Après l'humiliation que lui ont fait subir Tullius et Vettius, Batiatus décide de se venger. De son côté, Crixus sent en lui l'âme d'un champion tandis que Oenimaus, Gannicus et Melitta sentent que leur statut d'esclave peut nuire à leur relation. (Attention cette critique ne contient pas de Spoiler. Ce qui est un miracle.)

Après un premier épisode pas fondamentalement mauvais mais surtout décevant dans sa propension à reprendre les mêmes ficelles que celles mises en place dans la première saison, j'attendais cette nouvelle aventure avec anxiété. Autant le dire tout de suite, mes craintes ne sont pas totalement résorbées tant, encore une fois, on a l'impression de revoir les schémas de Blood and Sand mais avec des protagonistes différents.

Je rajouterai cette fois, aux défauts de l'épisode, le fait que les scénaristes soient finalement déservis par le fait que ce Gods of the Arena soit un prequel aux évènements de la première saison.  Pas mals des enjeux developpés n'ont pas grand intérêt puisqu'on sait déjà leur dénouement. Et si on tente de nous intéresser au destin de Batiatus et Lucretia le fait est qu'en plus de reprendre exactement les mêmes types de relations entre les personnages, le spectateur sait déjà que notre bon vieux Lanistas va parvenir à ses fins. Je ne me suis donc que peu intéressé à la façon dont Batiatus arrive au sommet de son milieu.

Heureusement, les storylines parallèles sont plus réjouissantes. C'est en effet avec elles qu'on s'éloigne un peu des sentiers de Blood and Sand. Crixus risque à mon avis d'être un personnage tout aussi intéressant que lors de la saison passée et son envie de devenir champion promet  de nous reserver quelques moments de bravoure puisque que Gannicus est encore au sommet. Certes on peut dire que la relation est la même que celle entre Spartacus et Crixus mais le Gaulois, contrairement au Thrace, à un réel désir de reconnaissance et va tout faire pour déloger Gannicus. Cet arc narratif n'est pas encore totalement planté mais petit à petit on se prend d'intérêt pour la suites des évènements...Tout en connaissant leur fin.

Si le destin de Crixus réhausse le niveau de l'épisode, la vraie nouvelle trouvaille est la relation entre Gannicus, Oenimaus et Melitta. Le couple et le champion sont amis mais leur condition d'esclaves les amènent à se faire du mal sans le vouloir et franchement en regardant l'épisode je me suis dit que je n'enviais pas du tout leur destin. Ils sont enfermés dans des carcans et un des partis va forcément finir par s'écrouler. Pour ceux qui ont suivi la première saison, vous devriez quand même avoir un indice dans le dernier épisode.

Avant de finir je rajouterais volontier un dernier bémol. La série bien qu'artistiquement réussie, frôle aussi souvent le mauvais goût. J'ai de plus en plus de mal à supporter tous les "fuck" et "cock" qui n'ont souvent aucun intérêt sinon celui de garder intact l'aura sulfureuse de la série. Les scènes de sexe aussi commencent à me mener à l'indigestion. Si elles étaient plutôt belles et justifiées dans la Saison 1 (justifiées dans un proportion toute relative hein), ici je les trouve laides, sans intérêt et même vulgaire. A part celle commandée par Quintilius qui est vraiment dramatique. Bref, choquer c'est bien mais encore faut-il savoir bien le faire.

Le niveau est donc un peu relevé par rapport à la semaine dernière. Certes, ce Gods of the Arena est clairement un "feuilleton" de transition et une sorte d'apéritif avant la tant attendue (et redoutée pour ma part) saison 2 qui se fait attendre. Cela se traduit encore par un systeme narrative, des enjeux dramatiques et des shémas relationnels qui sont parfois copiés collés sur ceux de Blood and Sand mais la destinée glorieuse de Crixus et le triangle Gannicus, Oenimaus, Melitta nous offre de quoi piquer notre curiosité et surtout de quoi ne pas trouver les 52 minutes d'épisode trop longues. On est encore loin du prequel parfait mais ça commence à prendre forme, et n'oublions pas que BaS avait pour principale qualité de monter en puissance jusqu'à un dernier quart de saison passionnant. Il reste encore aux scénaristes quatre épisodes pour faire se répéter l'histoire (quoi qu'elle se repète déjà un peu trop). Wait and See and Hope.