Synopsis: On suit la petite vie d'un groupe de jeunes marginaux accrocs à l'héroïne dans les années 80. Mark Renton, dit « Rent Boy », pose un regard lucide sur sa condition de drogué. Renton traîne dans la banlieue d’Édimbourg avec ses copains : Simon David Williamson, dit « Sick Boy », un fanatique de James Bond perfide et tombeur de filles, Daniel Murphy, dit « Spud », un crétin sympathique et docile, Francis « Franco » Begbie, un dangereux désaxé, cherchant toujours la bagarre, et Tommy, un gars honnête, adepte de la musculation et fidèle.

Réalisateur: Danny Boyle

Distribution:
Ewan McGregor : Mark « Rent Boy » Renton
Ewen Bremner : Daniel « Spud » Murphy
Jonny Lee Miller: Simon David « Sick Boy » Williamson
Robert Carlyle : Francis « Franco » Begbie
Kelly MacDonald : Diane Coulston
Anjela Nedyalkova : Veronika Kovach

Trainspotting (1996)

Film culte d’une génération, revoir le métrage de Danny Boyle plus de vingt ans plus tard laisse un sentiment entre nostalgie et étrangeté. Ou alors c’est dans le regard du spectateur vieillissant que le film s’est transformé. En effet alors qu’il marquait profondément ma jeunesse adolescente il devient une chronique sociale d’une tristesse infinie quand on atteint la quarantaine.

Ses scènes n’en restent pas moins percutantes et laisse parfois dans un état de pure sidération. Observer la vie de ses accrocs à l’héroïne est un choc, surtout pour un type comme moi, à des années-lumière de ces univers-là. La mise en scène du réalisateur est de plus extrêmement crue et sans fard, on n’est pas là pour enjoliver la réalité de ces cassos misérables. Oh que non. De plus il apporte un dynamisme dans sa mise en scène, sa bande-son,  voir même ses décors qui sait capter nos sens, notre attention.


Scène culte

Cependant le tout s’essouffle largement dans sa seconde moitié, beaucoup plus convenue. Et surtout avec cette intrigue qui débarque comme un cheveu dans la soupe de ces deux kilos de produits illicites à refourguer rapidement qui mène à une conclusion en queue-de-poisson. Cela se termine vraiment comme sur un couperet, en plein milieu d’une intrigue qui relance toute la relation de nos protagonistes. Ce final laisse perplexe, on veut en savoir plus ! Que se passe t-il ensuite ? Ça se finit vraiment comme ça ?

Le coup de génie de Danny Boyle aura été d’attendre 20 ans pour réaliser la suite.

Trainspotting 2 (2017)

Synopsis: Vingt ans après avoir dérobé le butin de 16 000 £ à ses amis, Mark Renton revient à Édimbourg. Il retrouve son ami Daniel Murphy, dit « Spud » toujours héroïnomane et en proie à des pulsions suicidaires. Il croise aussi à nouveau la route de Simon Williamson, « Sick Boy », qui vit de petites combines et tient désespérément le pub déserté de sa tante, le Port Sunshine, dans le quartier froid et pluvieux de Leith en compagnie de Veronika, une jeune femme qu'il à pris sous son aile. De son côté, Francis Begbie purge une peine de vingt-cinq ans de prison. Lassé et furieux de voir ses demandes de libération refusées, il compte bien s'évader et prendre sa revanche sur Mark.

J’en reviens à cette notion du ‘regard du spectateur’. Cette seconde partie, qui voit notre quatuor être devenu une bande de quarantenaires loosers et toujours un brin doux-dingue, m’a énormément parlé. Je m’y suis là pour le coup pleinement reconnu. J’ai adoré Trainspotting 2 à chacune de ses secondes, à chacune de ses scènes, toutes magnifiquement mise en image par un Danny Boyle au pinacle de son cinéma social.

Les retrouvailles font mouche à chaque instant, sublimé par le jeu des quatre acteurs principaux qui retrouvent leurs rôles cultes pour les amener plus loin. Vieillissants, pères de famille, plus assagis sans forcément être plus raisonnables, ils tentent de vivre leur vie du mieux qu’ils le peuvent, chacun à sa manière. Mais on sent bien qu’ils perdent tous pieds, qu’ils sont tous à un moment de leur vie où ils en attendent plus.

Le personnage central qui les ramènera tous à de meilleurs jours, c’est Veronika, figure lumineuse pleine de vie et de curiosité. La jeune femme bulgare venue faire fortune en Grande-Bretagne et qui  s’est retrouvé là un peu par hasard sera pour chacun d’eux une motivation, une révélation. Mais rien n’est jamais véritablement acquis et la Miss de l’Est a elle aussi son passé à assumer.

Je n’ai qu’un seul regret en ce qui concerne cette formidable séquelle, c’est le fait que comme d’habitude les meilleures scènes ont été coupées sur la table de montage. Phénomène récurrent dans le cinéma contemporain qui est donc aussi présent ici. Je fus vraiment surpris de découvrir tout un pan de l’intrigue se déroulant chez Diane, personnage féminin central du premier film, absent du résultat montré en salle. Incompréhensible pour moi que cela fut jugé dispensable alors que ce n’est clairement pas le cas, bien au contraire ! Pareil pour la scène du vol de l’iPad… séquence superbe qui avait plus que sa place dans la bobine. Vraiment cela me dépasse ces notions de scènes primordiales absentes du montage final. C’est grandement dommageable à mon sens et j’espère qu’une version longue du film verra le jour et réhabiliteront ses passages que je juge indispensable.

Néanmoins cela n’atteint en rien la qualité extraordinaire de cette œuvre à nulle autre pareille. Que cela fait du bien de temps en temps de voir un vrai, vrai, vrai Pµ[email protected]!n de bon film !

Me renseignant sur un éventuel Trainspotting 3, je découvre la pré-production d’une série centré sur le personnage de Robert Carlyle basé sur le roman ‘The Blade Artist’, autre roman d’Irvine Welsh se déroulant dans son univers phare. Elle reviendrait à la fois sur le passé du personnage et sur sa suite, en espérant que ces camarades seront également de la partie dans ce qui semblerait être une mini-série en 6 épisodes d’1 heure (pour le moment). Hâte.


Irvine Welsh, l'auteur des romans de l'univers Trainspotting (quatre livres à ce jour) en compagnie de Robert Carlyle lors de la promotion de la sortie du livre 'The Blade Artist' en 2016.

L'avis D'Amidon le chat de la maison:


pour les deux films, même si le premier à tendance à perdre en interêt au fur et à mesure de son avancée


Rendez-vous mercredi prochain 18h pour une nouvelle chronique