Starz lançait cette semaine et en avant première sa nouvelle série baptisée Magic City. Les trailers, le pitch, le casting et même la chaine, tout donnait envie de se lancer dans cette virée dans la fin des années 50 qui bien evidemment n'échappera pas à la comparaison avec Mad Men ou encore feu The Playboy Club. Alors qu'en est-il de cette nouvelle production classieuse, ambitieuse et nostalgique ? Le pilote offre quelques élèments de réponse.

Magic City raconte l'histoire du prestigieux Miramar Playa Hotel dirigé par Ike Evans (Jeffrey Dean Morgan). Celui-ci est entouré de ses deux fils, Stevie et Danny, de sa seconde femme Vera (Olga Kurylenko) et de sa cadette Lauren. Graviteront autout de ce beau monde des mafieux, des tueurs, des syndicalistes, des associés pas toujours scrupuleux et du gratin avec dans cet épisode l'ombre d'un certain Frank Sinatra.

Ce premier épisode introduit donc sa galerie de personnages qui auront plus ou moins tous leur segment. Ike semble être un personnage principal assez profond, aux multiples facettes, qui à l'instar d'un Don Draper est aussi bien un père de famille qu'un type beaucoup plus sombre et torturé. Ce pilote pose donc les bases du show mais le fait parfois avec peu de finesse. Si on s'intéresse rapidement au fils ainé d'Ike, Stevie, qui va probablement causer nombre de problèmes rapidement, l'histoire naissante de Danny s'annonce trop classique. Il est d'ailleurs intéressant de noter que Magic City vit un étrange paradoxe. L'ambiance générale est baignée d'érotisme, renforcé par la politique de zéro tabou de Starz, tout en se plantant quasiment à chaque fois dans le domaine des relations amoureuses. Trop simpliste, parfois même caricaturale, Magic City explore très tôt les limites de ces séries se déroulant dans une époque ultra stylisée. Souvent très classe, on n'évite cependant pas la posture à quelques rares reprises. 

On pardonne toutefois rapidement ces tatonnements artistiques grâce à un scénario qui accroche et qui rempli parfaitement l'objectif premier d'un pilote, c'est à dire nous donner de l'espoir pour la suite. On voit naitre les différents enjeux, les troubles et les connexions entre les personnages. Si les auteurs ont eu du mal à construire les bases sentimentales du show, ils ont quand même brillamment réussi à en bâtir les fondements dramatiques. A ce titre, l'idée d'avoir donner une vraie personnalité à l'hôtel Miramar va permettre d'avoir un lieu fixe offrant moulte symboliques et possibilités narratives. 

Enfin, il faut revenir sur un des attraits principaux de la série, à savoir son ambiance. Comme expliqué plus haut, la série transpire l'érotisme et la présence de femmes sublimes et d'hommes non moins charmants renforce ce sentiment de naviguer dans un monde parfait, trop parfait. The Playboy Club, qui reprenait à peu près la même imagerie avait eu le tort d'en faire trop pour au final ressembler à un poster. Magic City se rapproche plus d'un Mad Men en offrant un aperçu de l'envers du décors, de cette époque qui était aussi propre sur elle qu'elle était violente et troublée. La présence d'éléments historiques comme les évènements de Cuba renforce cette prise de racines dans un contexte. Reste à voir si la grande Histoire ira influer sur la petite. Magic City est donc une belle série, soignée, classe, parfois too much certes mais qui a le mérite de nous emporter dans le passé. 

Starz lance donc ce qui pourrait bien être un nouveau succès, du moins créatif. Scénaristiquement prenant et prometteur, artistiquement léché, bien interprété, Magic City deçoit seulement dans le domaine du romantisme. On pourrait aussi trouver certains personnages un peu en retrait comme Vera, mais nulle doute qu'ils prendront de l'importance par la suite. On ressort alors confiant de ce pilote et on attend la suite avec grande impatience.