Synopsis: Trente ans se sont écoulés depuis la disparition du Dr Samuel Beckett dans l'accélérateur temporel. Le projet "Code Quantum" est cependant relancé par une nouvelle équipe qui va essayer de reconstituer les mystères derrière Beckett et sa machine quantique. Pour des raisons inconnues, le Dr Ben Song, le physicien principal du nouveau projet, télécharge un nouveau programme sur les systèmes de Ziggy et utilise l'accélérateur pour remonter dans le temps sans avertir ses collègues.
Tout comme Sam Beckett, il va se perdre dans le passé en vivant la vie d'autres personnes. À chaque saut, il va changer le cours de l'histoire dans l'espoir de revenir à son époque. Sa fiancée, Addison Augustine, est son seul lien avec le présent. Cette dernière lui apparait ainsi sous forme d'hologramme que lui seul peut voir et entendre, à l'instar d'Al Calavicci pour Sam Beckett en leur temps.
Créateurs: Donald Belisario (1989) / Steven Lilien & Bryan Wynbrandt (2022)
Année: 2022
Distribution:
Raymond Lee : Ben Song
Caitlin Bassett : Addison Augustine
Ernie Hudson : Herbert "Magic" Williams
Mason Alexander Park : Ian Wright
Georgina Reilly : Janis Calavicci
Commençons par le commencement et précisons que je suis un grand fan de la première série avec Scott Bakula et Dean Stockwell. Cette série qui date du début des années 90 a bercé mon enfance avec ses deux personnages iconiques qui traversaient l’histoire récente américaine par le petit bout de la lorgnette. Alors quand il y a quelque temps maintenant j’apprenais l’existence d’un ‘revival’ j’étais plus que sceptique. Les premières images parurent, ce qui renforça mes craintes. Puis ce ‘Quantum Leap’ sauce 2022 fut diffusé sur la NBC…

C’est avec beaucoup d’appréhension que je débutai cette suite - car oui il s’agit bien d’une suite - et les premiers épisodes me donnèrent plutôt raison. Manque de moyens évident, peu de décors, intrigues assez pauvres, réalisation sommaire et surtout revisite complète du concept de base qui faisait qu’on ne suivait que le voyageur du temps épaulé par l’hologramme (Al en l’occurrence). Parce que oui le PLUS GROS CHANGEMENT c’est que désormais on suivra également l’équipe au temps présent, dans les locaux du projet ‘Quantum Leap’ (qui d’ailleurs a déménagé du Nevada pour se mettre en plein cœur de Los Angeles…). J’avoue qu’il faut s’y faire.

Les premiers pas sont franchement hésitants, le show cherchant son propre ton tout en voulant retrouver l’ambiance de l’original sans jamais y parvenir. Puis vient l’épisode d’Halloween, qui a dû agir comme un déclic sur l’équipe. Car pour la première fois depuis le début de la série j’ai vraiment eu la sensation en regardant ce septième épisode de voir ‘Code Quantum’. Ceux qui suivront seront bien plus réussis, bien plus audacieux et bien plus dans l’esprit de ce que nous offrait la classique il y a trois décennies maintenant. Il y a donc un cap difficile de six épisodes à franchir avant de trouver une série ‘acceptable’, et surtout pour retrouver ce qu’on était venu voir en visionnant ce ‘revival’.

Mais tout n’en devient pas rose pour autant, loin de là. Et il va être temps d’aborder le gros point qui fâche: le wokisme. Parce que oui là on est en plein dedans. Et on n’y va pas avec le dos de la cuillère je peux vous le dire ! Toutes les ‘minorités’ sont surreprésentées avec excès, au point où l’on finit par croire qu’au bas mot un tiers des américains sont LGBT depuis une quarantaine d’années (!).
L’autre facette de cette idéologie, c’est le traitement fait aux fameux « Hommes Blancs Hétérosexuels de plus de 50 ans » (dans les faits peu importe l’âge). Déjà aucun ne fait partie du casting principal. Mais si ce n’était que cela ! Car le traitement auquel auront droit les personnages appartenant à cette ‘catégorie’ - et qu’il faut bien montrer de temps en temps parce que oui ils existent malgré tout dans l’histoire récente des États-Unis - sera assez peu enviable: soit des lâches, soit des traîtres, soit des mauvais maris, soit des personnes imbues d’elles même… ou pour le cas ou il faut en montrer un de manière positive, il fera passer sa carrière militaire avant sa fille.
Les allergiques à ce qu’on appelle ‘la culture woke’ ne pourront en aucun cas visionné ce Code Quantum boursouflé à la tendance hollywoodienne actuelle, faut le savoir avant de se lancer là-dedans. Et je peux vous dire que n’étant pas moi-même très friand de cette idéologie (que je combats au quotidien avec mes maigres moyens) j’en ai poussé des soupirs de dépit lors de mon visionnage (vraiment des fois ce fut très dur…).

