Je sais, je sais, Bioshock infinite est sorti il y a longtemps à l'échelle temporelle vidéoludique (lol), mais je n'ai pu poser mes mains dessus que récemment.

Ayant terminé ce dernier il y a quelque jours, je tenais donc à partager ici mes impressions.
Je trouve, encore une fois qu'on en fait beaucoup sur ce jeu, et qu'il ne mérite pas TOUS les honneurs qu'on lui a fait.

Certes, Columbia est magnifique, certes Elizabeth est un excellent personnage, certes, les mécaniques de jeu sont sympathiques, mais NON, ça ne fais pas tout.

Voyez, le plus gros problème à mes yeux, c'est le rythme. On enchaine des phases d'exploration (assez linéaires), avec des phases de shoot. J'ai l'impression d'avoir causé un vrai génocide, d'avoir dézingué plus d'êtres vivants qu'on ne pourrait en dézinguer dans un vrai jeu de guerre.

Et osons le dire ; Bioshock infinite est un vrai jeu de guerre, pourtant, ce n'est clairement pas l'étiquette qu'on lui a collé ; ce n'est pour ainsi dire pas ainsi que l'on me l'a vendu. Quoi que, après coup, je comprends les polémiques autours de la jaquette : on retire la femme, on fout Booker Dewitt avec un gros shotgun sur l'épaule. Cette jaquette prends tout son sens...
 
Il faut toutefois le reconnaître, le propos derrière ce jeu est intéressant, l'histoire d'un duo improbable (mais finalement pas tant que ça), une ville utopiste, des voyages dans l'espace-temps ; tout cela est cependant mis de côté par une frénésie de l'assassinat froid et méthodique.

Paradoxalement, Booker Dewitt, le héro est un personnage humaniste, en pleine rédemption, écorché par la vie mais dans le fond assez bon. Mais Booker un héros qui assassine sans sourciller des dizaines de milliers de citoyens (policiers, révolutionnaires...). Je trouve ça tout bonnement hallucinant pour un jeu présenté comme il l'a été.

Les combats sont d'une facilité déconcertante, je pense sans mal que l'équipe de développement aurait pu sans problèmes retirer la moitié des ennemis, et augmenter la difficulté des affrontements. Ils auraient été plus justifiés, plus intenses et auraient mis en valeur l'emballage de cette aventure. J'avoue aussi être déconcerté quant à la nature de ce que l'on tue. Des humains. C'est dérangeant, et pourtant, je ne suis pas du genre à me laisser choquer par ce genre de choses. Les deux premiers Bioshock (même si je ne les ai jamais terminés car je n'ai pas du tout accroché à l'époque) permettaient au joueur de martyriser des sortes de zombies, des êtres finalement fantastiques et totalement déshumanisés. Ici...wow, c'est le malaise, j'ai totalement été stoppé dans mon élan.

Et puis honnêtement, la durée de vie est augmentée de façon plus ou moins artificielle. Des pirouettes scénaristiques (les outils de l'armurier, les 3 failles...) visant simplement à rendre l'expérience plus longue. La quête principale perd de son intérêt, puisque finalement ces "détours" - qui peuvent parfois prendre au moins 2 bonnes heures - ne font que ralentir notre duo dans leur marche vers Comstock.

Quant aux mécaniques...le jeu se veut "novateur", en permettant au joueur de switcher entre pouvoirs et armes à feu. Pourtant, le comportement est assez old school, et si certains pouvoirs font preuve d'une certaine originalité (le grappin <3), ça ne casse pas trois pattes à un canard. On s'apperçoit assez vite que certains pouvoirs ne servent strictement à rien, et que la limitation des deux armes ne dessert pas du tout les affrontements déjà très laborieux (je ne parle pas ici de difficulté).
Au long de mon aventure, je n'ai utilisé grosso modo que 4 pouvoirs, et mes armes de prédilection restent le lance grenades et la carabine. Je n'en change jamais, à moins d'être à cours de munitions, ce qui n'arrive quand même pas trop souvent.

Alors après cela, je ne dis pas que ce jeu est mauvais. C'est une excellente expérience, pleine de bonne volonté. La direction artistique est incroyable, les personnages franchement passionnants même si Elizabeth aurait pu -je pense- être encore plus travaillée.

Un point vient néanmoins sauver totalement le jeu : sa fin. Je dois dire que la dernière phase, celle où l'on marche un peu (pour éviter les spoils) et vivre les dernières révélations sont une véritable bouffée d'air frais, jusqu'à arriver au dénouement final et à la grande révélation (que j'avais devinée, sans imaginer pour autant où elle allait mener). Une conclusion incroyable, aussi brutale que poétique. J'ai pris une petite claque, et pendant plusieurs heures pensé à cette conclusion qui m'a légèrement mis mal à l'aise. Incontestablement, si Bioshock infinite restera dans mes souvenirs, c'est pour sa dernière demi-heure. Tout le reste? Oublié !

Je pense avoir fait ici le tour de ma pensée...à bon entendeur...

PS : J'ai commencé à rédiger cet article il y a quelque jours, et depuis, j'ai écouté les épisodes spéciaux de la caz retro "Flashforward" ou nos compères décrivent leur ressenti à propos de ce jeu. Je dois dire que je partage à 100% ce qu'ils décrivent, et j'en suis heureux.