Attention c'est un bilan donc ça spoil un peu mais bon, y'a t il vraiment de quoi spoiler Community ?

Voilà donc une deuxième année qui se termine pour le groupe d'étude de Greendale. Après une superbe première année qui avait mis sur le devant de la scène une nouvelle comédie de grande qualité, la deuxième fournée se devait d'être au même niveau. Ne faisons pas de chichis, le pari est plutôt réussi puisque dans l'ensemble sans être aussi parfaite que la première, cette saison 2 offre quelques grands moments mais aussi des déceptions. Retour donc sur une riche année.

La saison commence là où la première s'était arrêtée. Il faut avouer que plus que n'importe quelle comédie, Community ne place pas les storylines générales et individuelles au centre du jeu. Pourtant Britta avait avoué son amour à Jeff qui lui se sentait plus attiré par Annie. Sauf que les scénaristes de la série, ça les gonfle de faire des pseudo histoires d'amour vues un milliard de fois et sans intérêt. Laissons ça aux sitcom. Très vite donc, les "enjeux" de la saison passée sont balayer pour revenir à ce que le show fait le mieux c'est à dire faire rire avec des stand-alone. Pas d'évolution majeure donc dans la forme même si un élément du passé a pris toute son importance en cette saison 2. En effet, la grande force de Community ce sont ses personnages. Certains diront qu'ils sont tous réussis tandis que je pencherais pour un "ils sont majoritairement réussis". Bien conscients de cette forces, les plumes de la série prennent les personnages et les considèrent comme de la pâte à modeler. Les personnalités s'effacent souvent au besoin d'un épisode ou deux, les caractères s'apaississent et Abed que j'avais trouvé si fade l'année dernière prend enfin tout son intérêt. Il est celui qui en plus de balancer des références faciles, transporte ses amis au moyen de ses personnalités multiples et son goût pour le fictif. Le point d'orge étant le formidable épisode de Noël, magnifique et fantastiquement pensé. Car au niveau de l'imagination, Dan Harmon est toujours au top. Et surtout au top de ce qui se fait niveau comédie en ce moment. Les personnages ne sont donc pas confinés dans des rôles précis grâce à des personnalités caricaturales mais pas envahissantes et même la timide Annie peut se transformer en terrible cow-girl à la gachette facile. Pas de syndrome de Sheldon à l'horizon donc.

Partant de ce constat, Pierce et Britta sont donc probablement les deux personnages les plus faibles de la saison prenant la place de Shirley et Abed. La série a aussi donner un nouveau rôle à Chang toujours avec l'intelligence de ne pas en faire trop. Il est toujours plutôt rare mais au moins on savoure chacune de ses apparitions et on ne se lassera pas trop vite. En somme Community évite tous les écueils que la comédie agite constemment et dans lesquels beaucoup de séries tombent.

Je parlais de Stand-Alone plus haut. En effet, ce n'est pas ici qu'il faut chercher une véritable continuité. La force du show réside dans sa capacité à créer des histoires originales. On sera donc passé d'une simulation spatiale qui tourne mal, à un Halloween dément en passant par une campagne anti-drogue étonnante. Le point d'orgue étant pour moi l'épisode hommage à Pulp Fiction qui a littérallement fait jouir le fan de Tarantino en moi. Alors oui il y'a des ratés, le plus marquant étant à mon goût l'épisode consacré à Fat Niel et sa passion pour les jeux de rôle que j'ai trouvé très gênant, plein de moquerie et assez caricaturale. Beaucoup ne sont pas de mon avis cependant. Mais soyons honnête, à part un tout petit coup de mou au troisième quart de l'année, la série reste au top niveau et nous a livré des histoires folles et hilarantes. Jusqu'à cette semaine et la semaine dernière. Le point final, THE Finale. Un pari fou mais relevé avec succès. Les scénaristes ont en effet eu les cacahuètes de retenter le coup du paintball en y allant bigger, better more badass. Et ils ont réussi ! 

Je tenais vraiment à faire un petit paragraphe spécial pour le double épisode final de la saison qui remet notre groupe d'étude au centre d'une bataille de Paintball sans pitié. Bourré de références, hilarant, bien écrit, on tient là le doublé parfait. Quand le premier joue la carte western classique, le second tente l'hommage appuyé à Star Wars. Dans les deux cas c'est réussi, grisant même. Et comme le dit Abed faisant référence à sa propre série "il ne faut pas faire de suite, les suites c'est toujours mauvais". Et bien pas là. Pourtant le Mordern Warfare de l'année dernière était un sommet de comédie mais ici l'inventivité n'a pas de limite et c'est le principe même et l'approche que Dan Harmon a voulu pour sa série qui démontre sa perfection. Greendale est peuplé de gens normaux (plus ou moins), avec des règles normales et plausibles dans notre monde mais qui reste tout à fait sujet à des délires et des évènements incroyables. Mettre des limites au réalisme permet de faire se passer tout et n'importe quoi à Greendale. La possibilité d'histoires est donc immense.

Voilà donc une deuxième année de terminée pour Community. Une année réussie, aussi bonne que la première avec en prime des personnages plus hybrides et un ton plus affirmé. Un bonheur qui montre que les sitcom commence à sérieusement vieillir avec l'arrivée d'une troupe de comédies tournées en extérieure de grande qualité. Si vous ne vous y êtes pas encore mis, commencez Community vous ne le regretterez pas !