Après leur brève réconciliation, Walt et Skyler s'éloignent à nouveau après avoir fait un dur constat : Walter n'est plus qu'un simple prof de lycée, c'est un criminel et un danger pour sa famille. De son côté, Jesse s'éloigne toujours plus de son ancien mentor et continue à faire preuve de talent dans son duo avec Mike. Enfin, un ennemi encore inconnu semble menacer Gus et son business, rajoutant là à l'isolement de Walt mais aussi à la complexité des évènements à venir.

C'est définitf, après six semaines de diffusion, cette quatrième saison de Breaking Bad se terminera en demie-teinte. Pour la première fois la série subit les défauts de ses qualités tout en restant un produit de haute volée. Cet épisode ne fait pas exception à la règle et semble mélanger les idées magnifiques avec des ratés inédits.

Le principal problème de ce début de saison est le sentiment de stagnation qui se fait ressentir. A trop vouloir jouer la lenteur, la mise en place des personnages et des évènements, les épisodes se perdent en longueurs quasi nombrilistes qui empêchent le tout d'obtenir la traditionnelle tension du show qui avait fait un vif retour dans l'épisode 4. Alors oui le nouveau Walt s'affirme et la scène de début avec Skyler est d'une belle intensité. Mais par la suite sa storyline s'embourbe par manque d'intéractions. Le but est bien évidemment de mettre Walt à l'écart, laissant Jesse s'infiltrer malgré lui dans les secrets des dieux (c'est à dire de Gus), Gus qui inquiète tant Walt et qui de son côté est préoccupé par un ennemi bien plus dangereux. A partir de là, tout le monde semble se battre contre le vent. Cela est d'autant plus regrettable que la mine d'or de la confrontation Walt-Hank, qui finira par arriver, patiente dans son coin. Au bout de six épisodes, on aurait aimé voir un début de danger pour Walt ou Jesse, un grain de sable dans le rouage mais rien, rien ne se passe vraiment, tout n'est que symbole de la condition de Walt et ses disputes avec Skyler qui sont sensées montrer qu'il ne reformera jamais la petite famille des débuts ne passionnent pas.

Du côté de Jesse c'est un peu mieux parce que l'on sent une vraie direction scénaristique. Jesse est en première ligne. Il cotoie Mike, voit Gus et est au courant de la nouvelle menace. Sa séparation lente mais bien réelle d'avec Walt, qui se ressent à l'écran, renforce le sentiment que l'ancien gourou du jeune homme est bien seul et n'a aucune idée de ce qui se trame. Le personnage commence à se fixer sur une personnalité définie et il semble que les scénaristes arrivent enfin à donner une forme au futur. Jesse aura donc un rôle très important dans les épisodes à venir car toutes les infos qui puissent un jour arriver à Walt, il les détient.

Sans être catastrophique cet épisode est à l'image de ce début de saison. Le génie y cotoie le superflux le plus total. Les grandes qualités d'hier semblent aujourd'hui se retourner contre la série et montrent que tout tenait jusque là du génie pur et d'un équilibre fragile. L'intrigue n'avance que trop peu, les personnages tournent légèrement en rond, surtout Walt mais Jesse sauve le tout. Tout va s'emballer j'en suis sûr mais cette première moitié restera de qualité moyenne. Ecrire Breaking Bad est un art difficile et il semblerait que les scénaristent expérimentent la fameuse malédiction de la saison 4. Reste quelques scènes grandioses et un univers toujours aussi travaillé et prenant. Mais les acquis ne suffisent pas (plus).