On avait un peu oublié qu'elle arrivait et pourtant elle est là et bien là. La nouvelle série signée par les géniaux Ricky Gervais et Stephen Merchant est arrivée et elle met en scène une ancienne gloire du cinéma alias Wardwick Davis, le petit homme derrière Willow (j'adore ce film !) mais aussi les Ewoks de Star Wars. Et comme à leur habitude, le duo anglais va dynamiter l'image de l'acteur et peindre le portrait d'un homme vivant dans un passé glorieux pour oublier que son présent est peu reluisant.

Car en plus de ne plus avoir de rôle à se mettre sous la dent, Davis vient de se faire jeter par sa femme et est plus ou moins rejeté par ses "amis" du métier dont Gervais et Merchant qui jouent ici leur propre rôle. On retrouve alors les même ingrédients que dans chaque créations des compères. Un humour basé sur la gène, les situations pleines de malaise, mais aussi une sorte de mélancolie et un regard désabusé sur le milieu du cinéma. Car oui, Gervais et Merchant reprennent exactement la même formule que dans le passé. Life is too Short est d'ailleurs un cocktail de The Office et d'Extras. Difficile de ne pas y voir un manque d'imagination de même qu'une tête qui commence à grossir. J'en veux pour preuve que pour une fois, Gervais ne joue pas le rôle d'un raté mais celui d'un homme respectable et influent. Il laisse le soin aux autres de se ridiculiser. 

Si le passage de flambeau n'est pas un mal en soi, on ne peut pas passer sur l'évident condensé des réussites de The Office et d'Extras qu'est cette nouvelle série. Comme dans The Office on a affaire à un Mockumentary donnant lieu  à des regards caméra constant et des passages durant lesquels Davis se confie face à celle-ci, et on a une avalanche de guests comme dans Extras. Le duo pousse même le vice jusqu'à reprendre peu ou prou les mêmes personnages que par le passé. Le comptable du personnage principal par exemple, est un un auto-plagiat de l'agent incarné par Merchant dans Extras. On pourra pester autant que l'on veut sur ce manque d'idées fraiches mais de l'autre côté de la balance Gervais et Merchant balancent quelques arguments mejeurs.

Déjà et c'est le plus important, l'humour est au rendez-vous. Comme précisé plus haut on retrouve le comique de malaise et l'humour noir caractéristique du duo, renforcé par le fait que Davis est un nain et que forcément ce thème va graviter autour du show. Si fondamentalement la recette est la même, certaines vannes sont absolument sompteuses et la rythmique comique de l'ensemble est magistrale. Sauf peut être lors de l'apparation de Liam Neeson qui offre une scène légèrement trop longue et appuyée bien que très drôle...au début. Mais dans l'ensemble on rit beaucoup et on rit bien. De même, l'angle qu'ont choisi les deux amis british est intéressant et change du personnage principal d'Extras grâce à quelques nuances importantes. Déjà parce que Life is too Short pourrait être le prolongement de l'histoire d'Andy Millman après son (éphémère) succès et sa déchéance. Le problème est pris à l'envers et la série pourra par la suite aborder de front le triste sort des acteurs has-been. Sujet qu'Extras avait esquissé dans son intrigue principale et merveilleusement mis en valeur avec l'épisode consacré à Les Dennis.

Life is too Short a donc du potentiel et offre avec ce pilot une bonne dose d'humour et surtout le plaisir de revoir le duo Gervais-Merchant sur nos écrans. Le plaisir n'est pourtant pas total à cause de ce désagréable sentiment de revoir les mêmes ingrédients que dans les précédentes séries du duo. Comme s'ils avaient enfin répondu à l'appel préssent des fans de voir de nouveaux épisodes d'Extras mais en en changeant le nom. Il va falloir que la formule se renouvelle un minimum pour ne pas sombrer dans la facilité et la redondance et pour gommer ce sentiment que Ricky Gervais a un tout petit peu pris la grosse tête. Johnny Depp devrait lui remettre les idées en place.