Une Journée à New-York City

Mon deuxième voyage dans le LEGOverse eu lieu l'année suivante, en Novembre 2013 précisément. Cette fois de l'autre côté du miroir pourrait-on dire car je me rendais dans la 'Marvelous City' pour rencontrer les idoles de mon enfance, mais j'y reviendrai en temps voulu. Commençons par le commencement.

Pour vous rendre à Lego NY depuis le Naviport, plusieurs options s'offrent à vous. Pour ma part comme pour Gotham je choisissais l'Avion puis le métro pour gagner ma destination. Petit conseil aux voyageurs qui feraient le voyage: depuis JFK Airport ne prenez pas de taxi pour rejoindre Manhattan! Cela est hors de prix! Privilégiez la navette qui fait un "loop" sur tous les différents terminaux et qui tous les deux ou trois tours (je ne sais plus exactement) fait un crochet pour relier la ligne de métro le plus proche. De là vous avez accès et pour un prix très accessible à tous le réseau ferroviaire souterrain et pouvez donc vous rendre où bon vous semble à New-York. En ce qui me concerne direction le Queens où m'attend une charmante dame qui a la bonté de m'héberger pour ces 24 heures (je repars dès le lendemain matin). Elle vit avec son neveu dans un petit pavillon de banlieue et propose un service de maison d'hôte pour améliorer les fins de mois. Elle est à la retraite, veuve depuis quelques années et élève donc son neveu, orphelin depuis sa plus tendre enfance (décidément...je ne croise que cela dans cet univers) qui lui est toujours étudiant et paye ses études avec des petits boulots. Et notamment celui de photographe free-lance pour le Daily Bugle, l'un des derniers quotidiens papiers de la Grosse Pomme Briquée (surnom de la ville).

J'arrive finalement assez vite devant la charmante demeure où je suis accueilli comme un prince. May Parker - qui insiste pour qu'on l'appelle Tante May, pourquoi pas - parle un peu le français et surtout l'italien de ses ancêtres. Son neveu Peter est là également, un type jovial un peu effacé mais toujours prêt à donner un coup de main. Après m'avoir englouti de pâtisseries faites maison (et délicieuses) nous prenons tous les trois le métro en direction de l'île de Manhattan, berceau des plus grands Super-héros du monde.

Durant le trajet d'une bonne vingtaine de minutes, je demande à 'Tante' May si la vie n'est pas trop dure financièrement. La maison où ils vivent coûte visiblement et leurs revenus sont assez modestes. 

"Depuis la mort de mon mari il y a quelques années, entretenir cette vieille bicoque est devenu très difficile. Nous avons passé plus de trente ans à rembourser notre emprunt et je suis assez fier de dire aujourd'hui que je suis propriétaire. Malgré la crise nous avons pu garder notre bien, grâce à Ben (Feu son époux, NdR) qui s'est battu pour. Mais c'est une grande maison, Peter va bientôt partir vivre sa vie (il la regarde avec des yeux coupables) et je ne me rajeunis pas. Et oui elle coûte de l'argent, beaucoup d'argent. Honnêtement, et c'est la première fois que j'en parle ouvertement, mais je pense que dès que Peter aura son chez lui, je revendrai la maison pour un appartement plus modeste et qui correspondra plus à mes besoins."

Peter semble en effet découvrir cette information, rétorquant même qu'il est en mesure de garder la maison mais sa tante le lui assure, il vaut mieux vendre.

"Pour aller de l'avant, ne pas ressasser toute ta vie les souvenirs enfermés entre ses quatre murs." Un peu abasourdi, Peter m'apprend qu'il envisage depuis quelques mois de se prendre un petit chez-soi au cœur de Manhattan, pour être plus proche de ses études et ses différents jobs. "j'en discute un peu autour de moi. Mon ami Harry est OK mais il n'a pas les mêmes 'standards' que moi. C'est un fils de grand patron, pour lui un appartement modeste c'est un loft de 200 mètres carrés à Soho. Clairement au-dessus de mes moyens. Sinon il y a la solution d'emménager avec ma petite amie MJ (May sourit et lui prend la main), je lui ai vaguement soumis l'idée...elle n'a pas dit non...mais pas dit oui non plus."

Notre station approche, et quoi de mieux pour commencer une journée à New-York que de se faire une balade matinale à Central Park.

Peter, en tant que photographe en chef de notre expédition, se chargera bien entendu de graver cette journée dans le marbre (numérique). Me voici donc en compagnie de Tante May en plein milieu du célèbre parc. Oui je n'allais pas très bien à cette époque, c'était une période difficile (heu...comme tout le temps en fait, mais là pitêtre un peu plus que d'habitude).
Premier constat, la population locale n'a pas grand-chose à voir avec celle de Gotham. Les rires remplacent les cris, les sourires les regards méfiants, le sentiment de tranquillité celui d'insécurité. J'en fais part à May qui m'explique que ce que j'ai ressenti à Gotham l'année précédente décrit exactement le New-york des années 70-début 80.

