Le 16 juillet 2013 sortait aux Etas-Unis Shin Megami Tensei IV, suite tant attendue par ses fans de la série originelle des Shin Megami Tensei. (connue en France uniquement par la sortie de Shin Megami Tensei Lucifer’s Call, nom de code pour Shin Megami Tensei III en Europe) Ce jeu allait bouleverser ma vision du J-RPG.

Comme la plupart des joueurs français je ne connaissais la série des Shin Megami Tensei que par ses spin-offs sous-titrés Persona. Mais j’ai pu faire l’acquisition du jeu dans sa version américaine il y a déjà quelques mois. J’avais alors rédigé 2-3 trucs. Longtemps mis de côté en attendant une officialisation par Nintendo de sa sortie en Europe, j’ai décidé qu’il était temps de publier ces deux articles pour présenter le jeu à vous chers gamers dont la patrie n’est pas l’Amérique mais qui avez aussi de très bons goûts. Commençons avec le premier article présentant l’univers du jeu. Le second concerne le gameplay et est disponible à ce lien.

 

 

Dans la catégorie des JRPG, on a un peu tous les univers, des mondes fleuris et colorés à la Tales of, des royaumes aux traits Heroic Fantasy comme pour The Last Story, des univers futuristes aux technologies de pointe à la FFXIII et puis on a les jeux à l’ambiance sombre et malsaine comme Nier. Shin Megami Tensei IV se situe dans cette dernière catégorie et même à l’extrême de celle-ci (gauche ou droite, c'est à vous de décider).

Série méconnue en Europe, son nom obscure signifie « La véritable réincarnation de la déesse ». Un titre qu’il vaut mieux ne pas traduire, on se l’accorde.

Je dis méconnue, peut-être plus tant que cela. Persona 3 et surtout Persona 4 (avec versions respectives sur PSP et PS Vita) sont passés par-là et sont devenus des épisodes appréciés et reconnus des joueurs européens. Pourtant on est encore très loin de la noirceur de l’univers de Shin Megami Tensei IV. Vous trouviez « dark » le fait de reproduire le geste du suicide par balle dans le crane pour invoquer vos pouvoirs dans Persona 3 ? Comme vous êtes mignons.

Cet article a pour but de vous faire découvrir l’univers de Shin Megami Tensei IV, alors bien sûr je vais devoir spoiler un tout petit peu. Mais rassurez-vous, je me contenterai de raporter les éléments extérieurs à l’histoire. Cela implique que je n’irai ni dans la description du scénario, ni celle des personnages et encore moins dans celle des révélations que le jeu apporte petit à petit sur l’univers.

 

I – Dans le fabuleux Royaume Oriental de Mikado (partie sans spoil, tout est accessible dans les 30 premières minutes du jeu)

Littéralement « Eastern Kingdom of Mikado », ce monde isolé de tout contact avec l’extérieur coule paisiblement ses jours depuis des siècles. C’est un monde tourné vers Dieu et le divin, où le gouvernement est assuré par les moines du monastère surplombant la ville de Mikado bâtie sur une colline. La foi envers Dieu mais aussi une vie simple où le labeur quotidien est la seule activité autorisée, sont les grandes valeurs de ce royaume.

Une  noblesse, les Luxoror, contourne les règles et se hisse en haut de la hiérarchie de la société du Royaume Oriental de Mikado. Pour des raisons guerrières et de filiation aux héros du passé cette classe vit dans les hauts et luxuriants quartiers de Mikado, surplombant la Cusualry qui travaille humblement de ces petites mains.

Plusieurs mythes existent à propos de l’existence du royaume. Les habitants du royaume seraient les élus de Dieu, les élus qu’il a protégés lors d’une invasion des impurs (the unclean ones) venant des profondeurs de Mikado pour tenter de s’y installer. Dieu aurait alors envoyé ses anges en représailles qui auraient repoussé les impurs dans les profondeurs laissant en paix les habitants de Mikado.

Le royaume est protégé par des gardiens : les samuraïs qui assurent la paix sur le royaume. Chaque année a lieu le rite du gantelet auquel la plupart des jeunes gens du royaume se soumettent. Même si la plupart des samuraïs sont issus des Luxorors, c’est aussi une chance pour une infime partie de la Casualry de se distinguer et de s’intégrer aux Luxorors par leurs exploits guerriers.

Le rite du gantelet consiste à placer sur le bras gauche de chaque prétendant un gantelet aux pouvoirs divins, bien que dans les faits ces pouvoirs se rapprochent de notre concept du smartphone. Si le gantelet s’active, le prétendant est reconnu comme samuraï, si ce n’est pas le cas, c’est terminé pour le prétendant qui doit rentrer chez lui. Car être samuraï implique de vivre sur les hauteurs de Mikado, près du monastère et ne jamais revenir chez soi sauf en mission exceptionnelle.

