Cette semaine fut marquée par deux grosses découvertes cinématographiques, et comme je ne sais pas laquelle choisir en ce mercredi, je me suis dis autant parler de chacunes d'entres elles !

TIC & TAC "LES RANGERS DU RISQUE" LE FILM

Synopsis: Trente ans après l'arrêt brutal de leur série à succès, Tic et Tac ont pris des chemins différents. Tic est aujourd'hui agent d'assurance, enchaînant les récompenses et titres de "Employé du mois" et vit désormais dans un quartier résidentiel banal. De son côté, Tac a subi une opération et est devenu un personnage animé par ordinateur. Il écume les soirées nostalgiques et conventions de fans où il tente de retrouver la gloire passée. Quand un ami commun disparait, Tic et Tac vont devoir refaire équipe et reprendre leurs costumes des rangers du risque.

Réalisateur: Akiva Shaffer

Distribution (voix VO / VF):
John Mulaney / Guillaume Lebon : Tic
Andy Samberg / Antoine Schoumsky : Tac
Will Arnett / Bruno Salomone : Sweet Pete / Cool Pete
Eric Bana / Paul Borne : Monterey Jack / Jack le Costaud
Seth Rogen / Sylvain Lemarié : Bob le nain viking
Kiki Layne : Ellie Steckler

Drôle d’histoire que celle-là. Les fans du dessin animé des années 90 réclament un reboot depuis des lustres, et la récente série Ducktales avait gonflé cet espoir à son paroxysme. Alors quand la bande-annonce est sortie il y a quelques mois, la surprise fut de taille. Car il ne s’agissait pas d’un reboot mais bel et bien d’un comeback ! Au lieu de tenter d’expliciter le principe farfelu de l’univers dépeint dans ce métrage il me suffira de dire que ce projet un peu dingue n’est rien de moins que la suite de ‘Qui veut la peau de Roger Rabbit’, le chef-d’œuvre de Robert Zemeckis sorti en 1988.

On découvre donc le destin de Tac, devenu influenceur au rabais qui tente de surfer sur la vague de son ancienne série à succès en participant à des conventions de fans où il croise d’autres stars du monde de l’animation. De son côté Tic mène une petite vie pépère dans son minuscule pavillon de banlieue et reste coincé entre sa nostalgie et sa télévision. Bien entendu les retrouvailles seront inévitables et les deux anciens amis devront retrouver leur complicité perdue pour résoudre une étrange affaire de disparition de Toons à Los Angeles.

Avec ce postulat débarqué de nulle part qui permet de critiquer en douceur l’industrie hollywoodienne, le scénario - bien que très basique - permet une montagne de caméos dans tous les sens, au point d’en avoir le tournis au bout d’un moment. N’essayez pas de repérer tous les invités c’est un conseil, au risque de regarder non plus un film mais un catalogue de personnage d’animation. Cet exercice conviendra bien mieux au cours d’un second visionnage consacré entièrement à cela (et vous aurez de quoi vous occupez !). Notez tout de même des apparitions inattendues et « What the F*CK ! » qui on fait trembler les internets car vraiment pas piquées des hannetons (Hum…ou des hérissons…).

La plus-value de cette suite vient dans le fait de la diversité des styles d’animations des Toons. Dessin animé classique, en 3-Dimensions, en stop-motion, des marionnettes, du CGI plus ou moins réussi ; tous ces designs se mélangent joyeusement et grâce à une technique et des effets spéciaux de haute volée forment un monde cohérent qui se tient debout (tant qu’on ne se pose pas trop de questions d’ordre pratique…). Alors oui c’est une terre étrange où votre chauffeur de taxi pourrait être une girafe et votre inspecteur des impôts un personnage tout droit sorti des Simpsons mais bon faut croire qu’on s’y fait.

Là ou par contre ce ‘Rangers du Risque’ est loin d’atteindre le niveau de son illustre ancêtre mettant en scène le lapin crétin c’est en ce qui concerne le premier rôle ‘humain’. Et en l’occurrence humaine ici. Face à Roger Rabbit se tenait un Bob Hoskins impérial, certes éreinté par un tournage exténuant mais offrant constamment une performance impeccable, à la hauteur de l’ambition de ce projet faramineux. Dans la séquelle de 2022 nous avons affaire à une actrice lambda dont personne ne retiendra le nom, d’ailleurs personne ne parle jamais d’elle dans les critiques tant elle est oubliable. Il faut dire aussi qu’elle ne joue pas très bien, qu’elle semble absolument perdue sur le plateau - pour sa défense elle ne joue devant rien, tous ses partenaires de jeu étant rajoutés en post-prod… - et qu’elle a moins de charisme qu’un chandelier. À croire vraiment qu’elle est dans le métrage uniquement parce qu’elle a vu de la lumière sur le plateau alors qu’elle passait dans la rue adjacente…

Jamais je n’aurai cru que les deux écureuils farceurs* de Disney puissent avoir droit un jour à leur film ‘live’, et encore moins que celui-ci se révèle être la suite de l’excellentissime 'Roger Rabbit'. Mais le produit final se laisse plus qu’agréablement regarder, posant un constat marrant mais aussi poil à gratter sur le star-system cinématographique. Car il ne faut pas s’y tromper, Tic et Tac se révèlent deux formidables personnages sur lesquels transposés toute la déviance d’un marché quasiment en roue libre. On regrettera fortement une histoire pas très étoffée et un casting humain ne valant pas celui de son modèle (Messieurs Hoskins et Lloyd en tête).
Un très bon moment à passer en famille avec cette bizarrerie qui fait le pont entre l’enfance des parents et celle de leur progéniture.