Bon. Maintenant qu’on a exposé le gros point noir de cette vision moderne de « Quantum Leap », passons à un autre sujet qui là aussi va faire grincer des dents: le casting. Même si pour le coup il y a des nuances à apporter car il y a du bon comme du mauvais.
Du côté du bon, débutons par le ‘grand nom’ présent au générique, à savoir Ernie Hudson (l’éternel 4ème Ghostbuster) qui incarne « Magic », un personnage que l’on croisait déjà dans la série originale (c’est celui dans lequel s’incarne Sam quand il est au Vietnam). Il joue le chef de projet de manière convaincante même si on comprend bien qu’il est un peu dépassé par ce qu’il est censé commander. Ensuite Raymond Lee dans le rôle du ‘Leaper’ (le voyageur du temps). C’est sur lui que repose toute la série et il faut bien dire que dans la peau du nouveau Sam Beckett, ou plutôt Ben Song ici, il fait plutôt bien le boulot. Très hésitant en début de série (comme tout le reste du show) il finit par s’approprier le rôle de fort belle manière, même s’il n’atteint pas le degré de sympathie d’un Scott Bakula. Puis vient Ian le ‘Iel’, technicien de génie qui gère comme il le peut Ziggy, l’ordinateur quantique. Vraie tête pensante du groupe (une tête d’ampoule comme on dit) c’est clairement lui qui résout la plupart des problèmes que rencontre l’équipe (autant celle du présent que celle du passé). Je vais revenir sur lui un peu plus loin car voici venir le temps de présenter les faux-pas de la distribution.
Passons rapidement sur Nanrissa Lee en superviseure de la Sécurité qui ne sert strictement à rien en dehors de cocher la case « Actrice asiatique dans un des rôles principaux » pour en venir au gros du problème: Caitlin Bassett. L’hologramme. Je ne vais pas tourner longtemps autour du pot: je n’aime ni cette actrice ni son personnage. Erreur de casting XXL en ce qui me concerne. Et surtout pourquoi avoir fait d’elle la préposée à la chambre holographique quand le personnage de Ian aurait été un choix bien plus judicieux ! En effet, l’extravagance, le ton, le sarcasme sans oublier le côté décalé et un peu underground du « non-binaire » aurait été tout simplement parfait en renouveau d’Al Calavicci ! Non vraiment je ne comprends pas ce choix qui pour moi est injustifiable. J’ai l’impression à chaque épisode de voir une superbe opportunité complètement gâchée, et cela en devient frustrant. La dynamique Ben/Ian apporterait tellement plus à la série que celle formée par le duo Ben/Allison qui sans spoiler tourne vite au ronflant niaiseux insupportable.

Celui qui aurait dû être l'hologramme !
On terminera ce chapitre avec Georgina Reilly dans le rôle récurrent de la fille d’Al qui devrait je pense rejoindre très vite l’équipe principale ainsi que Walter Perez qui lui joue ‘l’autre’ Voyageur, Ramirez, rattrapant - du moins je le crois - l’intrigue des autres « leapers » qu’on entrevoyait à l’époque de Sam et Al. Là aussi on devrait en apprendre plus par la suite.

La fille d'Al
Revenons sur la série dans son global pour dire que finalement ce n’est pas si mal, elle se laisse regarder malgré ses lourds défauts. On notera tout de même son lot d’épisodes ‘spéciaux’ - c’est-à-dire qui sortent du carcan habituel imposé par le principe de la série - et une intrigue en fil rouge sur la longueur de la saison, un concept qui était totalement absent en 1989 car la série n’était alors en fait qu’une suite de ‘stand-alone’ (à quelques exceptions près où on pouvait trouver deux et parfois trois épisodes dont l’intrigue se suivait).
Parmi les épisodes à part, certains sont vraiment bons (encore une fois le Halloween qui marque le véritable début de la série ou bien encore celui de la boucle temporelle, qui ose quelque chose d’étonnant et fort bienvenu) tandis que d’autres sont plus convenus.

Je ne vais pas mentir, je suis cette série uniquement sur son nom. L’indulgence que j’ai envers elle tient plus de mon attachement à la série-mère qu’à un vrai coup de cœur pour cette vision moderne et inclusive qui frôle bien souvent l’insupportable. Mais malgré cela tout n’est pas pour autant à jeter, loin de là.
Si pour moi il y a une erreur évidente dans ce choix de casting imbécile sur qui aurait dû tenir le rôle de l’hologramme, le reste de l’équipe n’est pas trop mal et tiens plutôt bien la route à deux-trois couacs près. Et oui, il faut passer ces fameux six premiers épisodes vraiment chancelants avant de découvrir une série plus sure d’elle-même qui parvient à retrouver un peu de l’essence de ce qu’était ‘Code Quantum’. En reste un revival somme toute moyen, calibré pour un network ‘public’ sans ambition et qui sans nul doute trouvera son créneau pour plusieurs années avant de disparaître dans une indifférence générale.
Exactement le même destin que pour « McGyver » et Magnum*» quoi…

* le sort de Magnum n’est pas encore totalement scellé au moment d’écrire ces lignes (sa cinquième saison fut commandée par NBC après l’arrêt de la série par CBS. On verra pour la sixième...)
![]()
L'Avis d'Amidon, le chat de la maison:

Rendez-vous mercredi prochain 18h pour une nouvelle chronique.