Après avoir découvert que Travis était le seul et unique Doom's Day Killer, Dexter se lance à sa poursuite et va comprendre que ce nouvel ennemi pourrait bien se révéler trop gros pour être attrapé seul. Debra continue son introspection et comprend pourquoi l'enquête sur la call-girl était si gênante pour Laguerta. En parallèle Quinn continue de sombrer laissant son partenaire seul et Louis souhaite montrer son nouveau jeu à Dexter pour avoir son avis.

Maintenant que le twist est derrière nous, que Dexter a un ennemi pleinement identifié, la série peut enclencher ce qu'elle a toujours su parfaitement faire : la traque. Cet épisode est donc encore une fois synonyme d'enquête et de recherches pour Dexter avec une plus-value offerte par l'étoffement de son personnage et de ses motivations de tueur. C'est d'ailleurs une sorte de leitmotiv pour cet épisode dans lequel les personnages vont se découvrir et nous offrir quelques clés pour la suite.

Malheureusement l'épisode met un temps fou à se mettre en marche avec une bonne vingtaine de minutes sans grand intérêt et subissant le manque de tension et de rythme qui aura marqué cette saison. L'épisode n'échappe même pas au ridicule à certains endroits surtout quand elle s'aventure sur le terrain de la technologie et d'internet. Au final les scénaristes ont tenté de prolonger les effets de la surprise du précédent épisode sur une bonne moitié de celui-ci pour ensuite passer la seconde et nous offrir une fin beaucoup plus réjouissante.

Car, et c'est devenu assez rare pour le souligner, la fournée de cette semaine nous offre quelques belles émotions. On retrouve la tension de la traque, de la violence et voir une innoncente ou un innocent mourir est toujours aussi traumatisant pour le spectateur même après toutes ses années. Il y'a donc l'effroi, l'horreur mais finalement le bonheur de retrouver cette violence et cette immoralité qui a fait les grandes heures de la série. Puis il y'a l'interêt et le suspens face à un grand méchant qui a atteint la forme finale de son évolution et qui est tout bonnement terrifiant. C'est peut être la première fois dans l'histoire du show qu'un bad guy prend une telle ampleur en représentant une menace globale pour non seulement Dexter, mais aussi la population de Miami et sa Police.

Cette forme inédite de danger permet à Dexter de se plonger dans les raisons de son statut de Serial Killer et pour la première fois de le remettre profondément en cause. Il y a en outre les prémices de l'affrontement tant attendu entre le héros et sa soeur avec la parallèle offert par la situation de Travis et l'étude du lien qui uni Debra à son demi-frère. Cet épisode fait donc faire un grand bon en avant à la série et à ses personnages avec un certain talent et commence déjà à poser les fondations de la fin définitive du show.

A côté de ce gros morceau le reste du cast se partage des miettes et c'est un peu dommage concernant Louis. On apprend finalement rien de la personnalité du jeune homme qui avait montré furtivement une facette plus sombre la semaine dernière, si ce n'est qu'il semble intéressé par les tueurs en série. Il a toutefois le mérite d'enfoncer le clou de la remise en question de Dexter qui pour la première fois prend conscience de ce qu'il est, de sa nature et finalement de sa terreur de la fatalité que celle-ci semble représenter et que l'épisode démonte avec minutie. Dexter n'avait pas forcément à être un tueur et rien ne l'empêche de changer. De son côté Quinn s'enfonce encore et l'antipathie que dégage le personnage n'en est que renforcé. Il semble toutefois que sa descente aux enfers n'ait été qu'un pretexte au rebondissement final impliquant Batista, ce qui reste un peu léger quand même.

Malgré une mise en marche difficile, ce dixième épisode est probablement le meilleur de la saison tant il recouvre un spectre large d'intrigues et de branches scénaristiques. Il offre en outre quelques vrais moments de frissons comme la série n'en a plus offert depuis la saison 4. C'est encore loin d'être parfait bien sûr, mais voir les personnages évoluer et se remettre en question, Dexter en premier, est signe d'un progrès véritable pour une série un peu arthrosée dans sa zone de confort scénaristique. Puis le grand méchant de la saison est tout à fait excellent et promet deux épisodes finaux de belle envergure. Pour la première fois Dexter ne peut pas faire face seul et la menace du Doom's Day Killer se fait à une échelle inédite.