J'ai hésité longtemps avant d'écrire ce nouveau Flashback. Je voulais écrire un article sur un Anime sans savoir si je devais commencer par Death Note ou un autre, tout aussi culte, que vous découvrirez bientôt puisqu'il aura évidemment le droit à son article dédié. Vous avez donc deviné que j'ai choisi Death Note, oeuvre culte du Manga qui a été transposé à la télévision Japonaise. Retour sur une confrontation mythique.

Déjà je dois vous confesser que je n'aime pas du tout les mangas. Je n'aime pas les héros aux brushings parfaits et les héroines Kawai qui crient comme des souris. Pourtant j'ai aimé Death Note qui rentre dans tous les critères précédents avec son design hautement pédophilique. Mais la force de cet Anime c'est son scénario, sous forme de questionnement moral perpetuelle et d'une confrontation psychologique diaboliquement bien pensée.

Remettons les choses dans leur contexte. Yagami Raito, ou Raito Yagami dans notre sens, trouve un jour sur la pelouse de son lycée un mystérieux cahier. Sur celui-ci sont écris des notes qui énumèrent ses pouvoirs. Il semblerait donc que le cahier permette à son propriétaire de tuer un autre être en écrivant simplement son nom et la cause de sa mort sur une des pages. Si aucune cause n'est précisée, la victime décédera d'une crise cardiaque. Ce simple postulat offrait une palette de possibilités gigantesque qui est parfaitement utilisée par le génial Tsugumi Ôba.

Voilà donc Raito investi d'un pouvoir qui va le confronter à son propre sens moral. Le jeune homme va décider d'utiliser le cahier pour éradiquer les criminels de la Terre. Il prend le pseudonyme de Kira pour accomplir son oeuvre et construire un monde utopique. Mais petit à petit, Yagami va prendre goût à son statut de dieu et va faire règner la peur.

Pour désamorcer la menace et découvrir ce qui est finalement un criminel, la communauté internationale va faire appel au plus grand détective de la planète, un être mystérieux qui ne montre jamais son visage et qui va faire de la chute de Kira sa priorité numéro une. Cet homme c'est L.

Voilà donc que s'enclenche un véritable duel entre les deux hommes qui vont user de toute leur intelligence et leur ruse pour semer l'autre. C'est en effet le génie de cette oeuvre. Ôba a développé un combat durant lequel les deux personnages principaux font preuve d'une mécanique de pensée qui force le respect et qui va même parfois trop loin. Il arrive qu'à force de penser que l'autre va penser qu'il va penser, les protagonistes nous perde un peu. Mais la plupart du temps cela se traduit par une intensité et un suspens diabolique comme cette scène cultissime où, surveillé par de multiples caméra, Kira va mettre fin aux jours d'un criminel grâce à une télé cachée dans un paquet de chips. Car pour tuer, il doit connaitre le visage de sa victime. Voilà une scène qui fait battre notre coeur comme jamais et qui démontre toute l'inventivité et l'esprit des personnages.

Au-delà de l'aspect psychologique quasi parfait, la "série" nous pose de véritables questions morales. Ôba a eu l'excellente idée de rendre ses personnages antipathiques. On ne s'attache que peu à eux puisque L comme Kira sont au frontière de la morale et leur caractère nous agace plus qu'il nous touche. Ils sont uniquement la représentation de deux mondes, de deux idées morales. Au spectateur de choisir laquelle lui correspond. Personnellement j'ai toujours été du côté de Kira même si sur la fin, Raito subit l'obligation morale du scénaristes qui doit montrer que son idéologie est mauvaise et qu'il est un criminel. Cela se traduit par la perte de vue des vraies ambitions du jeune homme qui devient une sorte de despote égocentrique. Mais pendant la première partie de la série, qui est la meilleure et la plus objective dans son développement des idéaux des personnages, Kira est celui qui m'a touché.

Death Note c'est aussi des scènes fortes, puissantes émotionnellement et sans spoiler, la transition brutale entre la première et la deuxième partie de la série à réussi à me mettre quelques larmes au coin des yeux. C'est aussi des montée d'adrénaline et des personnages attachants (Matsuda, Ryuuku, Soichiro) et d'autres à la limite du supportable (Misa, Near, Mello). Mais surtout, surtout, Death Note c'est une série en deux parties.

Si la première partie est un véritable chef d'oeuvre de thriller psychologique, la seconde est moins intéressante, trop prise de tête et peuplée de personnages énervants. Certes il y'a encore quelques grands moments (les yeux du shinigami) mais dans l'ensemble le soufflet retombe peu à peu pour au final nous offrir une fin magnifique, pleine de sens et apparemment différente de celle du Manga originale ce que je ne peux pas confirmer.

Death Note est donc une véritable expérience qui commence très très fort pour un peu retomber mais qui pose des questions en nous offrant des moments qu'on ne peut oublier. C'est donc un Anime dans ce que le terme recèle de meilleur, c'est à dire un monde prenant, une histoire riche et un vrai courage dans les propos développés. C'est donc un indispensable qui a probablement marqué bon nombre d'entre vous et j'espère avoir donné envie aux autres de se lancer dans cet univers magique.

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