de Broken Elfen

Début 2010, période faste de la baston musclée sur consoles !
Darksiders ainsi que Dante's Inferno et God of War III pointant le bout
de leur nez, cela illustre bien le phénomène sur le versant occidental.
Nos amis du Soleil Levant ne sont pas en reste grâce à Hideki Kamiya et
son nouveau distributeur de baffes Bayonetta, beat'em all gothique
attendu de pieds fermes depuis plus d'un an par les fans de Devil May
Cry. Enfant bâtard ou digne héritier ?

 

Après avoir exploré l'aspect métal-gothique du « stylish » Devil
May Cry, Hideki Kamiya s'est attelé ici à une recette peu différente
mais plus glamour, jazzy, décalée voire insolente que son prédécesseur,
comme nous allons le voir. Le topo du titre est assez simple. Le clan de la lumière Lumen et celui des sorcières Umbra sont entrés dans une
guerre dévastatrice qui a décimé les deux camps il y a 500 ans. L'une
des sorcières survivantes, Bayonetta, se réveille enfin et part en quête des Yeux du Monde. Il s'agirait de deux pierres d'une valeur
inestimable. Amnésique, la sorcière va peu à peu recouvrer la mémoire
grâce aux multiples interventions d'une consœur qui a vraisemblablement
basculé du côté des anges. Inutile d'en dire davantage et ce n'est de
toute façon pas l'intérêt du titre car il faut bien avouer que
l'histoire ne justifie pas vraiment pourquoi on met les pieds ici plutôt que là. Vos talons aiguilles arpenteront 18 chapitres au total. Chaque
chapitre se compose de périodes d'explorations brèves dans des
environnements/couloirs et surtout de phases de combats intenses appelés les Versets.

  Du côté de la baston, on peut dire que le titre s'en sort avec
brio. Le  gameplay est tellement riche puisqu'il est à la fois très
accessible et terriblement technique. Accessible, dans le sens où les
combos ne se réalisent qu'avec des combinaisons de deux touches
différentes et qu'il est facile de faire de jolies choses à l'écran en
appuyant n'importe comment. Cependant, à partir du mode Normal,
n'espérez pas vous en sortir sans savoir ce que vous faites. Pour les
puristes, il peut être possible de s'essayer à d'autres armes que les
pistolets comme le fusil à pompe, le katana ou le fouet entre autres.
Ainsi, les combos réalisables seront les mêmes, mais ce n'est pas un
problème en soi dans la mesure où l'animation change selon l'arme et que le nombre de coups de base est suffisamment important comme ça.
D'ailleurs, il est fortement recommandé de profiter de l'entrainement
proposé à chaque écran de chargement pour patienter en s'améliorant. Les ennemis disposent de coups divers plus ou moins rapides et il faudra
passer par un temps d'apprentissage pour espérer sortir une esquive de
dernière minute capable de déclencher le fameux Witch Time. Durant ces
quelques secondes, le temps est ralenti pour les adversaires et vous
pouvez les marteler en toute sérénité. L'activation de ce ralenti est
vraiment importante car en temps normal, comprenez bien que le rythme
est effréné. Massés autour de vous, les adversaires attaquent souvent
ensemble et avec célérité. Ce qui est fortement appréciable, c'est que
malgré la pléthore d'effets à l'écran, l'action demeure claire même si
des exceptions viennent noircir un peu ce tableau, notamment lorsqu'on
se change en forme féline et que l'on perd la caméra à courir dans tous
les sens.

                                                                                L'alchimie permet de créer des items revigorants ou offensifs


Comme à l'accoutumée dans ce genre de jeu, réussir les plus
puissants et longs combos vous rapporteront des bonus. Ici, il s'agit
d'auréoles qui constituent la monnaie permettant d'apprendre différentes techniques et d'acheter objets, upgardes et les indispensables costumes ! Bien évidemment, chaque fin de chapitre et même chaque verset terminé sera sanctionné d'une médaille qui conditionnera le nombre d'auréoles
supplémentaires obtenues. Fracasser de la créature angélique vous
octroie également de la magie qui permet de réaliser de douloureuses et
humiliantes attaques finales issues de l'Inquisition et réalisables via
un matraquage massif de votre pad. Tout bonnement jouissif ! Variées,
ces séquences diffèrent selon le type d'ennemi. Ceci est une bonne
nouvelle dans le sens où le joueur n'affronte jamais inlassablement les
mêmes victimes. Cette particularité donne un véritable rythme à la
progression puisque le gameplay est différent selon la nature de l'ange
en face de soi.
                                                                         Les boss sont démeusurés

