Une autre série s'est arrêtée la semaine dernière pour partir en vacances quelques mois. The Big Bang Theory a donc conclus sa 4ème saison. L'occasion de revenir un peu sur une année bien décevante et bien loin de la flamboyante sitcom des débuts.

Tout d'abord cette année fut celle des changements. Les personnages présentés dans la saison 3 prennent de l'importance et s'incorpore peu à peu au groupe. Si la greffe ne prend pas totalement pendant une moitié de saison, la deuxième arrive à leur donner un rôle plus défini pour dans les dernières semaines, changer complètement la structure de la série et éclater le groupe originel en couples de 2 ou 3 personnes. Amy, Berndatte ou Prya sont donc plus ou moins réussies puisque si Amy finie par totalement convaincre, Prya elle n'a pas trouvé sa place et sa relation avec Leonard n'est pas du tout intéressante. C'est un peu le fléau de certaines sitcom d'ailleurs. N'ayant pas un personnage principal assez charismatique et surtout ayant un second rôle absolument magnifique et trop pesant, on donne au premier une relation amoureuse histoire de lui donner de quoi exister. Et pour l'instant ça ne marche pas. 

Car encore cette saison, le roi de The Big Bang Theory c'est Sheldon. C'est Sheldon car le personnage est encore le plus drôle même si certains points de son rôle ont changé, je trouve, en mal et c'est surtout celui qui est le plus mis en avant par les scénaristes bien conscients d'avoir un materiel comique éblouissant. Son rôle a un peu changé donc. Ou alors changer n'est peut être pas le mot. Son rôle a dévié plutôt. C'est mieux. Alors que pendant trois saisons le personnage tirait sa force de son décalage avec le reste du groupe, devenant ainsi marginal, cette saison il impose beaucoup plus sa différence, tel un despote ce qui change pas mal la donne et le rend plus redondant. Certains épisodes lui redonne d'ailleurs sa place d'origine et on peut constater alors que c'est celle qui lui va le mieux. Reste ses défauts majeurs qui ne sont pas encore trop graves mais qui le deviendront probablement bientôt c'est à dire la prison incassable que représente cette personnalité étriquée n'offrant à Sheldon quasiment aucune possibilité d'évolution comme peut par exemple le vivre Barney sur une série de la même chaine. De temps en temps Amy a tenté de se rapprocher de lui, sans succès car ça ne prend pas, le résultat est bizare, gênant. Même le spectateur devient donc complice d'un personnage qui ne peut pas s'étoffer.

Cette saison comporte par ailleurs quelques gros défauts qui font que sa qualité globale est médiocre. L'humour déjà. La série est de moins en moins drôle justement à cause du défaut cité plus haut qui est une caractéristique commune à toutes les séries Chuck Lorre. Les protagonistes n'évoluent pas, les situations non plus donc. Sans compter que l'esprit geek qui faisait l'originalité des débuts disparait peu à peu tandis que quand il revient il offre le meilleur épisode de l'année (Sheldon et le Hack de son compte WoW). Petit à petit, The Big Bang Theory devient donc une sitcom de plus en plus classique, de plus en plus banale avec tout ce que le genre comporte de gags lourds, de ficelles apparentes et de médiocrité scénaristique. Entendons nous bien, on rit encore pas mal, moins, mais pas mal mais on ne le fait plus pour les mêmes raisons, plus aussi bien qu'avant. On rit comme devant un théâtre filmé et un vaudeville. En moins intelligent.

Car scénaristiquement c'est le vide complet. Entre un Leonard qui vit une relation inintéressante avec la soeur de Raj et un Howard qui se marie avec Berndatte, rien n'est original et rien n'est bien amené. Aucune de ces arcs narratifs ne trouvent d'ailleurs une conclusion cette saison car le final a le bon goût de terminer n'importe comment après une destruction en bonne et due forme de tous les points positifs abordés en fin de saison. Car la série avait enclenché un vrai changement dans sa structure et nous a même fait miroiter un changement de colocataire pour Sheldon. Et au final rien n'arrive, le groupe de départ se reforme oubliant les autres qui avaient apporté de la fraicheur et ce n'est pas la pseudo relation entre Penny et Raj qui donne envie de revenir l'année prochaine. Il y'avait de quoi remonter le niveau, les scénaristes et leur manque de courage l'ont détruit en 21 minutes.

Sans être pleinement catastrophique, cette quatrème saison de TBBT est donc décevante sur bien des points. Moins drôle, redondante et manquant considérablement de cojones scénaristiquement, on passe l'année à Pasadena sans déplaisir mais sans avoir l'impression de voir un show qui nous ressemble et qui change. Une sitcom ultra classique en somme. Et on ne termine même pas l'année avec l'envie de revenir.