On continue dans la lancée des bilans avec cette fois le résumé de l'année de Lordstark. Une des plumes régulières du Coin revient sur les séries qu'il a aimé ou pas. De quoi peut être vous donner des pistes pour remplir vos longues soirées d'été. Un article sur le sujet devrait d'ailleurs arriver.

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 Doctor Who.

Tôt cette année, nous sommes entrés dans la sixième année du reboot de Doctor Who, toujours en compagnie de Steven Moffat, Matt Smith, Karen Gilliam et Arthur Darvill, ponctué d'Alex Kingston. Autant le dire d'emblée, c'est ma série préférée et cette saison a été magnifique. 

Beaucoup arguent que la série a perdu de son kitsch et de son mordant quand David Tennant a passé la main mais la photographie léchée, les intrigues savamment construites ou encore les parfaits jeux d'acteurs viennent le démentir. Je suis fan de David Tennant, j'adore Matt Smith mais par dessus-tout, je suis amoureux de Karen Gilliam. Bon, passons à quelque chose de plus construit et un peu moins subjectif.

Cette saison s'ouvre sur un double épisode parfaitement maîtrisé et une révélation choquante: la mort du Docteur approche. Le suspense marche très bien, même si le renouvellement de la série était déjà connue. A partir de The Impossible Astronaut (6.01) se développe un fil rouge beaucoup plus tenu que les quatre premières saisons, reconnectant beaucoup d'éléments avec la saison cinq. Même si la conclusion a pu décevoir certains, elle est tout de même rondement menée et exploite parfaitement les liens crées entre les personnages et les conséquences que chacun a eu sur l'autre, en particulier le Docteur sur Amy.

Cependant, quelques petits nuages. Le double épisode The Rebel Flesh-The Almost People (6.05-6.06) apparaît scénaristiquement moyen quand il est programmé entre l'excellent Doctor's Wife (6.04) et la fin de la première partie de saison A Good Man Goes To War (6.07). Par ailleurs, ce découpage frustre mais apporte une certaine continuité avec l'épisode de Noël (The Doctor, The Widow and the Wardrobe), sympathique.

Mais par dessus-tout, la saison six sera celle des compagnons du docteur. Avec Alex Kingston au casting régulier, on ne peut que se réjouir. Son personnage est magnifiquement écrit, et offre un peu de résistance au docteur, ce qui est étrangement jouissif. Elle éclaire chacun de ses passages. Et puis, il y aura Amy et Rory, dont l'amour n'est plus remis en doute ni par l'un ni par l'autre mais tout de même testé dans The Girl Who Waited (6.10), remettant les pendules à l'heure avec l'histoire du soldat romain. Un nouveau compagnon sera présent l'an prochain, après une tournée d'adieux à nos deux écossais. Et j'en suis triste d'avance.

Avec cette saison intervenue tôt dans l'année, Doctor Who réussit à captiver. Elle nous offre une très bonne fournée avec un ou deux temps morts qui n'entâche en rien le visionnage du reste. Certains épisodes resteront comme des exemples de parfaite construction et maîtrise de la mythologie de la série. Avec les 50 ans de la série approchant, il semblerait que les scénaristes nous préparent quelque chose de gros, de très gros. J'ai hâte !!

How I Met Your Mother

Cela fait trois saisons qu'HIMYM ne m'excitait plus vraiment. Elle me faisait rire à de rares occasions et je la suivais plus par habitude et dévouement que pour autre chose. Et puis arrive la saison sept. Très contestée, souvent détestée, mon avis est totalement contraire.

C'est un sentiment peu partagée et propice à conflits. Cette saison est celle de la maturité pour les personnages, notamment Barney. Après avoir retrouvé son père, il éclaire un peu plus son chemin amoureux et permet alors d'y voir plus clair et d'évoluer. Toutes ses combines pour avoir une fille commençait à sérieusement me lasser et même lui n'arrivait plus à me faire rire. Mais là, il véhicule du rire et de l'émotion (on se souviendra de la scène où il devait retrouver Robin). 

Pour Ted, c'est légèrement différent. Il n'a jamais été la caution rire de la série mais parvient de temps en temps à prendre le pas et sortir de drôle de gag. Mais cette saison est celle de "closure", du regard sur le passé pour bien mieux avancer. C'est très maladroit et faible parfois mais termine bien des histoires laissés en suspens (The Slutty Pumpkin par exemple). Avec Victoria, c'était déjà amorcé en début de saison et on pensait en avoir terminé. Elle m'a toujours paru être une bonne candidate au rôle de la mother mais. Mais cette fin de saison ne m'a pas comblé pleinement, j'aurai aimé enfin la connaître, avoir le "and kids, this is how i met your mother" tant attendu. Ce n'est pas le cas et c'est dommage. 

Il n'empêche que les scénaristes auront réussi beaucoup de choses durant cette saison: le rire, les gags, l'isolement banlieusard de Marshall et Lily, Robin parfois. Oui, Robin a eu quelques petits moments de gloire mais ce ne sera jamais assez à mon goût. Pourquoi les scénaristes s'évertuent à ne lui donner que deux lignes de running gag dans chaque épisode alors que Colbie Smulders vaut beaucoup mieux ? Je ne sais pas et ça m'énerve. Le twist final nous laisse présager plus de temps d'antenne l'an prochain mais serait-ce une bonne chose si cela passe par un mariage avec Barney ? Je n'en suis pas sûr. 