En bonne sorcière, Bayonetta a plus d'un tour dans son sac. Ce
n'est pas de son chapeau que sortent les lapins blancs mais plutôt de
son costume façonné par sa longue chevelure brune. C'est en effet ses
cheveux qui vont se matérialiser à la fin d'un combo pour asséner un
géant coup de talon ou de poing éthéré. L'effet est superbement bien
rendu et accentue la castration pour ne pas dire la bran*** que l'on
inflige aux hordes d'ennemis. Mais l'apothéose de cette capacité se
situe bel et bien durant les affrontements contre les boss. Toujours
d'une taille à vouloir compenser un manque là où on le pense, les
créatures archangéliques se terminent fréquemment à coup de crocs,
dévorées par l'invocation d'un monstre cauchemardesque réduisant à néant la dignité des fils du Créateur d'une manière toujours gore qui
justifie largement le PEGI 18 sur la jaquette

Vous l'aurez compris, le jeu se veut largement décalé et ne se
prend presque jamais au sérieux. La réalisation ne cesse de briser notre vision des anges comme des êtres intouchables et charismatiques en les
faisant passer pour de véritables victimes sur lesquels Bayonetta a les
pleins pouvoirs. La musique joue un rôle très important à ce sujet. Les
chants liturgiques introduisant les créatures célestes sont toujours
cassés par le thème jazzy de Bayonetta. Si cela remplit bien son rôle
pour les ennemis standards, le même thème passe déjà moins lors d'un
combat contre les boss car il réduit à néant le souffle épique de ces
affrontements qui sont pourtant toujours construits de telle manière à
ne laisser aucun répit au joueur. Heureusement, cette musique
n'accompagne pas l'intégralité des grosses rencontres. Un large « fan
service » est également servi lors des cinématiques durant lesquelles le seul intérêt réside dans les improbables chorégraphies exécutées par la sorcière et non pas dans les dialogues. A ce titre, elle se permet
d'interrompre fréquemment le discours des boss avec un style « less
talk, more rock », rappelant au joueur quel genre de jeu il a entre les
mains.

                                                                      Visez la tête !

Pour agrémenter le ton léger adopté par le soft, Hideki Kamiya
s'est beaucoup amusé à truffer Bayonetta de clins d'œil humoristiques à
Assassin's Creed avec le personnage de Luka par exemple ou encore à
Okami avec la forme féline de la sorcière. En outre, certaines phases de jeu font échos aux classiques du jeu vidéo et votre serviteur a
apprécié l'hommage accordé au shoot'em up lorsque Bayonetta chevauche un missile ou durant le mini-jeu Angel Attack. Qui n'a pas pensé aux
courses des bornes d'arcade lors du chapitre en moto ?

Assurément, Bayonetta comble les attentes des joueurs et se
permet de surclasser techniquement ses prédécesseurs. Riche et survolté, le gameplay demande de bons réflexes afin de maîtriser les esquives,
indispensables pour profiter des capacités de l'héroïne et donc, de
l'expérience du jeu qui se veut extrêmement intense. Cela dit, il est
fort probable que la surenchère de provocations, de chorégraphies
acadabrantesques et du « girl's power » ne plaira pas à tous. On
retiendra alors que cette réalisation totalement décalée et l'humour
omniprésent donnent au titre une identité propre. Ensuite, c'est affaire de goûts, et libre à tous d'adhérer aux partis pris ou non. Comptez une douzaine d'heures pour le terminer en mode normal la première fois.
Ensuite, de nombreux items achetables, les défis et les différents modes de difficultés rallongent le plaisir bien au-delà du minimum
acceptable. Un titre qui en a dans le string !

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Bayonetta : les brunes ne comptent pas pour des prunes