*Oui je sais ce sont des tamias. Mais tout le monde s’en fiche en vérité.

 

TOP GUN MAVERICK

Synopsis: Le capitaine Pete "Maverick" Mitchell, pilote d'essai, esquive délibérément les promotions depuis trente-six ans de service afin de continuer de voler. Un jour, il est cependant contraint de prendre en charge la formation d’un groupe de diplômés de Top Gun, pour une mission spéciale sous les ordres de son ami et ancien pilote rival, l’amiral Tom "Iceman" Kazansky, qui est devenu le commandant de la flotte américaine du Pacifique. Parmi eux se trouve le lieutenant Bradley "Rooster" Bradshaw, le fils de son meilleur ami Nick "Goose" Bradshaw, mort en exercice par sa faute. 

Réalisateur: Joseph Kosinski

Distribution:
Tom Cruise : Pete "Maverick" Mitchell
Miles Teller : Bradley "Rooster" Bradshaw
Jennifer Connelly : Penny Benjamin
Val Kilmer : Tom "Iceman" Kazansky
Jon Hamm : Beau"Cyclone" Simpson
Ed Harris : Chester "Hammer" Cain
Monica Barbaro : Natasha "Phœnix" Trace
...

30 ans plus tard, Pete « Maverick » Mitchell est de retour à l’école d’aviation pour pilotes d’élite de l’armée des États-Unis mais il sera cette fois dans la peau de l’instructeur faisant face à des jeunes têtes brulées qui ne rêvent que de s’envoyer en l’air. Sa mission quasiment impossible sera de former la petite troupe dans un but très spécifique demandant de réaliser un enchainement de prouesses en vol où la moindre erreur pourra leur être fatal. Pour eux-mêmes et leurs camarades.

Les connaisseurs du premier opus réalisé par Tony Scott ne seront pas déstabilisés par cette suite tellement la structure générale de cette dernière est  un copier-coller de la pellicule de 1986. Il s'en dégage d'ailleurs une forte atmosphère qui transpire parfois un peu trop les années 80. La seule véritable différence étant bien sûr le contrepoint de vue de Tom Cruise qui passe du jeune blanc-bec au maître instructeur qui doit se faire respecter. Et puis aussi un dernier quart d’heure qui pousse un poil plus loin le script. En soi tout cela n’a rien de nouveau mais la formule est tellement parfaitement huilée qu’elle nous emporte tout de même.

Je trouve quand même que les relations entre les différents protagonistes sont mieux établies que dans le film original (même si certaines font doublons), notamment celle qui unit Maverick à Rooster, le fils de Goose. Il faut noter la très belle scène où apparaît un Val Kilmer à la présence puissante et qui pousse Tom Cruise dans ses retranchements. Une scène qui fait écho à celle où le héros se rendait chez Tom Skerritt trois décennies plus tôt.

Par contre ni Kelly McGillis ni Meg Ryan ne font partie de l’aventure. C’est quand même dommage je pense. Elles sont ‘remplacées’ par Jennifer Connelly, dont le personnage était à peine évoqué en 86. Les mauvaises langues prétendent que madame McGillis n’a pas été rappelée car devenue trop ‘vieille femme’. Mais c’est étrange car le temps qui passe et qui n’épargne personne est justement le thème principal du métrage. Cela aurait été fort judicieux au contraire de la faire intervenir au cours de cette séquelle.

On va quand même parler des grogrosnavions un peu. Les vraies stars du film nous offrent de belles séquences de vol, bien décoiffantes comme il faut. On sent la pression que subissent les pilotes, les à-coups violents et les G qu’ils se prennent dans la poire. Et je n’aimerai pas être à leur place. Ça secoue sec ! La caméra virevolte avec aisance autour des appareils et malgré les mouvements parfois insensés parvient toujours à rendre clair leurs actions et leur disposition les uns par rapport aux autres dans les cieux. Ce n’est jamais brouillon, on comprend toujours tout ce qui se passe sans le moindre souci. Belle prouesse de la part de toute l’équipe pour faire en sorte que ces séquences mouvementées restent limpides et plaisantes à voir sans qu’elles ne retournent l’estomac.

À voir si suite il y aura, mais si c’est le cas il faudra qu’elle se démarque plus car là en l’état le deuxième film est trop semblable au premier, à la limite du remake déguisé…

 

L'Avis d'Amidon, le chat de la maison:

Tic & Tac :

Top Gun :

Le film est bon mais trop calqué sur le premier film


Rendez-vous mercredi prochain 18H pour une nouvelle chronique