Baku. Un an plus tard, alors que les regards des puissances internationales se montrent méfiantes envers le Wakanda qui régule l'accès au vibranium, un filon du précieux métal est repéré dans les fonds marins grâce à un détecteur encore en test. Namor, homme amphibie et souverain du royaume sous-marin de Talocan, menace de déclarer la guerre à la nation africaine, et Ramonda, Shuri et Okoye vont devoir compter sur leurs quelques alliés pour éviter un conflit mondial. 

Réalisateur: Ryan Coogler

Année de sortie: 2022

Distribution:
Letitia Wright : Shuri
Angela Bassett: Reine Ramonda
Danai Gurira: Okoye
Lupita Nyong'o : Nakia
Winston Duke : M'Baku
Tenoch Huerta : Namor
Martin Freeman : Everett Ross
...

Ainsi se termine cette phase 4 qui aura été au mieux passablement moyenne. Car oui, si tout le monde s’accorde à dire que ce Black Panther 2 est l’épisode le plus réussi de ce quatrième chapitre du MCU, et je suis d’accord avec ça, on ne peut pas dire que cela vole bien haut et que ce soit mémorable. Il n’est pas mauvais, loin de là, mais il n’est pas particulièrement bon non plus.

Le thème du deuil est central dans cette suite qui se fait donc sans le héros du premier opus, T’Challa, incarné par Chadwick Boseman, décédé d’un cancer en août 2020. C’est donc à sa mère que revient la charge de diriger le Wakanda, tandis que Shuri sa sœur tente de trouver sa place et reste dans le déni des disparitions familiales récentes (son père puis son frère). Ailleurs le monde continue de tourner…

Et on y découvre donc Namor, depuis longtemps attendu lui et sa cité engloutie. Le personnage est classe et dégage de toute évidence quelque chose de fort, mais il n’est idéologiquement qu’un copié-collé de Killmonger. Toutefois il est promis à un bel avenir dans le cinéma Marvelien, à n’en pas douter.
Autre personnage nouveau : Riri Williams et sa fameuse armure Iron Heart. Alors je ne vais pas y aller par quatre chemins, je n’ai pas du tout aimé ce personnage. Trop jeune (19 ans et déjà capable de faire ce que faisait Iron Man…), trop présomptueuse et une armure que personnellement je trouve très laide (je sais que d'autres au contraire sont assez enthousiaste face à elle).

Sinon on retrouve une partie du casting du film de 2018, dont M’Baku, qui passe du rival de T’Challa à conseiller pertinent mais provoquant de Shuri (son rôle est clairement de pousser la jeune femme dans ses retranchements, de pousser ses réflexions jusqu’à leurs termes), Okoye la générale qui se retrouve ici dans une position difficile, la toujours magnifique Nakia qui a quitté la Wakanda (Lupita Nyong’o, quelle sublime femme !) et l’Agent Ross de la CIA - d’ailleurs affublé d’un surnom peu flatteur…

Ce qui permet d’enchaîner sur le « message » en filigrane déployé ici et qui à tout le moins braquera une grande partie du public à mon humble avis. D’autres sans nul doute aussi seront ravi de ces allusions à la limite du racisme, n’ayons pas peur de le dire, et même si je veux bien accorder le fait que « la condition noire » aux USA a toujours été un thème porteur de Black Panther, il y a une bonne manière de la faire sans pousser jusqu’à l’insulte pure et simple. Je n’ose imaginer ce qui se serait passé si les rôles dans le film avaient été inverse « ethniquement » parlant… Et en fait cela aurait été parfaitement normal que cela fasse un scandale ! Alors pourquoi personne ne dit rien devant Wakanda Forever et ses propos fort déplacés ?
Bon sinon après il y a aussi le désormais traditionnel quota ‘wokiste’ qui je l’avoue m’a fait sourire tellement il est improbable dans le monde réel de la réalité véritable et qui confirme si besoin en était que le Wakanda n’est rien d’autre qu’une Afrique fantasmée et « américanisée » par Hollywood. Et ma foi pourquoi pas, ils le font à chaque fois alors pourquoi pas là, mais le décalage avec le monde réel est plus flagrant dirons-nous pudiquement. On a connu Ryan Coogler plus subtil et surtout plus avisé sur ces discours-là (sa réalisation reste à la juste valeur de ses précédents travaux, pas de souci de ce point de vue là).

Cela n’en fait pas pour autant un mauvais métrage - clairement pas - car il est « sauvé » si je puis dire par ce magnifique traitement sur le parcours du deuil et de la mort et par l’interprétation de Letitia Wright en Shuri qui porte clairement le film sur ses épaules, de la même manière qu’elle porte ses fonctions dans l’histoire: ça lui tombe dessus alors que cela n‘aurait pas dû et elle doit y faire face et prendre ses responsabilités. La jeune femme insouciante doit devenir une dirigeante accomplie pour son propre bien et celui de son pays. À noter un très beau dernier plan sur la demoiselle, qui pour moi fait écho à celui de Thanos à la fin d’Infinity War.

L'Avis d'Amidon, le chat de la maison:



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