Comme je le disais la semaine dernière sur mon excellent billet sur le Season Premiere de Walking Dead, j'ai été un brin déçu de ce retour, que j'ai trouvé un peu en deçà de mes attentes. Mais ce premier épisode se terminait d'une manière assez déroutante, voir inattendue, puisque la crise de foi qui tiraillait le groupe de survivants, Rick Grimes en tête, trouvait une réponse particulièrement plombante, puisqu'on assistait à l'impact d'une balle perdue en plein thorax de Carl Grimes, le fils...

Encore plus tourné vers les personnages, ce deuxième épisode commence par un flashback inhabituel, où on assiste à l'accident sanglant de Rick du pilot, mais vu du côté de sa femme et son fils. Et de ce flashback ressort le sujet de l'épisode : la famille. Mais pas la famille dans un style Happydays, mais plutôt la responsabilité des parents en temps de crise, la nécessité d'être fort pour les gens qui ont besoin de nous.. Ce genre de trucs. 

Alors que Rick se retrouve dans une magnifique propriété centenaire, accompagné d'une famille généreuse qui se démène pour sauver son fils; une autre partie du groupe continue à chercher la petite Sophia perdue dans la forêt depuis un épisode; une autre partie reste sur l'autoroute à protéger le camping-car... et une autre partie s'en va ailleurs pour récupérer du matériel médical pour Carl... Vous l'aurez compris, le groupe a explosé en parties éparses, et ça risque de continuer dans cette saison.

D'un côté c'est assez encourageant, car ça va permettre aux personnages boulets de se faire bouffer rapidement histoire de concentrer plus de minutes de cerveau disponible aux intrigues intéressantes; et de nous fournir plus de situations dans un même épisode. Mais dans cet épisode, ce n'est pas le cas, et j'ai une légère crainte sur l'éventualité que finalement cette explosion ne va pas transcender l'expérience, voir limite nous accrocher pendant la moitié de la saison dans cette propriété citée plus tôt

Comme je le disais, cet épisode s'accroche sur les responsabilités parentales, et entre la petite Sophia qui impose à la moitié du groupe de flâner dans la forêt à la "lala laschtroumpflalaaaaa", et Carl blessé qui bloque Rick à son chevet... C'est assez statique. Le groupe a beau être divisé, il n'y a pas de tension pour autant, et encore moins de péripéties... Mais cette latence n'en est pas pour autant mauvaise, elle est dans le ton de l'ensemble de l'épisode : intime, perso-centric, et azombique.

Oui, "azombique", j'avais envie d'inventer un mot, et c'est fait. De ce néologisme j'entends que cet épisode se passe aux 3/4 sans zombi. Oui. Est-ce un joli coup de maturité d'un drama qui s'émancipe de son imagerie romeresque pour une plus ample introspection des ses personnages? Ou l'aveux à demi-mot d'un show ambitieux à qui AMC ne donne pas assez de pognon pour s'exprimer totalement? J'ignore de le savoir, mais le fait est que ce deuxième épisode flotte dans d'autres eaux, comme une inspiration avant le grand plongeon... En tout cas je l'espère.

Ce deuxième épisode résonne un peu comme un rendez-vous surprise avec un flirt d'été. On s'attend à aller à la fête foraine, et finalement on se retrouve à deux dans une douce ballade en forêt. Déroutant, original, calme, j'apprécie l'idée, ça repose, ça tranche avec l'appréhension de voir des trucs bien dégueulasses exploser à la caméra, c'est pas mal du tout donc. Mais attention, car une ballade en forêt, ça va, mais si ton rencart tarde trop à passer à l'action, tu risques d'aller voir ailleurs. Avis aux intéressés.