Le véhicule de presse emprunte une allée transversale à peine visible depuis la route et arrive rapidement devant une gigantesque demeure en pierre dans le style noblesse anglaise. Par rapport à tout ce que j'ai pu voir depuis mon arrivée ça fait tache. Clark gare notre moyen de transport et sans la moindre gêne va frapper à la grande porte. James Olsen et moi n’osons même pas descendre de la camionnette. Quelques secondes passent sans que quiconque ne semble bouger à l'intérieur "Il n'y a personne j'ai l'impression!" lance Jimmy à son collègue. "Oh ! ils sont là mais la maison est grande, il leur faut un peu de temps pour arriver! Ha Ha!"

Et effectivement la porte finit par s'ouvrir sur un majordome moustachu suivit peu après par Bruce Wayne et Richard Grayson, son pupille. Clark, Bruce et Richard ont une petite conversation au cours de laquelle le reporter offre la peluche de Batou au milliardaire. Le jeune Grayson est hilare mais Monsieur Wayne accepte le présent avec un rictus pas très enthousiaste. Clark nous présente alors et on se retrouve à discuter quelques instants. Mais la fatigue me gagnant et Monsieur Wayne étant visiblement sur le point de sortir (mais où donc à cette heure-ci?) nous nous contentons des banalités d'usages et nous nous retirons assez rapidement. Cela reste une belle surprise et une anecdote de dernière minute très plaisante. Un bon souvenir assurément.


Clark retrouve son ami Bruce Wayne

Richard 'Dick' Grayson vit chez Bruce Wayne depuis la mort tragique de ses parents lors d'une représentation de leur numéro de voltige lors du passage en ville du cirque auquel ils appartenaient. Les 'Flyings Grayson' connurent une fin horrible sous les yeux horrifiés de leur fils. Événement tristement similaire aux meurtres de Martha et Thomas Wayne dans une ruelle en présence du jeune Bruce. C'est sans doute la raison qui le poussa à adopter le garçonnet, voyant en lui un reflet de sa propre expérience. Des rumeurs assez fâcheuses coururent sur ce qui se passait entre les deux orphelins derrière les murs épais de cette massive maison alors que Richard était encore mineur. Une association tenta même une action en justice pour ôter la garde du pupille Grayson du 'Grand Bruce Wayne'. L'action fut mise en déroute et Bruce eut un discours mémorable à la barre sur ses accusations abjectes à son encontre. Quelque temps plus tard ladite association fut dissoute et tous ses membres quittèrent Gotham City...


Bruce Wayne et Richard Grayson discute sur le perron de leur demeure lors de notre départ

Le parcours de l'héritier des Wayne est des plus emmêlés. Orphelin très tôt, mis sous tutelle jusqu'à sa majorité, parti faire ses études à l'étranger, revenu pour prendre les rênes de Wayne Enterprise qu'il confia aussitôt au conseil d'administration pour disparaître durant 7 ans sans laisser la moindre trace. Réapparaissant un beau jour pour prendre la place du sauveur magnifique qui relèvera Gotham de sa torpeur. Seulement la tâche s'avère plus complexe que prévu. Son programme de rénovation des quartiers défavorisés se heurte à des difficultés administratives et à la concurrence d'autres mécènes souhaitant tirer à eux aussi la couverture du chevalier blanc. Une bataille d'égo se déroule à l'insu des habitants, située dans les hautes sphères ; les riches et puissants visant chacun le contrôle total de la cité dans une sorte de partie de Monopoly à taille réelle. On en revient à la mainmise des entrepreneurs sur les affaires politiques et urbaines. Aucun de ses grands patrons ou riches héritiers ne se présente d'ailleurs pour un quelconque mandat politique (Maire, au hasard...). Agir dans l'ombre leur correspond mieux...

 

La carte de la ville :

 

 

Je quitte mes compagnons d'un soir après une rapide collation dans un Diner ouvert toute la nuit. Je ne me ménage pas en remerciements et louanges à leur égard. Ils reprennent la route pour Metropolis tandis que je regagne à pied mon hôtel. Je repense à cette longue soirée et mes conclusions ne sont pas très encourageantes pour le futur de Gotham. Il y a une volonté forte de s'en sortir de la part de tous, une espérance de meilleur lendemain indéniable ; c'est la principale leçon à tirer de toutes ces rencontres au cœur de la nuit, mais il s'agit d'un véritable parcours du combattant semé d'embûches bien alambiquées.

Gotham recense une belle brochette de personnages marquants, comme vous pouvez le constater sur ce trombinoscope fourni par la police. Vous remarquerez que tous ne sont pas clairement identifiés, les méta-humains gardant leurs mystères. Mais je sais de source sûre que le visage qui prend place entre Batwoman et Black Canary (ligne 2) est celui de SuperGirl. Malheureusement elle reste difficile à approcher...

 

La pluie a enfin cessé de tomber et un vent frais gagne les grandes avenues désormais vides. Il faut croire que même les petites frappes finissent par aller se coucher. Je lève les yeux pour observer le ciel empli de nuages désormais secs et comprends la raison de ce calme soudain : un gigantesque signal lumineux se reflète sur la surface cotonneuse. Un symbole de lumière dans les ténèbres représentant une chauve-souris vengeresse qui apporte à sa manière une autre vision de l'espoir.

Je gagne le hall de l'établissement hôtelier qui abrite une chambre, une douche et un lit qui vont faire ma joie. Il me reste tout de même une légère pointe de regret. J'aurai beaucoup aimé avoir l'avis du Chevalier Noir sur l'avenir de Gotham City... mais ce soir comme tout les soirs, il a sans doute plus important à faire...

 


Ainsi prend fin la première partie de ces récits de voyage. Dès la semaine prochaine, en route pour New-York et ses merveilleux Super-héros !