Un blackout éteint toutes les machines de la planète et enlève toute l'électricité existante. Les survivants sont obligés de retourner à une vie plus sauvage pour survivre sans machines. Quinze ans plus tard, près de Chicago, une troupe de milices cherche à embarquer un homme qui pourrait intéresser un mystérieux chef au sujet de ce fameux blackout...

Revolution est la dernière production en date de J.J Abrams. Même si depuis Lost ça ne veut plus forcément dire quelque chose (Undercovers et Alcatraz se sont plantés et Person of Interest est sur des charbons ardents, seul Fringe a réussi à sortir du lot), on attend toujours la série qui pourra remplacer Lost dans le domaine fantastique-science-fiction, histoire d'avoir autre chose que des comédies familiales ou des séries policières, genres encore beaucoup trop présent dans le paysage télévisuel américain.

Revolution nous emmène donc quinze ans après le fameux blackout. Plutôt que de découvrir comment les survivants se sont organisés, on nous projette dans le futur après que les survivants se soient déja bien acclimatés à leur condition. Même pas besoin de planter le décor, on va directement dans le vif du sujet en présentant des personnages tous plus clichés les uns que les autres. Entre la fille du mec qui apparemment sait tout ce qu'il s'est passé, son frangin jeune rebelle qui apprend la vie et le jeune blanc bec que le petit groupe rencontre sur la route de Chicago pour retrouver l'oncle de la fille, on se croirait dans un casting de teen movie à la Twilight. Assez peu de charisme, les acteurs nouvelle génération font peur à voir, et ils seront probablement au centre des épisodes.

Le reste du casting est un poil plus intéressant, mais toujours aussi cliché. On a la femme qui a remplacé celle du père et qui n'est pas accepté par la jeune héroïne en tant que mère (mais c'est un sentiment qui ne durera que quelques minutes), on a le geek avec le tee-shirt ACDC histoire de bien sentir l'ironie de la situation et l'oncle mystérieux qui a la classe et qui éclate les ennemis à l'épée comme si de rien n'était, dans une séquence objectivement pas mauvaise en soi, et qui fait son boulot. Petite surprise en la personne de Giancarlo Esposito, le Gus Fring de Breaking Bad, qui incarne un officier de la milice sans pitié. Un rôle évidemment très proche de celui qui l'a rendu célèbre. Mais cette abondance de personnages et leur relation met aussi en exergue l'un des points faible de ce pilote: le concept est un monde sans électricité, mais mis à part le contexte, à aucun moment on ne découvrira comment ils s'en sont sortis, on ne fait qu'arriver à un moment banal de leur vie. Là où un monde sans électricité aurait pu être passionnant à exploiter et à développer, les scénaristes n'en profitent pas et s'en servent seulement comme d'un élément d'intrigue comme un autre.

L'histoire met donc en avant le petit groupe qui part à la recherche de l'oncle pour pouvoir sauver le frère de l'héroïne, capturé afin de piéger ce fameux oncle lorsque celui-ci sera convaincu d'aller le sauver. Le chef de la milice étant convaincu que cet homme est au courant du pourquoi du comment de cette situation mondiale et qu'il y a peut-être un moyen de rallumer les machines. On échappe malheureusement pas aux poncifs des drames familiaux, entre les familles recomposées, la rebelle attitude des jeunes et le désir des ados de découvrir un monde que leurs parents les empêchent de voir pour les protéger. C'est vu et revu, mais l'univers développé peut être intéressant si c'est fait intelligemment. Je me méfie toujours des pilotes où on découvre un univers potentiellement passionnant en nous faisant rêver dans le pilote et en laissant les personnages croupir dans un camp un peu miteux parce que tout le budget de la série a été grillé dans le pilote.

J'ai très peur d'un effet "Terra Nova", beaucoup trop ambitieux pour le format, mais même le développement de l'histoire ne m'a pas franchement captivé. Certains personnages sont très prévisibles (le méchant jeune de la milice avec son arc mais qui sauve l'héroïne malgré tout parce qu'il est tombé amoureux... on sent le futur triangle amoureux à des kilomètres) mais contient toujours ce qu'il faut de rebondissements pour attirer le chaland, histoire de motiver celui qui a résisté à continuer la série pour voir si l'univers de la série est toujours intéressant.

Bref, Revolution n'est pas une révolution. C'est trop tôt pour parler de syndrome "Terra Nova", mais NBC oblige, on est très loin de la prise de risque des chaînes câblés et il fallait s'y attendre: les personnages sont prévisibles et clichés et les drames familiaux sont légion. La situation est surtout prétexte à développer des tensions entre les personnages mais à aucun moment le concept de la série est exploité intelligemment (on ne nous présente pas comment ils survivent). Seuls les quelques rebondissements peuvent trouver de l'intérêt et éventuellement faire continuer la série, mais c'est très maigre.

Critique rédigée par Cronos