On aime tous House ! Il nous a tous fait rire, vibrer ou même donner envie de le tuer. Il nous en fallait donc beaucoup pour en arriver à souhaiter son départ du petit écran, surtout après une excellente saison 6 qui se finissait magistralement. Et pourtant tout arrive, et cette saison 7 bourrée de défauts inhérents à l'âge du show nous fait dire que finalement il est temps que le cultissime Docteur atteigne l'épilogue de ses aventures.

Pourtant cette nouvelle année s'annonçait prometteuse. L'année dernière la parade nuptiale entre House et Cuddy trouvait enfin une conclusion heureuse et la relation qu'entamaient les deux médecins aurait pu offrir quelques bons moments. Malheureusement, à part en de rares occasions, cette aventure amoureuse ne tient pas ses promesses car peu ou mal exposée. Bien sûr qu'House en couple se devait de fait des étincelles, mais les scénaristes ont mit un point d'honneur à ce que tout se passe mal tout le temps. Et finalement, l'idylle prend fin en mileu de saison sans laisser de souvenirs impérissables. Le bon côté c'est que cette rupture offre une deuxième moitié de saison plus réjouissante car plus noire puisqu'il est évident que House la vit très mal. L'occasion d'étoffer encore le personnage et de lui faire atteindre le fond du trou qui le guettait depuis longtemps.

Dans l'ensemble d'ailleurs cette septième année est beaucoup plus noire que la précèdente. Rien que la photographie se fait plus lourde et plus oppressante comme si la chute du héros était inévitable. Car c'est finalement tout le propos de la saison, même heureux House finit toujours par redevenir l'impayable pessimiste malheureux qu'il a toujours été. Le bonheur ne trouve jamais une place où se fixer entre ses blessures et son caractère de cochon. House aime Cuddy, Cuddy aime House, mais tout cela est impossible car l'amour mutuel implique une relation stable et heureuse et House ne peut pas être heureux. Dans son atmosphère, son ambiance, la saison est pleine de qualité et rappel qu'une des qualités de la série est de se remettre en question à chaque saison.

Pourtant le constat est mitigé. Contradictoire n'est-ce pas ? Pas vraiment, car si le fond est plutôt bon, c'est la forme qui commence à terriblement s'essoufler. Le show a sept ans. Tout simplement. Et quand des séries de même durée (42 minutes) s'en sortent mieux grâce à leur format souvent de 13 épisodes, House M.D tourne à 22 fournées par an. D'une même longueur le processus créatif en sort pourtant complètement changé. Car toutes les séries marchent sur une structure définie qui se repète de saison en saison. Prenez The Shield ou Breaking Bad, des 42 minutes de 13 épisodes, leur squelette est dessiné par saison. Chaque saison il y'a un grand méchant ou un gros bonnet de la drogue et des histoires en parallèle. C'est toujours la même suite mais avec des cartes différentes. Seulement pour tenir un rythme de 22 scripts par an, on ne peut pas se baser sur une structure développée sur la saison, elle se fait donc par épisode. Et c'est là que le bât blesse. Car dans ce cas de figure les ficelles se font encore plus voyantes et les patterns de House sont de l'ordre du "Cas étrange-discussion philosphique avec le patient-diagnostique erroné-aggravation du cas-équipe de House qui cherche pour rien-House qui s'en fout-House qui trébuche sur une banane et qui trouve la solution par magie-patient qui gérit". J'espère que cette abominable et trop longue explication m'a tout de même permis de me faire comprendre. La répétion laisse donc place à la lassitude car en plus cette saison elle est basée sur la surpuissance et la quasi omniscience de House. Si le fond est donc plutôt bon, la forme n'est pas excitante et beaucoup trop redondante.

Reste les qualités principales de la série. L'écriture toujours parfaite, la drôlerie du personnage qui fait encore mouche et une équipe de médecins et des personnages secondaires qu'on apprécie surtout après sept années. Les scénaristes ont d'ailleurs tenté de greffer un nouvel élèment à tout cela avec Masters. Si au départ la très jeune interne est énervante car manichéenne, elle s'étoffe au fur et à mesure pour devenir vraiment intéressante. Mais elle est virée comme une malpropre pour laisse sa place au retour de Thirteen, la reine des abeilles, un élèment dont on sait qu'il marche et qu'il plait. Revoir Olivia Wilde avec son excellent personnage est un bonheur, mais le constat d'échec qui ressort de la disparition de Masters laisse comprendre que la série ne peut pas après sept ans vraiment se renouveller les habitudes étant trop fortes et trop ancrées.

Dans l'ensemble l'efficacité de la série est toujours assez redoudable et elle se permet même d'offrir de vraies pépites comme l'épisode 22 (After Hours) qui rappel que dramatiquement aussi le show est une pointure. Malgré tout cela, il est temps d'en finir. D'autant que le personnage de House lui-même touche à la fin de sa quête de soi et que Lisa Cuddy disparait sans véritable éclat. Elle va beaucoup manquer même si la fin de la saison laisse comprendre que malgré tout, son départ permet à House de se reconstruire. Il est quand même évident qu'avec tout ce qu'il s'est passé dans les coulisses, la 8ème année en Septembre sera la dernière. Et heureusement, pour partir avec panache.