Synopsis: Lyra Belacqua, une jeune orpheline éduquée par les érudits du Jordan College d'Oxford, découvre par hasard l'organisation d'un complot visant à l'enlèvement d'enfants de toute l'Angleterre suite à la disparition de son meilleur ami Roger. Se lançant à sa recherche, elle se découvre bien vite liée à Lord Asriel et Marisa Coulter, respectivement explorateur et intriguante, ainsi qu'à une prophétie de sorcières selon laquelle elle serait destinée à changer le monde. Un outil étrange, l'aléthiomètre, et une substance mystérieuse appelée la Poussière, qui semble retenir toute l'attention du Magisterium, va la mener dans un voyage pour le Grand Nord et plus loin encore, dans d'autres univers.
La prophétie des sorcières lie également le destin de Lyra à celui de Will Parry, un garçon de notre monde, lui-même poursuivi par des personnages liés à son père disparu

Créateur: Philip Pullman

Année: 2019 (3 saisons)

Distribution:
Dafne Keen : Lyra Belacqua dit Lyra Parle-D'Or
James Mc Avoy : Lord Asriel Belacqua
Ruth Wilson : Marisa Coulter
Amir Wilson : Will Parry
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L’adaptation de la trilogie de roman de Philip Pullman n’aura pas été de tout repos. Après une tentative infructueuse au cinéma en 2007 mettant en vedette Nicole Kidman en tête d’affiche qui ne rencontra pas le succès escompté et ne permit pas par conséquent de produire les deux autres tomes, La BBC retente le coup en 2019 mais cette fois sous la forme de série télévisée. Là aussi le parcours aura été semé d’embuches et la production bien souvent mise en difficulté mais à force de travail et surtout de persévérance le but fut atteint : His Dark Materials connaît enfin sa trilogie fondatrice adaptée en ‘Live action’.

Certes cette version avec des acteurs en chair et en os ne suit pas à la lettre la trame de l’œuvre originale et on sent bien que le budget n’a pas permis de retranscrire toute la pleine vision de l’auteur à la virgule près mais malgré cela le travail de réécriture et la mise en œuvre reste visiblement assez fidèle malgré les libertés prises pour resserrer le récit. Quand je parle de budget restreint, n’allez pas croire qu’il s’agisse d’un show au rabais. Loin de là ! Les visuels sont de qualité, les plans ‘cartes postales’ sont criants de réalisme, les effets spéciaux offrent de bien belles images… Toutefois le plus important (et aussi le plus bluffant !) reste la prouesse des animaux virtuels. Il aurait été impossible d’utiliser de vrais animaux au vu de leur rôle dans cet univers où ils sont parfois doués de paroles, se transforment et accompagnent leur ‘double’ en permanence, et la solution du numérique fut de toute évidence la bonne. Si on peut déceler l’astuce digitale sur les plans rapprochés (et encore cela reste scotchant), les plans plus larges sont juste réussis à la perfection. Vraiment chapeau bas !

L’autre très bon point est sans conteste son casting, qui n‘a pas eu peur de mélanger acteur confirmé et jeune talent en devenir. Je veux dire nous retrouvons quand même James McAvoy, Ruth Wilson, Adewale Akinnuoye-Agbaje (Mr Eko de LOST) et même dans un rôle secondaire Andrew Scott (le Moriarty de Sherlock). Du côté de la jeunesse on retrouve « X-23 », autrement dit Dafne Keen qui malheureusement sera le gros point faible en terme de jeu (elle passera quasiment toute la saison 3 à ne hurler qu’une seule réplique : « Roger ! » Il faut sauver Roger ! » et cela devient vraiment agaçant) et surtout Amir Wilson dans la peau de Will Parry, un jeune homme indéniablement à suivre (la révélation de la série)

En commençant le visionnage de la série (en 2019 donc) je ne m’attendais pas à ce qu’elle traite de sujets aussi clivant et ‘casse-gueule’. La chrétienté en prend grave pour son grade même si on peut y voir en vérité une critique plus large sur les religions dans leur ensemble. Mais bon quand même la chrétienté en prend grave pour son grade !

L’autre point marquant c’est la relation des parents envers leur fille, loin d’être ‘classique’ si je puis dire. Pardonnez-moi de le dire comme ça mais il faut parfois appeler un chat un chat, les deux géniteurs se comportent en véritable co**ards vis-à-vis de leur progéniture ! Entre le père qui se fait d’abord passer pour son oncle pour garder un œil sur elle sans non plus devoir trop s’investir afin de pouvoir se consacrer pleinement à sa guerre multiverselle et sa mère qui ne veut pas entendre parler d’elle jusqu’à ses 13 ans, année où elle est censée devenir « l’élue » d’une terrible prophétie de fin du monde, on ne peut pas dire que ce soit un environnement familial propice à l’amour et l’épanouissement. Cette relation conflictuelle nourrira un autre thème en fil rouge, qui sera celui de l’acceptation de la parentalité par deux adultes qui à l’origine ne voulaient pas d’enfant (précisons que Lyra est une enfant illégitime).

Le seul véritable reproche que j’ai quand je repense à ce formidable voyage que me proposa cette fabuleuse série, ce sont ses longueurs qui alourdissent le rythme général. Et je pense notamment à  l’épisode qui va servir de conclusion qui prend un peu trop son temps. Même si c’est très bien fait et nécessaire, le final aurait sans doute mérité un peu plus de ‘pep's’, car en soi le point d’orgue de « À la Croisée des Mondes » se déroule dans l’avant-dernier épisode et non pas le dernier.

La route aura été longue pour qu’enfin la trilogie de Philip Pullman se voit adaptée du début à la fin en bonne et due forme. Et même si je peux comprendre que les fans des bouquins soient désappointés par cette relecture ‘au rabais’ selon eux, elle n’en reste pas moins ambitieuse en proposant des thèmes, des visuels et des FX qui la tire vers le haut malgré tout. Avec son casting de qualité et son sens de l’aventure, « His Dark Materials » propose un formidable voyage qui gagnera à être partagé entre parents et enfants.

L'Avis d'Amidon, le chat de la maison:


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