"Il fallait voir dans quel état était ce même parc que nous foulons du pied en ce moment. C'était un repaire de brigands de grand chemin. Impossible de l'emprunter sans se faire au pire agresser ou si on s'en sortait bien insulter ou bousculer. Et la nuit s'était tout simplement un No Man's Land. Les dealers et les punks tenaient le Park comme territoire acquis. Certains quartiers n'étaient même plus fréquentables, y compris en pleine journée. Peter n'a pas connu ça, mais le nord de Manhattan était quasi inaccessible durant une bonne grosse décennie. Puis il y eut la politique de Tolérance Zéro"

La suite est assez connue. En une dizaine, peut-être une quinzaine d'années, la ville a retrouvé un statut honorable. La police a eu pour consigne un principe assez simple: ne rien laisser passer. RIEN ! Ce ne fut pas sans heurt et bien entendu le crime existe toujours, mais désormais on peut se promener sereinement dans le parc sans craindre de tomber sur un gang de dealers ou un groupe de punks belliqueux (Il y en a toujours des punks, croyez-moi mais ils ne sont nullement agressifs ou violents. Du moins tant que l'on ne s'en approche pas. Les dealers désormais se cantonnent dans les halls d'immeubles des quartiers du bord du fleuve). Il est intéressant de noter que la politique de Tolérance Zéro fut mise en application par un maire (contesté sur bien des points par ailleurs) et nullement par les quelques super-héros qui existaient à l'époque. Autre différence avec Gotham, ici les politiques ont toujours leur importance. Il y a bien sûr des grands patrons influents, des super-héros charismatiques ou même quelques agences gouvernementales qui voudraient dicter leurs lois mais rien ne se fait dans la ville sans l'accord du premier de ses administrés. Chacun sait garder sa place pour que le système ne déraille pas.

Visible depuis le parc central, le Baxter Building, qui abrite les 4 fantastiques. Plus vieille équipe de Super-héros de New-York avec une 'petite' particularité: ses membres sont parfaitement connus du public. Reed Richards, son épouse Susan, le frère de cette dernière Johnny Storm et l'ami de la famille Ben Grimm. Certains autres héros ont dévoilé leur véritable identité - dont bien sur Tony Stark - mais une équipe entière il n'y a qu'eux. Même si dans les faits ils n'ont rien dévoilé du tout vu que cela c'est fait à l'envers: ils n'ont jamais adopté d'identité secrète, ils ont bien des surnoms héroïques (L'homme-fantastique, La femme-invisible, la Torche humaine et La Chose) mais donné par les médias qui ont parlé d'eux. Ils sont en fait les plus peoples des super-héros, ceux qui font les couv' des magazines à scandale (Reed Richards aurait eu une centaine de maitresses à les croire) et cette image ne semble pas les déranger outre mesure. Il faut dire que leurs préoccupations sont ailleurs... Les FF ont fort à faire entre les tentatives d'invasions de monde parallèles, les monstres enfouis sous terre voulant ressurgir à la surface et leur vieil ennemi récurrent Victor Von Doom qui ne rêve que de les voir disparaître. Au vu de leur situation, les Fantastic Four sont ceux qui entretiennent les liens les plus étroits avec le gouvernement, travaillant même conjointement à l’occasion. Cela apporte une crédibilité accrue à la superfamille et de leur côté les politiques gagnent en popularité et mettent en avant des 'héros américains' comme ils souhaitent en voir plus. Fidèles, visage au grand jour, sauveurs de la nation à maintes reprises... collaboratifs et propageant une image positive autour de leurs actions. Autant de qualités qui sont loin d'être le cas de tous les super-héros ou 'Super-agences'.

La notion d'identité secrète est un point délicat mais qui sera tôt ou tard sur la table du Sénat, voir de la Cour Suprême. Le peuple commence à en avoir un peu marre de voir toutes ces personnes menacés le monde se cacher derrière des masques bien souvent ridicules. Une manière de ne pas porter ses responsabilités selon certains sénateurs qui ne font que reporter sous une bannière politique la colère de la population. Il est rapporté qu'un immense projet de loi serait en pleine écriture pour instaurer une obligation pour tous les super-héros ET super-vilains de déclarer leur identité sous peine de devenir hors-la-loi. Ce qui amènerait à une controverse sans précédent, spécifiquement pour les héros mis le dos au mur. Les vilains eux n'en seraient guère plus impactés qu'actuellement. D'autres rumeurs prétendent que le SHIELD, agence gouvernementale chargée de gérer toutes les questions de 'Super-Affaires' aurait en sa possession une liste égrainant la majorité des identités secrètes des héros du monde entier. Nick Fury, directeur emblématique, affirme qu'il n'existe aucune liste de cette sorte.

Quand on connaît l'insistance du gouvernement pour faire en sorte qu'une liste officielle de tous ses ressortissants mutants soit mise en place, on se dit que ficher également ses 'Supers-habitants' ne lui poserait pas plus de problème.

Ce canard en costume qui se présente sous le nom d'Howard m'aborde en me demandant si j'ai pas croisé Tim Robbins dans mon monde...J'ai d'abord cru qu'il faisait parti du cirque derrière lui mais en fait pas du tout. Drôle d'individu...


La suite lundi prochain si tout va bien