Retour dans le bruit et la fureur de la grande ville où l'on croise cet étrange vieux monsieur qui profère des phrases toutes plus farfelues les unes que les autres. Les deux affiches derrière sont symptomatiques de la manière dont sont appréhendés les super-héros. D'un côté on loue leurs services - littéralement - et de l'autre on les accuse de tous les maux. Peter fait la moue devant la une de son journal. Je l'interroge sur les 'héros à louer', connaît-il le prix de leurs prestations ?

"Pas du tout. Je trouve le concept du héros qu'on paye pour être un héros très...très...je vais dire ambivalent. Luke Cage et Iron Fist tirent profit de leurs avantages pour gagner leur vie et je ne suis pas du tout en accord avec ça."

C'est à moi de faire la moue. Tout le monde n'est pas Tony Stark et il faut bien gagner son pain. Ils utilisent leurs compétences aux services des autres contre rémunération. Comme pourrait le faire des détectives privées. Ou  n'importe quelle autre profession en fait.

"Oui mais être un héros n'est pas une profession. C'est un sacerdoce" me répond le reporter.

Peut-être... sans doute. Dans ce cas-là devons-nous fournir un salaire aux pompiers? Aux Médecins? Peter me lance un drôle de regard mais ne réponds rien...

 Un peu plus loin, nous retombons sur le même vieil homme mais un brin énervé. Chance, il ne semble pas particulièrement belliqueux et se contente de répéter les mêmes phrases, mais en hurlant cette fois ('EXCELSIOR!!' 'STAN SMASH!!!'). Il fracasse aussi un peu le mobilier urbain mais rien que la City n'ait jamais connu sans s'en relever. Étrangement, personne ne sait exactement qui est cet individu malgré la sensation de déjà-vu...

Je ne peux cacher mon amusement face à cette affiche de notre bon vieux TGV orange, désormais remisé au hangar mais qui conserve encore toute son aura d'antan. Y compris à LEGO New-York en 2013. Quand je le fais remarquer à mes compagnons Tante May me dit qu'elle a connu ces trains quand elle est venue en France il y a 20 ans, tandis que Peter n'en avait jamais vu (il ne sait même pas ce qu'est un TGV). Et là comme un coup de vieux qui me tombe sur la couenne.

Passage obligé en ce début de soirée par Time's Square où l'on tombe sur rien de moins que le plus haut gradé militaire du pays, à savoir le général Thaddeus 'Thunderbolt' Ross. En pleine conversation avec... un raton-laveur ?! Peter m'apprend qu'il s'agit d'un 'Gardien de la Galaxie' - jamais entendu parler - venu sur Terre car il y aurait eu une intrusion extra-terrestre il y a peu: une sorte de californien de l'espace en planche de surf argentée, j'ai pas bien compris... La menace est assez sérieuse apparemment (s'ils le disent..). Des fois on se demande vraiment si tout cela est bien raisonnable et s'il ne vont pas chercher un peu trop loin leurs délires...

En attendant ce 'Rocket' devrait faire équipe avec 'Howard' je trouve...

Même lieu, même général, mais cette fois-ci avec sa fille Elizabeth dite 'Betty'. Cette dernière tient une place centrale dans cet univers 'super-héroïque'. En effet elle est la porte-parole officielle des Vengeurs. Ce qui fait qu'elle entre souvent en conflit avec son père - certains prétendent même qu'il s'agit là de la principale raison pour laquelle elle accepta le poste. Chargé de communication entre le groupe des Avengers et le grand public, c'est souvent elle qui essuie les plâtres quand les résultats sont mitigés, voire catastrophique. Elle ne vit pas du tout à New-York et elle n'est ici que parce que son père l'a appelée via le SHIELD. L'agence peut invoquer n'importe qui quand bon lui semble, à sa guise. Les bruits de couloir prétendent même qu'il y aurait sur leur porte-avion volant une pièce ils détiendraient des 'Monstres mastodontes clonés', utilisés à des fins de propagande. Invérifiable évidemment... mais l'apparition d'un Hulk Rouge en divers points du pays aurait plutôt tendance à confirmer ces accusations...

La première fois que j'ai vu Time's Square, la vraie de chez nous, c'était un dimanche matin au petit jour. J'étais quasiment seul. J'avais l'un des lieux, pour ne pas dire LE lieu le plus connu du monde juste pour moi. Un de mes grands souvenirs (Bon après tout était fermé mais quand même !). Pour cette visite en version Lego ce ne fut pas la même histoire...

Non loin du 'Carré du Temps' (?!) se trouve le fameux bâtiment de Marvel, assureur attitré et service de communication pour les super-héros new-yorkais. Le building est quelconque mais possède sur sa devanture quelques statues de héros célèbres. Dont celle représentant Hulk en taille réelle (et doré). Sacré bestiau.

J'aurai tenté au bureau d’accueil de rencontrer quelqu'un de chez Marvel mais ce fut un refus net et indiscutable. Pourtant j'aurai bien aimé savoir comment fut fondée cette boîte et sa drôle d'idée. Les histoires vont bon train sur cette entreprise très discrète. Pots-de-vin, usurpation, financement opaque... En gros on soupçonne Marvel de monter de toutes pièces des 'histoires de super-machins' pour faire tourner à fond les entreprises du BTP locales. Il n'y a pas de petits profits. Et quand on fouille encore plus en profondeur on se rend compte alors que les principaux actionnaires de ces fameuses sociétés du bâtiment ne sont rien de moins que Tony Stark, Reed Richards, Wilson Fisk, Norman Osborn, Victor Von Fatalis, un certain Aldrich Killian...

