
Cinq épisodes. Cinq épisodes pour remonter la pente que la série s'était creusée en milieu de saison. Cinq épisodes pour exploiter au maximum les intrigues et les personnages laissés de côté. Cinq épisodes pour dire au revoir proprement au monde du lycée et préparer le terrain pour l'an prochain. Cinq épisodes en sorte d'hommage.
On débute sur un premier épisode (Choke) qui lance proprement la fin de saison avec des enjeux qui peuvent intéresser de prime abord (les auditions, la violence conjugale) mais peinent à décoller. Cet épisode accentue également le déséquilibre fâcheux des auteurs à faire disparaître des personnages pour laisser la place à d'autres. Alors qu'elle était dans un arc narratif assez important, Quinn s'évapore de la salle du Glee Club tous les deux épisodes. Et c'est la même chose avec Tina, Rory ou encore Sam. Reste Sue et Black Sue pour nous divertir, toujours et encore.
Grand classique des teen shows, le bal de promo. C'est ce sur quoi s'attarde Prom-Ausaurus. Il avait de quoi être très mauvais, les épisodes spécial Prom ne m'excitant vraiment jamais. Et pourtant, il sera le levier à cette fin de saison, le tremplin pour remonter. Avec la mythique Brittany, l'humour rafraîchissant revient à la pelle et nous emporte, sans concession. Les numéros sont proprement executés et la nostalgie post-lycée se fait déjà sentir. Peut-être qu'un Ryan Murphy aux commandes de l'épisode y est pour quelque chose, je dis ça, je dis rien ! Pour finir, il faut pointer du doigt l'importance du personnage de Becky qui, par son franc-parler, met pas mal de choses en perspective, comme le cynisme de Quinn. Celui-ci ne m'a pas choqué comme Finn, elle avait une bonne nouvelle et voulait revenir sur le devant de la scène, rien de mal là-dedans et rien qui ne soit pas dans le personnage au départ.
Props et Nationals nous ont été présentés comme un épisode de deux heures, du moins au visionnage. Ce fut un plaisir à regarder. Même si de nombreuses facilités et faiblesses scénaristiques se voient, cela n'entache pas le moins du monde le plaisir de voir Tina en lead-in, de les voir remporter les Nationals (avec le résultat de l'an dernier, c'était obligé) et la création d'une famille sous nos yeux. Je reproche beaucoup de choses à Glee mais malgré l'irréalisme de la situation, elle a su créer un groupe uni et cohérent. Le passage wtfesque dans la réalité parallèle est extraordinaire et on regrette qu'il ne dure pas plus longtemps. Et puis, niveau prestations, que ce soit dans l'un ou dans l'autre, il y a quand même de bons moments (qui n'a pas fredonné What a feeling ou chanté vraiment devant We Are The Champions !). Bref, une bonne fournée.
Et puis vient le final, Goodbye. J'ai toujours du mal avec les départs, les fins, les conclusions. Et celle-ci a réussi à un certain moment à trouver un écho à ce qui s'opère dans ma vie en ce moment, la fin de la licence. C'est pourquoi j'ai trouvé de l'émotion dans la remise des diplômes ou l'ouverture des lettres. A côté de ça, le procédé d'un personnage, une saynète était plutôt bien vu dans un final comme celui-là mais très mal exploité. Aucune cohésion d'ensemble apparaît sauf dans les numéros, poussifs et pas très entraînants. Un bon point pour l'épisode: j'ai enfin pu comprendre qui était senior et qui ne l'était pas. Le seul segment que j'ai trouvé vraiment touchant et juste est celui de Quinn, particulièrement sa scène avec Sue. Vous le savez déjà, c'est le personnage que je préfère et elle va me manquer. L'épisode est donc un fouillis qui peine à décoller, un peu indigeste dans son premier tiers. Et quand on arrive à la conclusion, après avoir un peu tout subi, la rupture devient un très beau moment, juste et une dernière image qui résume tous les espoirs et l'avenir des protagonistes.
Je mettrai quand même un gros point d'interrogation concernant la saison 4. Ils partent tous, on ne sait où pour certains, et l'éclatement partiel du Glee Club n'annonce rien de bon. Avec Rachel seule à New York, le personnage risque de redevenir rapidement ennuyant et exécrable. L'avenir de Finn importe peu alors que celui de Quinn, tout tracé, mérite un développement. Quand à Mike ou Mercedes, je me demande vraiment comme nous allons pouvoir les revoir autrement que par un aller-retour chez leurs petits camarades.
Au final, nous avons une saison très inégale qui a eu des fulgurances (Yes/No, Hold On To Sixteen, Props) et de très mauvaises notes (Extraordinary Merry Christmas, The Spanish Teacher) mélangés autour d'intrigues poussives qui peineront à prendre de l'ampleur mais resteront tout de même regardables et certaines appréciables. Très peu d'imagination musicale cette année avec seulement deux épisodes hommages Michael(3.11) et celui de Whitney Houston (3.17) qui restent honorables mais pas exceptionnels. Mention tout de même spécial à certains numéros comme We are young, We found love et quelques autres. Avec une toute nouvelle conjoncture, le virage de la saison 4 va être crucial.

Article rédigé par lordstark