Et puis, il y a Marshall et Lily. Les scénaristes ont très bien réussis le virage du bébé, de la grossesse, du déménagement provisoire en banlieue. Alors que je pensais qu'ils étaient les boulets de la série les saisons précédents, ici, ils sont le moteur comique et souvent scénaristique. Jason Segel et Alyson Hannigan ont une alchimie parfaite et resteront à coup sûr comme l'un des couples phares des années 2000.

Plutôt bonne saison dans l'ensemble, bien meilleure que les précédents, loin des trois premières mais ce n'est pas grave. Désormais, il faut prendre HIMYM non plus pour ce qu'elle était (une comédie innovante) mais pour ce qu'elle est (une dramédie qui divise). Certains ne résistent pas à l'évolution et c'est compréhensible. J'y arrive, même si le champ des possibilités niveau comédie s'est terriblement accrue ces dernières années (Community, Modern Family, Raising Hope, New Girl). Je reviendrais l'an prochain avec plaisir, là où je quitte les geeks de Pasadena.

Fringe

Fringe est une série difficile à critiquer. Il y a toujours cette petite chose que l'on ne prend pas en compte et qui revient trois épisodes après hanter la série. Mais on peut s'en faire un avis global.

La saison quatre est dans l'ensemble bonne. Pas autant que la trois, qui était une d'une qualité exceptionnelle. Mais tout de même, ses fils rouges ont été bien menés. Cependant, en milieu de saison, il a fallut emprunter des détours pas forcément essentiels, ce qui a nuit quelque peu à la cohésion d'ensemble. A côté de cela, la réecriture de la timeline a permis aux auteurs de s'amuser avec toute la mythologie construite dans les saisons précédents et donc de permettre au spectateur un jeu de piste assez amusant. Beaucoup de ces épisodes étaient bien écrits, notamment ceux qui s'attardent sur l'autre univers. J'aimais bien l'Olivia alternative et la construction de sa relation avec Lincoln Lee, personnage essentiel de la saison mais parfois très mal exploité.

Mis à part Broyles qui m'indiffère, les personnages s'en sortent très bien avec une mention spéciale pour Nina qui prend un peu plus d'ampleur et de profondeur mais surtout Astrid, fortement sous-exploitée mais qui illumine chaque scène où elle a l'occasion de briller. Le cliff du 4.21 a d'ailleurs été assez fort pour que je doute du résultat et que j'ai peur qu'on ne la revoit plus. 

Pour finir, ces intrigues, au demeurant intéressantes et bien construites, ont peiné à prendre l'important qu'elles devaient dans le final, David Robert Jones n'étant qu'une marionnette est une déception. Et puis William Bell en grand méchant, ça se prépare, ça ne se balance pas à 40 minutes de la fin de la saison.
Mais cette saison 5 accordée sur le fil du rasoir promet une intrigue d'ampleur avec les Observers qui paraissent bien plus inquiétants qu'ils ne le sont déjà. Les pistes concernant Etta ne laissent pas présager que du bon mais pourquoi pas, à voir.

 

The Big Bang Theory

A vrai dire, je n'ai pas grand chose à dire dessus. Cette saison, comme la précedente mais avec un sentiment encore plus fort, m'ennuie. Elle est mauvaise et ne m'a fait rire qu'à un seul épisode, celui ou Leonard et Penny se remettent ensemble tellement c'est risible.

Pourtant, TBBT a des atouts de taille cette saison: Sheldon, Amy et les fulgurances de Bernadette, rare. Mais elle ne les exploite pas ou peu comme il faut. Et Penny qui autrefois me faisait rire ne sert plus à rien si ce n'est un faire-valoir à Amy.

Non, vraiment, je n'ai rien à dire si ce n'est que cette série ne m'intéresse plus et que le season finale, bien que sympathique, sera mon dernier épisode. Je préfère partir avant que cela ne devienne une véritable corvée.

Once Upon A Time

Nouveauté de la rentrée 2011, Once Upon A Time s'est rapidement imposé comme LA nouveauté. Certes, il y a eu New Girl et bien d'autres mais OUAT est celle dont on n'attendait rien, que l'on pensait être un flop retentissant. Il faut dire que le sujet est casse-gueule: les contes de fées existent et ils sont dans notre réalité, piégés par Evil Queen.

Là où la série a su surprendre, c'est par son casting: Jennifer Morrisson, Lana Parilla, Sebastian Stan, Robert Carlyle et tant de guests adeptes du petit écran. C'est la grande force surtout lorsque les épisodes ne sont pas à la hauteur. Des acteurs éclectiques mais complémentaires et assumant leur rôle à la perfection. Mais elle ne surprend pas par sa construction narrative quand on sait que les créateurs de Lost sont derrière tout cela. Il faut alors trouver l'intérêt dans l'adaptation tant dans Fairytale Land que dans la réalité de Storybrooke. Même si certains passages ne décollent pas et restent assez superficiels dans la psychologie des personnages (Jiminy Cricket, Cendrillon), d'autres permettent d'approfondir le conte dont il est issu. Et puis la bonne idée est de tous les rattacher les uns aux autres, légitimant alors ce monde parallèle dont ils sont issus. Seul Wonderland est un raté pas possible malgré un potentiel énorme. Peut-être sera t-il un peu plus creusé en saison 2.

Une bonne surprise qu'est Once Upon A Time alors. Comme toute nouveauté, elle a ses défauts, notamment au niveau de la technique. Mais cela n'altère pas la qualité de certaines histoires, très intéressantes, et les cliff, souvent surprenants. Le final laisse présager une refonte totale de l'action, une prise de risque telle que celle-ci est très excitante pour une série d'ABC.