Synopsis: D'Artagnan, un jeune Gascon fougueux, est laissé pour mort après avoir tenté de sauver une jeune femme d’un enlèvement. Une fois arrivé à Paris où il souhaite s'engager dans le corps des Mousquetaires, il tente par tous les moyens de retrouver ses agresseurs. Il ignore que sa quête le mènera au cœur d’une véritable guerre où se joue l’avenir du Royaume de France. 

Réalisateur: Martin Bourboulon

Année: 2023

Distribution:
François Civil : D'Artagnan
Vincent Cassel : Athos
Romain Duris : Aramis
Pio Marmaï : Porthos
Eva Green : Milady
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Ah ! Une nouvelle adaptation des célèbres Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas ! Et une production de chez nous de surcroît ! Alors que vaut cette relecture à la sauce 2023 de ce classique de la littérature française ?
Et bien elle divisera je pense tant le parti-pris du réalisateur est tranché. Oubliez les images d’Épinal des anciennes versions, ici on donne dans le terre à terre et le crasseux. Point de beaux pourpoints bleus éclatant au soleil mais une tenue grisâtre vaguement bleu nuit qui reflète parfaitement le ton du métrage.

Pour être clair on sera ici bien plus proche d’un « Pacte des Loups » de Christophe Gans que d’un Jean Gabin des grandes heures. On pourra s’en étonner mais il faut bien constater que c’est efficace, du moins si on adhère à cette vision. Et comme je l’ai déjà souligné je peux comprendre que ce ne soit pas le cas. Attention toutefois la réalisation bien qu’efficace reste assez loin du génie du réalisateur de Silent Hill. Cependant je dois bien dire que Martin Bourboulon fait le café comme on dit. Le rythme est bon, les décors font vrai (et pour cause quasiment tous les extérieurs ont été tournés… bah en extérieur) et j’avoue que les dialogues m’ont fait plaisir. Ils ne sont certes pas en ancien François mais sont quand même dans un langage soutenu que personnellement j’adore entendre (Il faudra que je vous parle un jour de la série Nicolas Le Floch...).

Question François, parlons de Monsieur Civil. Dans la peau de Charles D’Artagnan, ce jeune acteur qui m’était totalement inconnu a su me convaincre même si - de mémoire car j’ai lu le bouquin il y a un sacré bout de temps maintenant - sa fierté de Gascon est bien plus prononcée que dans le roman. En ce qui concerne les trois compères de la Garde Royale, on a affaire à un trio de haute volée. Romain Duris en Aramis, Pio Marmaï en Porthos et rien de moins que l’inévitable Vincent Cassel en Athos. Chacun donne à son personnage iconique ce qu’il faut pour que l’on y reconnaisse les héros connus de tous tout en apportant une forme de modernité ainsi que leur patte personnelle. Là encore on accrochera ou pas. Ce fut mon cas.

On continue de passer en revue les troupes avec une Eva Green absolument parfaite en Milady. Le rôle était de toute façon taillé pour elle et le choix de casting était évident en ce qui la concerne. Autre femme du film, Lyna Khoudri donne une Constance Bonacieux d’une justesse folle. Son duo avec D’Artagnan fonctionne du tonnerre, entre timidité pesante et coups d’audace fulgurants. Un mot aussi sur Vicky Krieps en Anne D’Autriche surprenante et habitée qui donne à ce rôle de ‘second plan’ une profondeur inattendue.
Éric Ruf dans la peau du Cardinal de Richelieu est à mon sens également un choix fortement judicieux tant il donne au félon toute la nuance qu’il faut pour rendre le malandrin adorablement détestable. Mais celui qui m’a réellement marqué (au fer rouge…) c’est Louis Garrel en Louis XIII. Il est tout simplement bluffant dans chacune de ses apparitions, dans chacune de ses répliques, dans chacun de ses gestes, chacun de ses regards. Il apporte en plus ce soupçon de malaisance (volontaire ou non ?) qui assoit définitivement l’aura du royal personnage. Vraiment, un coup de maître. Chapeau bas Mon Seigneur !

Du côté de l’intrigue cette dernière suit dans les grandes lignes le feuilleton de Sieur Dumas. De belles libertés sont tout de même prises pour apporter du rythme et simplifier un récit foisonnant qui une fois retranscrit à l’écran aurait pu apporter une certaine lourdeur. Par exemple on n’assiste pas au départ du jeune homme pour Paris avec l’adieu aux parents ou bien encore le mari de Constance qui est tout simplement rayé de la carte. On pourra pester contre ces coupes (pour moi l’introduction et le au-revoir à sa famille est indispensable mais bon…) mais cela permet une plus grande fluidité de l’histoire qui il faut bien le dire file à toute berzingue à la vitesse d’un cheval au galop.

J’attendais beaucoup de ce film et il ne m’a pas déçu. Loin de là même ! C’est donc avec une certaine effervescence que je patienterai jusqu’à voir la seconde partie de ce diptyque prévu pour le 13 décembre. Bon nombre de ses intrigues sont d’ailleurs habilement mise en place dans ce premier volet. Il sera centré sur le personnage de Milady et je suis bien curieux de voir ça...

L'Avis d'Amidon, le chat de la maison:

Rendez-vous mercredi prochain 18h pour une nouvelle chronique.