Un mystérieux clochard se débarrasse d'une bande de voyous dans un métro en un clin d'oeil. Avant que la police n'ait eu le temps de l'enfermer, un étrange bienfaiteur le sort du commissariat et lui propose un job: veiller sur une personne en particulier jusqu'au moment où sa vie sera en danger.

La dernière production d'Abrams, créée par Jonathan Nolan (le frère de...), commence donc sa diffusion avec un pilote mettant en scène Jim Caviezel et Michael Emerson. Si ce dernier parlera aux fans de Lost (le fameux Benjamin Linus), Jim Caviezel est un rescapé du cinéma, celui qui a osé tenté l'aventure de La Passion du Christ après que Mel Gibson lui ai dit: "Si tu fais ce film, ta carrière est foutue". Alors effectivement on ne le voit plus au cinéma (ce qui est bien dommage, il a offert des rôles forts comme dans La Ligne Rouge), mais la télévision le réclame. Pour cette grosse production, le voilà embarqué dans un show beaucoup plus classique qu'il ne veut le montrer.

Dès le début, on installe un curieux pitch de départ, de façon à créer une sorte de mythologie: une machine capable d'utiliser toutes les caméras et d'analyser des données à partir de ce qu'elle filme (un peu comme dans L'Oeil du Mal). L'ex-clochard Reese (Caviezel) est évidemment un ex des forces spéciales, et son riche employeur Finch (Emerson) n'a au final accès qu'à une quantité de données limitée. En bref, il sait que la machine arrive à prédir en analysant les données les crimes qui pourrait avoir lieu, mais ne peut récupérer que le numéro de sécurité sociale d'une personne impliquée, qu'elle soit la victime ou le criminel, rien de plus. C'est à Reese de suivre cette personne pour enquêter sur elle et essayer de découvrir toutes les pistes pour arrêter le crime qui pourrait se produire.

Déja le pitch est quand même assez tiré par les cheveux, pour créer au final une espèce de série policière mêlé à de la pseudo science-fiction. On y voit certainement les prémices d'un fil rouge feuilletonnant qui, je l'espère, aboutira à quelque chose de vraiment intéressant, un peu à la manière de Fringe qui évoluait d'épisodes indépendants à véritable feuilleton. Mais pour le moment, le schéma classique d'une enquête policière est utilisé, avec son lot de rebondissements et de fausses pistes. Reste que le personnage de Reese use de méthodes plus expéditives, mais n'ira jamais au niveau d'un Vic McKey, on reste sur une chaîne familiale (CBS).

Malgré ça, l'épisode est très divertissant. Reese fait preuve de sarcasme et de légèreté tout en étant professionnel, ce qui permet d'avoir de jolies scènes. Michael Emerson est plutôt bien dans la peau de ce mystérieux homme d'affaires aux lourds secrets. L'affaire est bouclée le temps d'un épisode, mais certains personnages secondaires, comme la flic Carter ou le flic ripoux de la fin permettent d'entrevoir des arcs scénartistiques qui s'étaleront sur plusieurs épisodes

Person of Interest est dans la veine des séries policières en vogue, avec néanmoins une mythologie qui pourrait être intéressante et faire réellement la différente. Si ce n'est pas le cas, on se retrouvera une fois de plus avec une série d'enquête sur les bras. Reste que ce pilote est efficace et agréable à regarder. Ce qui est déja pas mal.

Critique rédigée par Cronos