Que des noms qui ont tout intérêt à ce que le système des super-bastons de masse reste en place. Pensez donc, Mister Poil-au-Nez menace la ville de balancer du poivre hilarant dans les canalisations, arrive alors Hamburger-Man pour arrêter le félon. Bagarre. Qui réduit en miettes quelques habitations, une ou deux ruelles voir rues voir avenues, des centaines de poteaux électriques, de panneaux publicitaires, des véhicules civils ou administratifs mis en vrac...
Arrive alors les gars de chez la Marvel qui estiment les dégâts et proposent les rénovations à diverses entreprises, souvent les mêmes. Et toutes filiales ou succursales des grands patrons susnommés. Vous le voyez venir le conflit d'intérêts ?

Et si Mister Poil-au-Nez était un sous-fifre envoyé par Marvel pour foutre le boxon ? Et pourquoi pas même Hamburger-Man ? Un bon moyen de se faire du cash, de se dorer la pilule par ricochet, de faire grimper sans cesse ses actions en bourse.

Ce qui expliquerait aussi les menaces sans cesse plus imposante qui apparaissent. Plus les vilains sont puissants, plus les destructions sont massives, plus les reconstructions rapportent de billets verts. Et si tout ceci n'était qu'une immense mascarade ? Je n'ai pas de réponse mais la question mérite grandement d'être posée.

Tous les journalistes ayant enquêté sur cet aspect du 'Super-Monde' ont par hasard été muté ailleurs. Soit à l'autre bout du pays avec de la chance soit dans un coin perdu du bout du monde s'il n'en avait pas. Ce qui signifie bien qu'il y a anguille sous roche à mon humble avis...

Comme pour confirmer ces allégations, un type mystérieux avec un bocal à poissons sur la tête se pointe et se met à gesticuler en vociférant tout un tas de trucs qu'on ne comprend pas (son discours est incompréhensible à travers son saladier "Moumounfioup Grrzuif ATTahor!! Flipouit!"). Peter prend rapidement une photo avant de se carapater à toute allure 'prévenir la police' (je le soupçonne de plutôt partir se planquer bien loin), nous ordonnant à sa tante et moi de nous abriter dans la bouche d'entrée du métro. On ne traîne pas tandis que May s'inquiète à voix haute pour son neveu (la seule famille qui lui reste). Le plus étonnant reste encore une fois l'indifférence absolue des concitoyens pour l’énergumène qui se met à sautiller d'un pied à l'autre en diffusant une épaisse fumée violette fort peu avenante. C'est alors qu'apparaît Spiderman lui-même qui vient coller une ou deux patates à Monsieur-tête-de-Bocal. En trente secondes chrono le malandrin est saucissonné et emporté on-ne-sait-où par l'homme-araignée. Je suis fort marri de ne pas pouvoir partagé avec vous des images de cet affrontement dantesque (second degré), Peter ayant disparu avec l'appareil photo... D'ailleurs le voilà qui revient, comme après avoir couru un 100m. Il prend nouvelle de sa tante, nous rassure et propose pour conclure cette mésaventure d'emprunter la bouche de métro et de retrouver la paisible maison du Queens. Nous acquiesçons, la journée a été longue et il est temps de retrouver ses pénates.

Et c'est ainsi que se termine cette escapade dans le LEGO Manhattan. Nous passerons une bonne soirée autour d'un bon repas concocté par Tante May et dès le lendemain je m'en retournai chez moi. Encore une fois je tiens à remercier la gentillesse et l’accueil chaleureux des Parker qui de plus acceptèrent de m'accompagner tout au long de la journée. Je garde un bon souvenir de ce voyage très dense mais très instructif. Je n'aurais pas réellement rencontré de 'Vengeur' historique mais avoir pu fouler du pied le mythique manoir des X-Men restera un moment mémorable et hors du temps.

Voici la carte de l'île chopée à l'office de tourisme. Cela peut paraître peu étendu mais gare à l'échelle. Il y a de quoi faire à 'Big Brick Apple'.

Et pour terminer, toujours disponible à l'office du tourisme, la liste officielle de tous les héros et vilains recensés à NYC (en 2013 donc car elle est remise à jour chaque année). Cela est impressionnant et on comprend qu'il s'agit d'un véritable business pour la ville. Certains visages me sont inconnus je le confesse. Les cases noires sont censées représenter les apparitions notées de 'super-personnes' mais non identifiées officiellement. On note une grosse proportion de 'mastodonte', ceux-là même que les rumeurs prétendent enfermés dans un laboratoire de l'héliporteur. Si vous souhaitez tous les attrapez, bon courage, il vous faudra persévérance et patience !

Avec ce douzième numéro de "Voyage en Terre LEGO" se marque une pause dans la publication de cette chronique. Pour la troisième et dernière partie (LEGO City, la capitale et ses alentours), la publication se fera de manière plus sporadique au fil des prochains mois. En espérant que ces petits textes entre carnets de voyage et découverte de jeux LEGO que j'affectionne vous aient plu, et continueront à vous plaire...