Alors que l'on a encore en tête le superbe final de l'année dernière qui pouvait parfaitement faire figure de fin à la série, la saison 5 est déjà terminée. Une saison qui tranche avec sa grande soeur sur bien des niveaux.

L'année dernière la série avait pris un tournant résolument dramatique. On nous montrait un Hank à la dérive qui devait faire face aux conséquences de ses actes passés. Cette saison 5 se veut alors beaucoup plus légère et comique. Hank a repris du poil de la bête, son environnement semble un peu plus stable et son avenir s'éclaircit au niveau professionnel. Karen s'est toutefois mariée à Richard Bates et Becca sort avec Tyler, un jeune homme que Hank va avoir énormément de mal à accepter.

Comme d'habitude dans Californication, cette saison n'est pas avare en personnages secondaires. Avec en tête de liste Samouraï Apocalypse interprété par RZA. Plus présent et consistant que ceux de l'année dernière, le "rapcteur" est toutefois une caution comique plus que dramatique ou même narrative. Il en est de même pour Kali qui rejoins la longue liste des prétendantes dangereuses de Hank. Au fond la série joue toujours plus ou moins sur la même note quand il s'agit des guests. Il manque d'un Lew Ashby (encore présent furtivement cette saison !) qui aurait un réel impact sur Moody et donc sur l'histoire. Rien ne semble avoir d'impact sur notre écrivain d'ailleurs. C'est un peu le soucis principal de cette saison. Contrairement à l'année dernière qui définissait clairement son thème et ses enjeux, les épisodes se suivent et ne semble pas avoir de cohérence. On peut se fâcher dans un épisode et se réconcilier dans le suivant et à aucun moment Hank n'évoluera comme il a pu le faire lors de ses tracas de l'année passée malgré le fait qu'il semble s'être légèrement calmé dans ses excès, surtout sexuels. Nous avons donc affaire à une fournée qui ne sait pas très bien ce qu'elle veut raconter, ni comment. Il manque alors d'un thème fort qui dirigerait l'histoire. On en revient au fameux final de la Saison 4 qui aurait dû conclure la série.

Mais cette saison 5 va tout de même au delà de ce simple manque d'intéret scénaristique. Il faut déjà parler de Tyler qui est aussi bien un personnage qu'une métaphore bien lourdingue. Pourtant le jeune homme va réveiller quelque chose en Moody, sa peur de vieillir, de devenir ringard face à une nouvelle génération d'auteurs mais aussi son instinct paternel et protecteur envers sa fille. Tyler n'est donc pas particulièrement profond en lui-même, mais il a au moins le mérite d'être le seul à faire trembler Hank sur ses bases. 

L'autre point fort de cette saison est le retour à une ambiance plus old school. On retrouve quelques accents des premières saisons, avec certes moins de folie mais toujours autant de talent dans l'écriture. C'est formidablement bien joué et souvent drôle. On se retrouve alors avec des épisodes parfois moyens mais toujours très divertissants. Bien sûr Californication a toujours été un peu plus qu'une comédie, mais on peut se satisfaire aussi d'une saison plus simple et légère. D'autant que certains épisodes sont de vrais merveilles et très émouvants. Comme ce dialogue entre Karen et Hank après un repas qui a mal tourné qui montre que Moody vit toujours dans l'idéalisation de sa relation passée avec sa "baby mama" et que pour avancer il faudra peut être faire une croix dessus. Il semble pourtant que l'espoir d'une réconciliation soit le dernier moteur de l'écrivain fatigué. De même l'épisode flashback est une petite merveille de réalisation et d'émotion qui touche en plein coeur et qui rajoute encore un peu à l'épaisseur du personnage principal. Pris un à un, les épisodes sont donc de grande qualité, c'est la cohésion de l'ensemble qui laisse à désirer.

Au niveau de Charlie s'est aussi un peu plat, malgré sa relation avec Lizzie, la nounou de son fils qui est en fait une adepte de la promotion canapé. Il en est de même pour Marcy et Stu qui tout en offrant de très bonnes scènes, n'ont pas d'arc narratif personnels et c'est bien dommage. Cali' reste encore très Moody-centrique mais comment bouder son plaisir devant ce formidable personnage. On peut par contre légitimement pester devant l'épisode final, complètement raté, bouclant sans ménagement ni talent les différentes intrigues de la saison et se terminant sur un faux cliffhanger inintéressant. Encore une fois c'est au niveau scénaristique que cette saison chute.

Cette saison 5 de Californication est donc loin d'être mauvaise. Elle manque juste d'un véritable intérêt scénaristique et d'une direction dans son intrigue. Toujours drôle bien que de moins en moins déjantée, la série offre quand même quelques superbes épisodes et d'autres très divertissants. On regrette quand même de voir que Hank stagne un peu, que la profondeur de la saison 4 a disparu et que les seconds rôles sont toujours en retrait. On ne m'enlèvera pas de l'idée que le show aurait dû se terminer l'an passé, mais en l'état, cette cinquième année en compagnie de la bande de L.A aura été agréable et légère sans être inoubliable.