Jesse dépose Mike et Gus dans un hôpital de fortune pour que les deux malfrats se fassent soigner. Mike ayant besoin de repos, Jesse n'est finalement accompagné que de Gus sur le chemin du retour et le big boss en profite pour faire comprendre à Pinkman qu'il va reprendre la succèssion de Walt. De son côté, Skyler tente désespérement de faire entendre raison à Ted qui refuse son argent et de payer le fisc. Elle décidera donc d'utiliser les grands moyens. Puis s'enchainera une descente aux enfers générale, rapide et terrible.

D'habitude, lorsque je regarde un épisode d'une série que je critique sur le Coin j'attends une heure ou deux avant de me mettre à la rédaction du plan de l'article. Mais cette fois je suis trop excité, trop enthousiaste, trop impressionné pour attendre et même pour structurer ma critique. Je risque de partir un peu dans tous les sens mais au moins je peux vous assurer que ce sera écrit avec passion.

Après l'incroyable épisode de la semaine dernière on pouvait sentir que la fin de la saison se préparait à petits pas. On ne pouvait toutefois pas se douter que tout exploserait cette semaine. Plus qu'un grand épisode ou plutôt un immense épisode, la fournée de cette semaine est le tampon éternel du génie des scénaristes de la série et la confirmation que cette saison aura finalement été une réussite absolue. Tous les défauts qu'on avait pu reprocher au début de saison comme des personnages trop mouvants, une intrigue qui se perd et même la storyline de Skyler et Ted sans intérêt, tout, absolument tout prend son sens et nous explose au visage cette semaine. Il n'y a pas de mots pour décrire la maitrise absolu de la narration de Vince Gilligan.

La fameuse storyline de Skyler et Ted qui semblait si inutile et superflue se termine donc cette semaine d'une manière peut être un peu bâclée et même ridicule. Mais ce qui était important n'était pas les longues discussions et la menace que représentait le refus de Ted. Le vrai problème c'est la démarche initiale de Skyler qui risque de coûter la vie à sa famille. Voir le machiavélisme du puzzle mis en place par Gilligan prendre sa forme finale est plus que réjouissant, on est à la limite de l'orgasme télévisuel et scénaristique et il était impossible de s'attendre à un tel dénouement.

Cet épisode est aussi l'occasion de découvrir une autre facette de Gus. Gus qui reste encore mystérieux concernant son passé au Chili. Après sa victoire sur le Cartel et son ascendant quasi définitif sur Walt, l'homme froid des débuts fait place à quelqu'un de plus arrogant, de plus fier et de plus revanchard. Le personnage en ressort plus charismatique, plus imposant et surtout plus dangereux. Seul Jesse semble lui résister encore un peu mais pour combien de temps ?

L'autre défaut du début de saison qui prend tout son sens cette semaine est le manque de direction claire dans l'intrigue. On passait beaucoup de temps à explorer la relation entre Jesse et Walt et celle entre Jesse, Mike et Gus. Aujourd'hui on comprend que cette insistance servait à renforcer la séparation totale entre les deux anciens compères et l'avantage terrible pris par Gus. Il a finalement manipulé Jesse pour rendre Walt inutile et pouvoir se débarasser de lui. Malgré la haine entre eux, l'ancien duo continue de manière assez touchante à prendre soin de la vie de l'autre. Mais Jesse pourrait changer d'avis et la menace d'un massacre chez les White plâne dangereusement.

En plus de nous abasourdir par le génie avec lequel il emboîte les pièces du puzzle de cette saison, cet épisode 11 arrive aussi à mêler parfaitement tous les enjeux développés précédemment. En plus d'un Walt central, d'un Jesse plus confiant que jamais et d'un Gus dangereux et impressionnant, les scénaristes ont aussi réussi à placer Hank. L'agent des Stups se rapproche de plus en plus de Gus et de son business et il n'est ralenti que par les actions désespérées d'un Walt dépassé. Il est plus que jamais en danger et la menace qui plâne sur lui rend encore plus tangible la terrible descente aux enfers de tous les proches de Walt.

Walt qui perd complétement contrôle d'ailleurs. Il a perdu sa guerre contre Gus à force de trop avoir peur et maintenant que Jesse peut prendre la relève, c'est sa vie et celle de ses proches qui est en danger. Il est donc poussé à prendre une décision précipitée, un peu folle qui promet deux dernières semaines de folie furieuse. Et la scène finale est d'une intensité dramatique rarement vue, à la limite du film d'horreur. Une conclusion magistrale à un épisode qui tient du chef d'oeuvre scénaristique.

La semaine dernière on croyait tenir le meilleur épisode de la saison. Celui de cette semaine le dépasse largement. Cet épisode est le manifeste éternel du génie de Breaking Bad et de ses scénaristes. Tout ce qui a été mis en place cette saison prend son sens avec brio et la façon dont les créateurs ont réussi à emballer la machine en 45 minutes est à montrer dans les écoles de cinéma. Une leçon de tension, d'intelligence, qui a en plus réussi à nous berner pendant 11 semaines. J'ai presque envie de dormir une semaine pour que le temps paraisse moins long jusqu'au prochain épisode. Ce qui est sûr c'est que jamais Walt n'avait été autant en danger et aussi peu apte à reprendre la situation en main. Tous ses proches ont maintenant leur vie sur la sellette et cette fin de saison s'annonce extraordinaire et devrait donner un premier aperçu de la fin de la série dans un an. Magique !