Les samuraïs sont respectés et enviés au sein du royaume, pourtant leur mission reste obscure aux yeux du peuple. Peu de personnes savent que la véritable mission des samuraïs est de protéger le Royaume Occidental de Mikado des démons. Car le mal vit là au sommet de la colline de Mikado, au sein même de la cité, sous la statue gigantesque du héros historique Aquilla. Naraku, c’est le nom de cet endroit souterrain qui s’enfonce sous la terre et qui regorge de démons prêts à franchir les portes pour envahir le monde. La mission des samuraïs est donc d’empêcher toute intervention démoniaque dans le monde de Mikado, en arrêtant les démons s’approchant trop prêt de la frontière avec le monde extérieur. Mais elle est aussi de récupérer des reliques disséminées dans le monde inférieur et qui intéressent au plus haut point les moines du monastère pour des raisons que même les samuraïs ignorent.

Cependant l’équilibre de la société est en train de flancher. La Casualry en a assez de ce monde où les Luxorors dirigent et où ils doivent se contenter d’être les simples braves travailleurs, vivant dans de modestes conditions. La révolte est dans le c½ur des Casuals et menace d’exploser dans une révolution sous le premier élan d’un orateur assez bon pour libérer cette colère…

 

II – Tokyo un monde tourmenté et plongé dans le chaos (cette partie contient des spoils mineurs sur l’univers du jeu tous révélés au cours des premières heures de jeu)

Tokyo est une ville immense, très urbanisée, moderne et technologiquement à la pointe (comme dans notre monde à nous en fait). Elle héberge de très nombreux habitants. Jusque-là tout va bien. Et pourtant la plus grande partie de la population est malheureusement composée de démons à l’appétit féroce qui se nourrissent d’êtres humains. Ces derniers sont ainsi condamnés à lutter pour leur survie au milieu de cette ville chaotique.

Les chances d’une évasion sont nulles, la ville est plongée dans l’obscurité par un dôme qui la recouvre complètement et empêche tout contact au-delà de celui-ci. Une tour présente dans le quartier d’Ueno semble mener vers l’extérieur mais il est impossible d’y accéder car celle-ci est gardée par un démon redoutable aux pouvoirs de gorgone, ce démon peut en effet changer les hommes en pierre d’un simple regard.

L’humanité survit tant bien que mal aux démons, cloitrée dans des souterrains ayant autrefois servi de gares pour les métros de la ville. Si les démons restent éloignés de ces zones c’est parce que les chasseurs, des humains armés luttant contre les démons, font leur possible pour éliminer les démons devenant de véritables menaces pour les villes. Mais c’est surtout grâce à Tayama, le leader sombre et méconnu de Tokyo, qui a conclu un pacte avec les démons afin qu’ils restent loin des quartiers souterrains. Chacun ignore quelle est la nature de ce pacte, mais cela assure une légitimité à Tayama dans son rôle de leader. Ses agents font l’ordre dans les quartiers souterrains et leur autorité est quant à elle beaucoup plus critiquée face aux méthodes qu’ils emploient.

Un groupe s’est petit à petit formé parmi les habitants de Tokyo, appelés le Ring of Gaia, les membres de ce groupe rejettent l’autorité de Tayama sur Tokyo et croient en un monde où les hommes forts dirigeraient et tiendraient tête aux démons plutôt que de se terrer dans les quartiers souterrains dans la peur du lendemain.

Après de nombreuses tentatives pour échapper à leur destin, il semble que le futur des habitants de Tokyo passe par l’acceptation de cette vie de peur et de survie. L’espoir d’une vie meilleure s’évanouit petit à petit et l’avenir semble bien sombre

 

 

Le mot de la fin :

Cet article a pour vocation de vous faire découvrir le monde de Shin Megami Tensei IV, j’ai fait en sorte de le rendre accessible à tous, sans enlever le plaisir de la découverte une fois en main. Ma démarche a été d’extraire tous les éléments constituant le scénario principal du jeu et de limiter les spoils aux simples bases de l’univers que l’on acquiert très vite en jouant au jeu.

Ce qu’il faut en retenir c’est nous avons là un univers très singulier, aux enjeux politiques les plus délicats et d’une richesse incroyable. Mais surtout sa force est que sa complexité fait que les notions de bien et de mal disparaissent, que chaque parti aussi discutable qu’il soit est nourri de bonnes intentions. Je ne vous en dirai pas plus, j’espère que vous pourrez y jouer et que nous pourrons en discuter à cette occasion.

Je vous remercie de votre lecture, et vous dis à très vite pour une présentation du gameplay.

 

Maniax.

 

Retrouvez le deuxième article de ce dyptique à ce lien : http://www.gameblog.fr/blogs/maniax/p_104732_gameplay-dans-shin-megami-tensei-iv-avec-video-maison