Malgré le départ de Lumen, Dexter vit depuis quelque mois un étrange bonheur. Tout va bien pour lui aussi bien en tant que père qu'en tant que tueur en série et flic. On le retrouve alors qu'il se prépare à se rendre à une réunion d'anciens élèves de son lycée dans le simple but de tuer le mari d'une de ses anciennes amies. En parallèle, deux mystérieux hommes ont perpétré un meutre visant un vendreur de fruit. Ils ont enlevé ses entrailles pour y mettre des serpents.

Comme toujours avec Dexter, la page de la précédente saison est tournée. Définitivement. J'ai toujours détesté cette idée de faire d'une série à la mythologie aussi riche que Dexter un show qui construit chacune de ses saisons indépendamment des autres. Le thème de cette année est donc établi dès le départ. Cette sixième saison parlera de religion ou plus précisément de dieu. Et dans une moindre mesure de la transmision entre un père tueur en série et son fils qui a baigné dans le sang maternel.

Etonnament, l'épisode s'ouvre de manière assez "légère" pour continuer sur cette voie tout du long. Dexter est heureux, tout lui sourit et il a déjà en ligne de mire sa prochaine victime. Il doit malgré tout s'occuper de l'inscription de son fils dans une bonne école et celle-ci semble prendre les traits d'un établissement religieux. Le thème de la foi est épineux, surtout aux Etats-Unis, et il faut bien dire que celui-ci est traîté avec maladresse. Sauf peut être lors du dilaogue entre Dexter et sa victime venue du passé. Ce thème prend la forme d'un réquisitoire contre la foi, la religion, dieu, sauf que l'athéisme militant est aujourd'hui un combat facile et presque puéril. Dire que croire en dieu "c'est stupide" n'a plus rien de provoquant. Cela donne juste l'impression d'enfoncer des portes ouvertes et de prendre part à un combat terminé depuis longtemps. Malheureusement, cet épisode tourne en majorité autour de ces  "questions" et c'est le défaut qui lui inflige son manque d'intérêt.

L'épisode a malgré tout pour lui cette ambiance moins noire, moins pesante que celle de l'année dernière qui malgré sa piètre qualité arrivait à instaurer une atmosphère réellement angoissante et glauque. La photographie se fait plus colorée, plus claire et cette tension moins présente permet de revoir poindre l'humour noir de la série. Cela fait encore son effet, mais on ne construit pas une saison de Dexter sur l'humour. Malheureusement, le show ne semble pas révolutionner sa formule et s'il est efficace, il nous ressert des méthodes vues, revues et cela depuis six années. La routine peut fonctionner quand derrière une grande figure fait tenir le tout comme ce fut le cas durant la saison 4, mais les deux compères joués par Colin Hanks (qui est juste le sosie de son père !) et Edward James Olmos sont pour l'instant trop mystérieux pour donner un avis définitif sur la question. Ils semblent en tout cas implanter totalement dans la thématique religieuse de la saison. Si cette thématique est parfaitement couplée au thème du crime en série et la possibilité de concilier foi et meutre alors elle peut quand même se révéler intéressante. Mais il faudra toujours faire attention à ne pas sembler passéiste.

Au rayon des personnages secondaires, c'est toujours aussi peu glorieux comme souvent dans la série. On peut se réjouir d'une présence accrue de Masuka qui trouve, lui et son humour spécial, parfaitement sa place dans le ton de ce premier épisode mais sinon, il n'y a rien à tirer des autres. LaGuerta et Batista ont divorcé, débarassant le show d'un couple incipide et la promotion officielle de LaGuerta n'offre pas de piste particulière sur sa storyline future. De même pour la promotion plus hypothétique de Batista. Quinn est lui extrêmement en retrait même s'il est sur le point de demander la main de Debra. Seule Jamie, la soeur de Batista, qui est la nounou de Harrison pourrait offrir quelques pistes intéressantes car elle est très proche et complètement immergée dans l'intimité de Dexter, et sa petite allusion aux escapades nocturnes de son employeur en face de son frère pourrait être la première d'une belle lignée de bourdes resserant l'étau autour de Dexter. Pourquoi pas.

Au final, même s'il n'est pas catastrophique et même plutôt agréable, ce premier épisode de la Saison 6 n'offre pas particulièrement de raison de se réjouir. Classique dans sa forme, son fond semble, pour l'instant, s'avancer vers une thématique religieuse sans intérêt. Mais les scénaristes peuvent éviter l'athéïsme radical, qui ne choque plus personne, et se concentrer plus sur la relation qu'un Serial Killer et un homme torturé comme Dexter peut avoir avec la foi et dieu. Comme d'habitude, la série n'existe pas en dehors de son personnage principal et aucune avancée notable ou intéressante en dehors de l'envie de Quinn de demander Deb en mariage ne semble se profiler. Pour bien se faire une idée de ce qui nous attend, il aurait fallut que le futur Serial Killer qui fera face à Dexter soit plus esquissé. Pour l'instant on ne sait rien de lui et de son tuteur, il est donc impossible de dire autre chose sur cette saison à part qu'elle a du potentiel. Parce qu'une bonne saison de Dexter, c'est avant tout un bon méchant.