La mort de Gus ne règle pas tous les problèmes de Walt. Loin de là. Il lui reste encore à détruire les preuves vidéo laissées dans le labo, tout en essayant de ne pas se faire coincer par Jesse à propos de l'empoisonnement de Brock. De son côté Skyler apprend que Ted s'est réveillé et le pauvre est dans un piteuse état.
Breaking Bad reprend et c'est tout une partie de l'été qui sera plus belle. Ce premier épisode est complètement différent du Season Premiere de l'année dernière qui faisait la part belle à l'ultra violence et à la tension extrême. Elle montrait aussi la position de faiblesse de Walt tant que Gus était dans les parages. Cette année les choses ont changées. Comme l'a très bien dit Walter à sa femme, il a gagné. Et il a changé. Encore. Et en pire. Cette saison semble donc se placer sous le signe de la peur et du complexe de dieu.
Car n'oublions pas une chose très importante. Walt est un homme qui s'est toujours défait de la terrible et dangereuse adversité qu'il a pu rencontrer. Chaque criminiel ayant tenté de lui bloquer le passage n'est plus là pour en témoigner. Domenico fut le premier, Gus est le dernier en date. Et ce fait majeur Walt le sent et cela commence à affecter sa personnalité. De façon diffuse mais explicite, Vince Gilligan nous fait comprendre que la tête de Walter commence à gonfler, qu'il se sent intouchable et bien sûr en sous-texte nous fait comprendre que cet excès de confiance pourrait le mener à sa perte comme la très symbolique scène de l'aimant tourné à fond et trop vite le montre.
De ce complexe de dieu très affirmé ressort une notion de peur intense. Walt est dangereux, génial, imprévisible, invincible presque, et ça tout le monde le sait. Même sa femme. Skyler qui à son tour inspire la peur à un Ted dont la vie fut détruite par celle-ci. Loin de le gêner, la crainte que Walt inspire à son intourage rejoint parfaitement son nouveau statut. Il est au final en train de devenir l'équivalent d'un Tuco ou d'un Gus. Il est au sommet de la chaîne. Il est craint et a tous les pouvoirs. Peut être que lui aussi se fera éjecter de son trône par un plus faible mais plus malin que lui. La boucle serait bouclée.
Ce premier épisode est donc tout en symbole, tout en finesse, loin de l'âpre violence et l'épaisse tension de l'année dernière. Un élément rejoint toutefois le premier épisode de la saison 4. En effet, impossible de savoir exactement quelle sera la ligne narrative cette année. On voit clairement que trois storylines se mettent en place et que Hank se rapproche du secret de Walt, mais la forme de tout cela reste encore bien floue. Il faudrait veiller à ne pas réitérer la même erreur que la saison dernière qui avait mis beaucoup de temps à trouver sa boussole narrative et donc à nous passionner. Le Flashforward de début d'épisode qui risque d'accompagner toute cette moitié de saison (ce qui est une technique classique pour la série) est un petit plus qui nous permet de nous dire que les scénaristes savent où ils vont.
Mais soyons honnête, retrouver la série et ses personnages est un vrai bonheur et on espère vivre une dernière saison de folie. Ce premier épisode prend son temps, installe ses arcs, ses thèmes et renouvelle encore son personnage principal décidemment immense. Breaking Bad est de retour et on suivra bien sûr cela ensemble.

