À l’instar de Resident Evil, son pendant Silent Hill se cherche. D’épisode en épisode, la formule s’est délayée pour se perdre. L’externalisation de la franchise aux mains de studios occidentaux n’a pas aidé. Ce fut le cas de la déclinaison PSP du volet Silent Hill Origins élaborée par le studio britannique Climax Studios. À l’aune de sa réalisation, le projet connait déjà des soubresauts. Konami évaluait la faisabilité d’une réédition du premier opus commercialisé sur PSone en 1999 avant que la branche américaine de Climax Studios n’oriente le projet vers d’autres inspirations. Non sans casse.
 
Dans les colonnes du magazine Edge, le designer principal Sam Barlow révèle qu’Origins avait été initialement imaginé comme une comédie noire inspirée de la célèbre série américaine Scrubs. Initiative qualifiée de “bizarroïde” par l’intéressé. Le positionnement du jeu avait été âprement délibéré en interne : “nous avions rejeté cette proposition”, se souvient Barlow. L’équipe anglaise était vent debout face à ces errements conceptuels imaginés par la filiale américaine : “si nous lançons en l’état Origins, ce sera une catastrophe.” Konami trancha en faveur de Sam Barlow, l’équipe US fut limogée : “Origins ne disposait que de trois quarts de gameplay” noyé dans un océan de cinématiques.
 
Toutefois, la remise à zéro d’Origins devait se faire sous certaines conditions imposées par l’éditeur japonais : “vous pouvez tout recommencer, cependant vous ne bénéficierez d’aucun délai supplémentaire ni de rallonge budgétaire”. Le designer en chef fait fi des astreintes imposées par Konami : “j’ai réécrit le script, redessiné les niveaux et modifié les créatures le tout en une semaine” avant de réaliser que respecter les délais devenait bien vite intenables. Silent Hill Origns fut commercialisé en novembre 2007 et passa le filtre de la critique avec un succès nuancé.
 
Capcom s’est toujours refusé d’adapter sa franchise vedette sur PSP et son successeur. La conduite problématique d’Origins lui donne raison. Le champion de l’édition est d’ailleurs récemment revenu sur la popularité à peine écornée de Resident Evil, une série vieille de 17 ans. Le précédent RE5 oriente le concept vers la prédominance de l’aventure-action sur l’horreur, une gabegie pour les fans purs et durs. Le sixième volet consacrera cette voie controversée. Une orientation qui contraste fortement avec le recul historique transpirant du discours officiel : “le secret de la longévité de son audience réside dans ses décors travaillés l’horreur représente un type de divertissement commun à tous, toutefois Resident Evil emprunte un cadre plus réaliste avec le risque de pandémie plutôt qu’opter pour un contexte fantasmé”.
 
L’éditeur évoque aussi la maturité des différents héros qui a su accompagner l’évolution de la série : “un officier de police débutant est désormais membre d’une organisation opérant sous le contrôle direct du président des USA, ou encore une frêle jeune femme est devenue un agent américain”.
 
La septième génération de consoles de salon donnera certainement un nouvel élan conceptuel sinon graphique à un genre en pleine introspection.