Brother Sam s'étant fait tirer dessus, Dexter se met bien évidemment à la poursuite du responsable. L'occasion encore une fois d'explorer les profondeurs sombres de son âme, mises en lumière par Sam. De son côté Deb gère de plus en plus mal sa promotion qui a changé radicalement le regard que ses collègues et anciens amis portent sur elle. Enfin, le duo Doom's Day Killer prépare son prochain tableau, dont la victime est déjà prête à être sacrifiée.

L'épisode précédent (non critiqué sur le blog) se terminait avec l'étonnant assassinat de Brother Sam, personnage attachant qui faisait figure de mirroir inversé pour Dexter. Ce meurtre prématuré pose des questions sur cette saison et même sur l'avenir de la série. Car les questionnements laissés par Sam pourrait faire raccrocher les scalpels à Dex.

Fondamentalement, ce début de saison n'est pas faramineux. Il manque encore de ce petit quelque chose qui la ferait décoller. Elle en a les cartes en main et cet épisode en reprend ses éléments majeurs. Nous avons donc affaire à un développement de l'intrigue maitrisé, extrêmement bien maitrisé même, mais froidement mécanique. Comme si au fond c'était Dexter qui écrivait la série. Alors oui les scénaristes font bien évoluer les différents arcs en parallèle, mettant en avant une Debra qui reprend un peu le flambeau d'un Dexter redondant et fatigué, mais on termine le visionnage de l'épisode comme à chaque fois depuis six semaines : Sans émotions. On ne ressent rien pendant ces 52 minutes, si ce n'est évidemment l'horreur et l'empathie pour les pauvres victimes de ce fou de Gellar. On peut bien sûr y voir une construction méthodique et implacable d'une dernière ligne droite excitante mais on aimerait quand même plus frissonner, s'angoisser, pleurer, rire etc...

Il faut l'admettre, la série a terriblement veillie. On ne croit plus aux investigations surréalistes de Dexter, à ses découvertes géniales mais impossible à gober et son rituel n'est plus qu'une mélodie meurtrière dont on connait chacune des nuances. L'arc consacré à Debra est plus original mais il est surtout sans intérêt. Oui la soeur de Dex gère mal son nouveau rôle, oui ses collègues ne la voient plus comme avant. Et après ? La série repose sur le personnage principal qui lui donne son titre, sa force dramatique et ce, depuis ses débuts. Tous les seconds rôles qui gravitent autour de lui ne servent qu'à le mettre en valeur et à renforcer ses enjeux. Ou à agacer. Ce qu'a fait parfaitement LaGuerta pendant des années et ce que Quinn reprend avec brio depuis sa rupture avec Debra. Sans un Dexter solide, on s'ennui. 

Heureusement Brother Sam, même aux portes du paradis, apporte encore sa contribution à la saison en mettant Dexter face à un carrefour dans sa route de tueur en série. Ces questions remettant en cause le Dark Passanger du personnage sont, selon moi, les prémices de la fin définitive du show. Sam a vu la lumière en Dexter, il a lui-même changé et sait que son ami le peut aussi. En outre, Dexter a un fils et ne pourra pas mener cette vie éternellement. La fin logique de tout cela serait une retraite pure et simple du crime. L'explosion finale des ténèbres en Morgan ne sont finalement que le prétexte pour dire : "Oui les gars on a notre fin, mais faut qu'on fasse durer le questionnement encore quelques temps puisqu'on sait pas quand la série se termine". Ce n'est pas crédible et c'est le fulgurant Brother Sam qui pourrait avoir apporté le point final aux prérégrinations criminelles de Dexter. Reste à écrire la phrase à la fin de laquelle les scénaristes poseront ce point.

Enfin, les grands méchants de la saison se font toujours aussi discrets et s'ils sont vraiment d'une cruauté abominables, on ne peut pas dire qu'ils apportent entière satisfaction. Encore une fois le développement est froid, méthodique et sans aucune émotion particulière. On ne connait pas encore le fond du lien qui uni Gellar et Travis et le sens profond de leur folie meurtrière. Heureusement, les hésitations de Travis donnent une certaine humanité au personnage et laissent présager d'une confrontation interne à la cellule "Bad Guys" de la saison. Ces deux fous ont le moyen d'être convaincants et si pour l'instant Travis l'est plutôt, on a hâte d'en voir plus du côté de ce Gellar...Froid et méthodique. Tiens, tiens !

L'épisode de cette semaine n'est donc ni meilleur ni pire que ses prédécésseurs. Il continue de développer ses intrigues efficacement mais sans vraiment nous concerner. On ne vit vraiment rien durant ces cinquante minutes et on peut mettre ça sur la compte d'un Dexter de moins en moins intéressant. Reste à compter sur les Doom's Day Killer qui se font de plus en plus intéressant chaque semaine, avec un Travis "attachant" (bien noter les guillements). Mais enfin, outre la qualité purement structurelle de l'épisode, on ne peut pas se satisfaire d'une fournée de Dexter qui nous laisse complètement froid du début à la fin.