Rien ne sera donc épargné à Nintendo alors que les attentes pressantes atteignent leur paroxysme à quelques jours de l'ouverture des portes du mondial du jeu vidéo, le salon de l'E3. Analystes financiers comme développeurs doutent de la solidité et de la pertinence du modèle du constructeur. A moyen terme, l'échec commercial de la Wii U entrainant sa disparition de l'échiquier est devenue un scénario plausible (on ne rit pas, merci).
 
Le site IGN.com a organisé un tour de table auprès de développeurs dont l'identité est gardée secrète afin de recueillir leur sentiment sans langue de bois sur la prochaine console de salon du géant japonais. Pour 63% des intervenants, le défi sera immense. En cause, une Wii U dotée de << caractéristiques très complexes >> lorsque ce ne sont pas les complications liées au portage des jeux innovants vers d'autres formats qui sont pointées du doigt. La valeur discriminante de la Wii U écartera donc les développeurs opportunistes. Une stratégie du cavalier seul qui sera aussi profitable qu'elle ne l'a été avec la Wii, c'est en tout cas le pari que souhaite reproduire le fabricant.
 
Les analystes financiers qui avaient salué l'année dernière la nouvelle console de Nintendo par une baisse de 10% de l'action restent sur leur garde. << Le marché (financier) s'est rangé à l'idée que la position concurrentielle de Nintendo pourrait se dégrader immédiatement après cet E3 >> prévient Takeshi Koyama de Mizuho Securities. Après avoir été portée au nue, l'action Nintendo a atteint son plus bas de novembre 2003. La défiance est donc considérable : << ils ont intérêt à nous donner une raison d'y croire à nouveau >> alerte Divnich.
 
En installant durablement au premier rang mondial une console Wii aussitôt profitable (en plus du succès planétaire de la DS), Nintendo a accumulé un trésor de guerre de plus de 14 milliards de dollars. Une manne largement suffisante pour encaisser un accident industriel de la taille d'une Wii U qui elle-même emprunte énormément aux technologies HD à faible coût de production. C'est ce que semble "oublier" certains acteurs et observateurs de l'industrie profitant de la suspicion généralisée pour tirer à boulet rouge sur le géant japonais. C'est de bonne guerre, Nintendo ne cherche qu'à convaincre les joueurs.