Un, deux, trois... Mickey, Donald et Moi...

Faisons un bref résumé pour ceux qui débarquent en cours de route.
Kingdom Hearts, c'est l'improbable alliance américano-japonaise des
univers Disney et Final Fantasy. Square-Enix, maître du RPG pour bon
nombre de gamers, met en scène le personnage de Sora, 14 ans, qui vit
sur son île avec quelques amis. Pourtant, rien n'est bien rose car les
ténèbres font leur apparition et notre ami se retrouve avec une Keyblade (une grosse clé) entre les mains pour chasser les intrus. Dans son
combat, Sora se fait transporter avec Kairi (son n'amoureuse) et Riku
(son meilleur pote) dans un autre monde où il tente de les retrouver
avec l'aide de Donald et Dingo, bouffons du roi Mickey lui aussi
disparu.

Au final, Sora va visiter plusieurs mondes issus des Disney comme la
Jungle Profonde de Tarzan ou encore le Pays des Merveilles d'Alice,
chasse les ténèbres, sauve les princesses de coeur, affronte un sorcier
diabolique qui voulait ouvrir Kingdom Hearts (le royaume des coeurs qui
offre des pouvoirs de dingue olol), et renvoie Kairi sur son île en
attendant de retrouver Mickey et Riku, enfermés de l'autre côté de la
porte de KH. Bien que le premier épisode fut un petit pétard mouillé
côté scénario (en plus il se finit de manière très brut), l'histoire est bien plus compliqué qu'elle n'est à l'air grâce à de nouveaux
protagonistes qui font leur apparition dans Chain of Memories. Dans cet
opus, Sora est enfermé dans le Manoir Oblivion et se fait manipuler ses
souvenirs par Naminé une jeune sorcière qui est-elle même manipulée par
la mystérieuse Organisation XIII. A la fin, Naminé avoue tout à Sora et
il plonge dans un long sommeil réparateur pour retrouver toute sa
mémoire.  Et voici comment débute Kingdom Hearts II...

My name is Jonas Roxas !

Sora étant en train de faire dodo, on incarne un dénommé Roxas
pendant 6 jours qui profite de la fin des vacances d'été avec ses amis.
Pourtant, il va arriver des choses étranges pendant tout le long:
disparation de photos, apparition de créatures, temps qui se fige,
rencontre avec Naminé et Axel. Bref, j'arrête le spoil. Le temps que
Sora soit complétement rétabli et sa mémoire reconstituée à 100%, on se
fade le blondinet pour renouer avec les commandes de jeu.  Le problème
c'est que pendant ces 2-3 premières heures, le rythme est d'une
leeeeeeenteur affolante.

Bien sûr, on se tape quelques passages de tutoriel indispensable pour les novices mais ça reste en principe des mini-jeux relativement moisis et des cinématiques parfois lourdes et franchement trop nombreuses. Par contre, on va saluer l'effort fait pour nous offrir quelque chose de
plus accrocheur et plus émotionnel côté scénario . La mise en scène,
encore un peu molle  je le répète, est clairement plus appréciable que
Kingdom Hearts premier du nom que ce soit au niveau de la réaction des
personnages ou de la dynamique de la caméra. Et puis ajoutons à ce
tableau une bande son de qualité, des thèmes tristes, épiques, qui
donnent la patate et c'est parfait. Toujours aussi appréciable, les
doublages français divins sont encore au rendez-vous. En plus, on a le
droit à un remake de « Sous l'océan » directement tiré du dessin animé La Petite Sirène. J'aime.

Dynamique bordélique

Maintenant, on peut bouger la caméra avec le stick analogique droit.
Pratique quand on sait que la précédente caméra était à la limite du
désastre avec un plan au ras des fesses ce qui rendait l'exploration et
la découverte de certains coffres assez tendax. Tiens puisqu'on en
parle, y'a plus d'exploration. Les coffres sont visibles à 3 kilomètres, l'aspect plate-forme n'existe plus (remarquez c'est pas une grande
perte) et on se tape tout le long un schéma combat-couloir-cinématique
assez déroutant au début car on a vraiment l'impression que le jeu est
linéaire. Parfois même, c'est rageant de se taper des cinématiques pour
des choses futiles (oui Jack, le père Noël et ces fu***** cadeaux de
Noël à retrouver je vous vise !). A la limite de l'overdose je vous dis.

Sinon pour le gameplay, mis à part le fait qu'on gagne à tous les
coins de rue des compétences et autres boosters, c'est globalement plus
complet. Bien entendu, on se tape un recyclage des magies élémentaires
et invocations comme d'hab. Mais avec les nouveautés comme les Fusions
qui permettent à Sora de devenir surpuissant aux combos dévastateurs (à
base de croix et carré) en passant par les coopérations, c'est vraiment
plus plaisant et ça permet de varier un peu cette jouabilité bourrine de base. Malheureusement, ces nouveautés sont les CAUSES de l'absence de
difficulté dans Kingdom Hearts II parce qu'est il vraiment facile d'en
abuser. Et encore il y'a pire: le vrai coupable, c'est la commande
Réaction qui permet de réaliser avec la touche triangle des actions en
fonction du typed'ennemi. En fait, la plupart tuent instantanément,
Cyclone, Aéro-Lame, et autres idioties pour ne pas les nommer. Le vrai
problème, c'est qu'il n'y aucun timing à respecter. Même si la Réaction
apparait juste au dernier moment à l'écran, on peut facilement
anticiper. Exemple fréquent avec le boss du Colisée où il faut frapper
au bon moment la tête plusieurs fois mais en réalité il suffit de
tapoter la touche tout le long et ça suffit. Y'a même pas de malus pour
une QTE foirée ! A la limite, l'idéal aurait été de proposer différentes touches histoire de ne pas savoir sur laquelle il faut appuyer en
avance. Dommage. Dernière chose, le jeu est à faire en mode Expert sinon le jeu se résume à du X,X,X,X,X,X,X  pendant 25h en ligne droite.
Palpitant n'est-ce-pas ?

Kingdom Hearts II mise toujours son côté BTA  très bourrin. Si le jeu est dynamique à souhait, agréable à
parcourir, spectaculaire (à la limite du ridicule parfois), il a perdu
en difficulté à tel point que le mode Normal se fait les yeux fermés.
Par contre, il est clair que la série a gagné en maturité que ce soit
d'un point de vue technique ou narratif ce qui fait passer le premier
opus pour une antiquité sur ces points là. En plus de ça, la bande son
possède de nombreux thèmes épiques et poignants qui délivrent une
ambiance vraiment particulière. Une bonne pioche si on aime le
train-train couloir-cinématique...

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