La semaine dernière, c'était la fin de Chuck, après cinq ans de bons et loyaux services. Chuck n'est peut-être pas aussi connue que d'autres productions HBO ou autres, mais elle a eu le mérite de proposer une série plutôt divertissante tout en tentant sa percée dans la vague de séries nerds et geeks de ces dernières années. Mais plus que ça, Chuck, c'est aussi la transformation d'un post-ado dans la vie réelle et le met devant ces responsabilités.

Après ces cinq saisons, une chose est sûre: Chuck n'aura jamais été une grande série, tout simplement parce que ce n'était pas son but. L'histoire de Chuck est celui d'un nerd travaillant dans un magasin d'électronique, le Buy More, et qui se retrouve avec un ordinateur dans la tête, l'Intersect. La CIA et le FBI envoie leurs meilleurs agents pour le récupérer, puis pour le protéger tout en construisant une couverture: Sarah Walker sera serveuse dans un fast-food et John Casey sera à ses côtés au Buy More. A travers les épisodes, Chuck découvre que l'Intersect lui permet de flasher sur des objets et des personnes et d'avoir accès instantanément aux dossiers des services secrets. Evidemment, des organisations diaboliques essayeront de lui mettre le grappin dessus, que ce soit le Fulcruym, l'Alliance ou Wolkoff Industries.

Saison après saison, les scénaristes tentent d'instaurer de la nouveauté, et à la troisième saison, l'Intersect évolue en version 2.0, à coups de punchlines références ("I know the Kung-Fu!"). L'Intersect permet alors à Chuck d'apprendre cette fois en un clin d'oeil des techniques de combats, le pilotage d'hélicopètre, le désamorçage d'une bombe ou une danse locale pour passer inaperçu. Cela relance l'intérêt de la série. Evidemment, les relations entre les personnages sont légion et celle entre Chuck et Sarah finira évidemment par aboutir, jusqu'à ce qu'ils se marient dans la saison 4 et se disent oui pour toujours.

Je dois dire qu'après avoir fini la saison 4, je n'avais qu'une envie, c'était que la série se termine. La saison 4 n'était pas franchement palpitante, malgré la présence d'un Timothy Dalton haut en couleur et d'une Linda Hamilton pour la mère de Chuck. La série ne parvient pas à garder un minimum d'intérêt et s'essouffle très rapidement en mélangeant des épisodes sympathiques avec d'autres beaucoup moins. La saison 5 était la dernière ligne droite, le baroud d'honneur accordé à la série qui lui permettait de conclure son histoire avec ces 13 derniers épisodes. La saison 5 est principalement centré sur la relation entre Chuck et Sarah. Pas de gros véritables fils rouges, seulement des arcs scénaristiques avec un méchant en face pour pouvoir garder un semblant d'intérêt.

Fort heureusement, les scénaristes se sont retroussés les manches et on permis de faire un joyeux best-of de la série tout entière en gardant ce qui a marché. Les guest stars, comme d'habitude, sont légion: Mark Hammil, Carrie-Anne Moss (Trinity de Matrix), le retour de Brandon Routh (Scott Pilgrim, Superman Returns), Richard Burgi (le sentinel de The Sentinel) ou encore Linda Hamilton (LA Sarah Connor). La série a toujours été généreuse en guest stars lors des saisons, comme avec Kristin Kreuk, Scott Bakula, Rachel Bilson, Christopher Lloyd et bien d'autres, et cette saison 5 ne fait pas dans la dentelle. Chaque personnage trouve sa conclusion, Adam Baldwin toujours aussi génial en Casey fera esquisser un dernier sourire lors de ses adieux avec Chuck et sa relation avec sa fille prendra une jolie tournure, tout comme Morgan, l'ami de toujours pour Chuck, qui aura l'occasion de faire ses preuves avec l'Intersect dans la tête. Même Jeff aura son mot à dire lorsqu'il deviendra subitement intelligent et cherchera à découvrir ce qui se cache au Buy More. Les épisodes font souvent avancer les relations, et le fait de ne pas placer d'organisation machiavélique mais seulement des criminels de temps à autre permet de ne pas s'ennuyer tout en prenant le temps de développer les histoires. Et c'est une bonne chose.

L'épisode finale, quand à lui, sera un vrai retour en arrière afin de constater tout ce qui a été accompli, à travers un twist scénaristique plutôt intéressant, qui permet de ne pas forcément finir avec un gros happy end bien mielleux. Sarah a perdu toute sa mémoire suite à l'utilisation d'un Intersect défectueux, et ne se souvient plus de Chuck, ainsi que de ses sentiments pour lui. Alors que jusqu'à la fin on était persuadé que Chuck allait trouver une solution pour que Sarah retrouve ses souvenirs, le final surprend et la Sarah que l'on a connu est définitivement partie, tandis que celle-ci se contente d'être une espionne sans pitié. Malgré tout, Sarah essaye de comprendre son lien avec Chuck et a des sentiments de déja-vu qui lui reviennent. La dernière scène sur la plage entre les deux personnages sera la plus représentative de la série, grâce à une phrase joliment tournée de Sarah, "Chuck, tell me our story". Grâce à ça, Chuck retraçe sa vie pour celle qu'il aime, tout ce qu'il a traversé. Et c'est à ce moment qu'on se rend compte qu'au final, Chuck est un personnage qui a évoluait discrètement mais sûrement, sans que l'on s'en aperçoive. D'un nerd enfermé dans sa bulle, il est devenu en cinq années un personnage sûr de lui, fier de ce qu'il est devenu, et surtout face à de véritables responsabilités d'adulte. Sans renier ce qu'il était hier et sans jeter ses passions, Chuck a su grandir tout en gardant ses amis et sa famille autour de lui et a affronté ces épreuves pour devenir l'espion qu'il voulait devenir, mais surtout l'homme qu'il ne pensait pas devenir. Un homme marié à la femme de sa vie, qui est obligé de reconquérir le coeur de sa belle au risque qu'elle ne l'aime plus. On suppose fortement que Sarah ne redeviendra jamais comme avant, mais que les souvenirs qu'elle va se créer à partir de la fin seront au moins aussi heureux que durant ces cinq dernières années.

Chuck aura été une série plus subtile qu'il n'y paraît, qui raconte l'histoire d'un geek face à ses responsabilités d'adulte. Une série complètement décalé qui n'aura jamais a délivrer d'enjeux dramatiques tout simplement parce que n'est pas son but. Une série ancré dans l'ère du temps, qui parle à toutes les générations et se contentera de divertir au maximum tout en essayant de distiller de petites choses de temps à autre, qui nous sauteront au visage seulement à la fin.
Game over, Chuck.

Article rédigé par Cronos.