Depuis quelques jours maintenant, je vis une belle aventure. Je voyage, j'aide les gens en détresse, j'apprends des tours de magie, je combats des monstres gentils. Je rencontre des créatures fantastiques, des fées trop bavardes et des arbres vraiment très sages. Je m'incline devant des rois-chats fantasques, je scrute le coeur des gens pour y trouver les plus belles vertus que je puisse imaginer. Au loin, je sens, certes, une menace diffuse, celle de la sorcière blanche sans doute, qui veut tant m'arrêter. Mais peu importe. Mes pas me guident vers ma destinée: je serai celui qui sauvera le Ni no Kuni... L'Autre monde, comme on dit.

Mon univers, la ville de Motortown, et celui-ci sont intimement liés. Chacun de nous possède son double de l'autre côté du portail que je peux faire apparaître à mon gré. Cela, je l'ai découvert après avoir beaucoup pleuré : ce sont les larmes que j'ai versées suite à la disparition de ma maman qui ont rendu la vie au roi des fées. Il m'accompagne désormais. C'est lui qui m'a donné ce grimoire plein d'incantations qui m'a permis de rejoindre le Ni no Kuni. C'est lui qui m'a expliqué que j'étais le héros au coeur pur que l'Autre monde attendait. Mais, grâce à lui, je nourris également un espoir fou: celui de sauver ma mère. Peut-être mes actes dans le Ni no Kuni permettront-ils de lui rendre la vie...

Evidemment, il faudra pour cela que j'affronte les multiples dangers qui m'attendent, j'en suis conscient. Petit à petit, je m'y prépare. Au fil des combats que je livre, j'apprends à me servir de ma baguette et de la magie. Plus je progresse, plus mes facultés sont nombreuses et puissantes. Je sais déjà manier le feu et la glace, j'ai appris comment soigner mon prochain ou mes alliés. Car j'ai des alliés, bien évidemment. Des amis, bientôt, se joindront à moi. Mais pour l'heure, je progresse avec ces familiers que je puis désormais invoquer. Liés à ma barre de vie, ils peuvent combattre à ma place, à mes côtés. Chacun d'eux possède ses propres capacités, à moi de savoir au mieux les utiliser. C'est une grande responsabilité, car il m'appartient de gérer au mieux les batailles que je dois mener. Invoquer un familier, le rappeler, intervenir moi-même au coeur de ces combats parfois très délicats. Les poussières de vie et de magie que lâchent mes ennemis, je dois me hâter de les ramasser.

Mais ces batailles incessantes ne font qu'interrompre ma découverte de l'Autre monde. D'une ville à l'autre, je parcours de vastes étendues chatoyantes et incroyablement variées. Je remplis des missions que l'on m'a confiées, qui me permettent de garnir de tampons une carte - laquelle, une fois pleine, me permettra d'accéder à des accessoires précieux qui viendront m'aider dans ma quête. Je rends aussi, surtout, l'espoir aux gens que je rencontre. Car là réside la malédiction dont souffre le Ni no Kuni: les forces maléfiques qui ont jeté leur dévolu sur ce royaume ont brisé le coeur de nombre de ses sujets. A moi, et à ma baguette, de trouver un moyen de les réparer.

Alors, j'ouvre grand les yeux partout où je vais. D'autant que la beauté de ce monde m'étreint, m'émeut. J'y découvre ce que j'ai pu lire, à Motortown, dans les livres d'histoire. Un monde qui n'est pas sans rappeler le Moyen Age, avec ses guildes, ses châteaux, mais où la magie a cours partout, tout le temps, même si celle-ci s'estompe depuis que le mal s'étend. Un monde dont la musique, également, n'est que mélodie à mes oreilles. Partout résonnent les orchestrations sublimes, symphoniques du Tokyo Philharmonic Orchestra.

Difficile, le soir, de m'en aller me reposer du sommeil du juste. Je voudrais continuer, et continuer encore. Pourtant, je trouve une auberge, je ferme les yeux. Bien sûr, j'ai pensé à sauvegarder le périple que j'ai déjà effectué. Je sors de la console le dvd, je me rappelle que c'est à Level 5 et au studio Ghibli que je dois ce moment d'évasion à nul autre pareil. Presque un peu déçu de m'en aller retrouver la réalité, mais avec une belle certitude : la nuit prochaine, je serai de nouveau Oliver. Et le Ni no Kuni aura plus que jamais besoin de moi pour être sauvé...