Dans l'épisode 2 House est libéré de prison grâce à l'intervention de Foreman qui a par ailleurs remplacé Cuddy au poste de Doyen de l'Hôpital. Le retour au Princeton Plainsboro est l'occasion de découvrir que tout a changer et que House ne pourra plus faire l'enfant gâté comme avant. Dans le troisième épisode on se concentre sur le cas d'un homme immensément riche qui est d'une philantropie extrême. House tente en parallèle de réunir son équipe d'origine et fait face au refus catégorique de Thirteen.

Le choix de critiquer ces deux épisodes simultanément vient du fait que je trouve qu'ils prouvent à eux deux que la série est encore capable du meilleur tout en sombrant souvent dans le pire. Certes aucun des deux n'est catastrophique mais l'épisode 3 retrouve une forme ultra classique alors que le second avait pour qualité de reprendre la structure habituelle du show en le bourrant aussi de nouvelles choses et de changement.

L'épisode 2 est donc à mes yeux une véritable réussite. Certes il commence par la déception de voir que dès la seconde semaine les scénaristes font sortir House de prison, prouvant que cette astuce elliptique n'avait duper personne, mais le retour à l'hôpital est vecteur de beaucoup de satisfaction. Déjà il semblerait que l'on s'oriente vers une saison plus sombre, plus noire. Cela se ressent dans la photographie, moins colorée, moins joyeuse, continuant sur une lancée amorcée par l'année précédente. Cette atmosphère un peu ténébreuse est parfaitement cohérent avec le nouvel environnement de House. Depuis son geste imbécile de fin de saison 7, tout a changer au Plainsboro et l'argent manque, de même que Foreman est bien décidé à ne pas se laisser dominer par House comme avait pu le faire Cuddy. L'acariâtre médecin qui n'a finalement pas changé d'un pouce malgré son passage à l'ombre subit donc un espace de jeu réduit et chacun de ses sarcasmes et de ses actions inconsidérées prennent un poids nouveau, chargé de conséquences.

Voir cet Hôpital auquel on s'est attaché au point de le considérer comme un personnage à part entière devenir si étouffant, et pour le personnage et pour nous est une nouveauté bienvenue et cohérente avec l'esprit de cette huitième année. Pour rajouter à ce retour peu joyeux, House se rend compte que Wilson ne veut plus entendre parler de lui depuis qu'il a foncé dans la maison de Cuddy. Le personnage principal est donc seul, sans moyen humain et financier, sans ses anciennes habitudes et rejeté par son meilleur ami. Le constat est alarmant et pourtant l'épisode délivre de merveilleux dialogues, d'une rare drôlerie, qui prouvent que quand les scénaristes de la série sont en forme, ils peuvent délivrer quelques uns des meilleurs scripts de la télévision.

A ces changements se greffe une nouvelle venue. Le Dr Chi Park remplace à elle seule l'ancienne équipe de notre ami Greg. Un peu agaçant au départ, elle arrive rapidement à se rendre attachante, surtout dans l'épisode 3 et devient un vrai bon personnage. Elle n'apporte pas fondamentalement de fraicheur puisque ses échanges avec House sont les mêmes que ceux qu'ils pouvaient avoir avec tous les nouveaux venus depuis le début de la série, mais son caractère est original et attachant. Malheureusement on sait déjà que la troupe d'origine refera surface et dans l'épisode trois c'est Thirteen qui revient en premier. Park arrive à se débattre entre elle et Jessica Adams, le médecin que House rencontre en prison et qui vient donner un coup de main soit disant temporaire, et garde la tête hors de l'eau, ce qui risque de ne pas être le cas avec l'arrivée des anciens qui vont forcément imposer leur background qui remonte pour Chase jusqu'à il y'a huit ans.

L'épisode deux place parfaitement les bases de la saison en délivrant des dialogues de toute beauté et offre un bilan très positif. Si le troisième est un peu moins réjouissant c'est parce qu'il reprend une structure beaucoup plus classique et fait quelques erreurs scénaristiques. Déjà il faut se rendre à l'évidence, Thirteen n'est plus un personnage qui nous intéresse et les scénaristes ont incroyablement mal géré l'affect et la tristesse que devrait provoquer sa lente descente aux enfers causée par sa maladie incurable. Même ici alors qu'elle apparait peut être pour une des dernières fois il est peu fait mention de sa condition et de son inévitable mort prochaine. On reste dans une froideur toute Housienne et le fait que l'on sache qu'Olivia Wilde a favorisé le cinéma sur la série ne permet pas de s'attacher et d'espérer un retour prochain du personnage. Certes la tendresse qui se dégage de sa relation avec House touche, mais on aurait aimé un peu plus d'émotion et une concentration plus importante sur sa maladie.

Le cas de l'épisode 3 est aussi inintéressant que celui de l'épisode 2. Après huit ans il n'existe probablement plus de cas assez délirant pour nous tenir en haleine. On reste dans un schéma classique avec en plus un retour de ce qu'on pourrait appeler "le malade à thème". Cette fois c'est l'argent et la philantropie. House ne pouvant concevoir qu'un homme préfère donner plutôt que de garder tout pour lui. Evidemment le docteur a raison, l'Homme n'est pas fait pour favoriser les autres et on vous prie de bien vouloir être pessimiste sur sa nature. En vous remerciant. C'est bâteau, prévisible et sans aucun intérêt. Reste ces dialogues de qualité et le duo Park-Adams qui marche plutôt bien. En dehors de cela c'est peu glorieux entre un cas classique, Thirteen dont on se fout et Wilson qui fait du Wilson. L'épisode trois n'est donc pas mauvais, mais ultra classique. Encore une fois les scénaristes n'ont pas le courage de développer leurs changements sur la longueur. Dommage.

Si l'épisode 2 est excellent sur quasiment tous les points; le troisième est bien moins réjouissant. Alors qu'on sentait un vrai changement dans l'ambiance de la série et dans l'hôpital, la normale est presque de rigueur dès l'épisode suivant. House retrouve son bureau, ses caprices, ses cas et ses inspirations géniales en fin d'épisode. On peut se satisfaire de la qualité des scripts et des nouveaux personnages mais on aurait aimé voir le thème du changement dans la vie House développé sur plusieurs épisodes. Il y'a ce manque de courage trop récurrent dans le monde des séries qui empêche des grosses machines de révolutionner leur formule par peur de larguer le spectateur de TF1 ou de perdre ses repères en tant que scénaristes. Ce n'est pas mauvais bien sûr, mais on ne peut pas ne pas regretter cela.

Episode 2 :

 

Episode 3 :