Mike, Jesse et Walt doivent prendre une décision vis à vis de Lydia qu'ils soupçonnent d'avoir simulé une filature de la police. Mais ils se rendront vite compte de leur erreur. Pour sauver sa peau, l'instable Lydia va leur donner un tuyau qui devrait leur fournir un bon paquet de Méthylamine. L'épisode se concentre aussi sur la décision de Skyler d'éloigner les enfants du foyer familial, ce qui a le don de révolter Junior qui ne comprend pas se qu'il se passe.
Ce début de saison de Breaking Bad est étrange. Passionnant mais très étrange. Depuis deux épisodes les scénaristes continuent la destruction méthodique de la figure attachante de Walt en en faisant un monstre au sang froid qui tient en otage sa femme et qui a définitivement fusionné avec Heisenberg. Cet épisode 5 casse un peu le rythme thématique de cette première moitié d'épilogue pour nous livrer un pur one shot construit assez parfaitement.
Walt n'est donc plus un anti-héros. Les séries se passionnent pour ces figures à la fois repoussantes et profondément attachantes de par leurs félures et leurs motivations. Dexter, House, Tony Soprano, autant de répugnants personnages qu'on a pourtant aimé et qu'on aime encore. Walter White ne fait plus partie de cette catégorie. Il est de l'autre côté de la frontière du mal. Il est le diable. Un monstre. Nous n'avons plus pour lui que de la haine et du dégoût. Et les deux dernières fournées de la saison ont sû briser la mythe avec génie. Pourtant c'est l'attaque d'un train qui nous intéresse cette semaine. Une sorte de scène de scène d'action géante, sans aucun autre but que de distiller de la tension et du suspens.
Car malgré ses indéniables qualités, cette première moitié de saison 5 se fait poseuse. La forme a toujours été un élément important de la série, mais il semble que les scénaristes veulent réellement faire de leur show un excercice de style. Cet épisode n'a donc aucun intérêt scénaristique ou presque. Du moins du point de vu global de la trame. Pourtant on se prend au jeu, on vibre pas mal et la dernière scène nous bouleverse. Mais pour le spectateur avide d'avancée scénaristiques, cet épisode ne peut que décevoir.
Sauf si on retire toute la partie consacrée à Skyler et Junior qui reste pour sa part sur la lancée initiée il y'a cinq semaines. Skyler commence à accepter son statut de victime, d'otage même, pour sauver la vie de ses enfants. Ce personnage si horripilant il y a quelques années est probablement celui qui nous touche le plus aujourd'hui. Ces scènes au lit entre elle et son bourreau, que la noirceur et la froideur mortelle font presque passer pour du viol renforce notre sentiment de pitié vis à vis de cette pauvre femme victime du tourbillon causé par Walt. Junior aussi nous touche. Beaucoup même. Et on a envie de le voir découvrir toute la vérité sur son père. Au fond on ne souhaite plus qu'une chose. La chute de Walt. Elle arrivera mais pour la première fois on se surprend à espérer qu'elle soit violente. Cette saison inverse donc les rôles, changent nos habitudes et c'est t courageux. Mais en tant que tel, cet épisode n'est rien de plus qu'une parenthèse excitante comme à pu l'être l'épisode de la mouche dans la saison 3 sans la profondeur psychologique.
Cet épisode 5 est donc une quasi respiration dans cet étouffant début de saison. En dehors de l'évolution constante du personnage de Skyler, rien de très intéressant n'est à retirer de cette fournée. On est toutefois pris dans l'action et on vibre au rythme de cette scène de western. Le choix est étrange, couillu mais pourra énerver ceux qui espèrent que sur 16 épisodes restant, chacun d'entre eux s'incrive dans le grand puzzle de la chute annoncée de Walt.

