Après mon article sur Falling Skies, je souhaitais en écrire un suivant à propos de Man of Steel. Mais mon visionnage de ce film a bouleversé mon planning tant j'ai des choses à dire à son sujet :

Je tiens préalablement à préciser que je n'ai pas lu le livre : je ferai donc pas une critique sur son adaptation, mais bien à propos du film en lui-même. De plus, mes arguments sont évidemment subjectifs et personnels : je ne suis pas là pour dire « c'est comme ça et pas autrement ! », mais uniquement pour expliquer pourquoi je suis ressorti de la salle de cinéma complétement déçu par ce que je venais de voir.

Le synopsis de World War Z est assez simple au demeurant : Gerry Lane (Brad Pitt) ancien enquêteur des Nations-Unies, mène une vie paisible avec sa femme et ses enfants. Mais la propagation d'un virus, transformant les personnes contaminées en « zombie », va l'obliger à reprendre du service afin de protéger sa famille et ainsi découvrir les origines de cette menace.

Brad Pitt, bien que tête d'affiche, est selon moi un défaut de ce film !

Le scénario, bien que très classique a le mérite d'être efficace et de ne pas perdre de temps : En une dizaine de minutes, le réalisateur nous met tout de suite dans l'ambiance de cette pandémie grandissante. Je m'attendais à un blockbuster grand public, mais aussi à un film avec une certaine « tension » car il s'agit tout de même de zombies. Mais je trouve personnellement que ce film n'a pas d'ambiance, ni de tensions : Marc Forester (le réalisateur) ne prend pas le temps d'installer une atmosphère stressante, ce qui ne permet pas selon moi au spectateur d'être captivé par le film et ce qu'il raconte.

Cela se voit tout d'abord par ses mouvements de caméra qui m'ont fait totalement décroché de certaines scènes : l'exemple qui me vient en tête est la scène de la cage d'escalier quand ils veulent monter sur le toit au début du film. A ce moment-là, les couloirs sont étroits, il n'y a pas de lumière et la caméra bouge sans arrêts ! Je sais que Brad Pitt se fait attaquer par des zombies, mais comment il s'en sort : je n'en ai aucune idée ! Je n'ai rien compris à cette scène tellement elle était mal filmée et mal découpée (m'obligeant alors à sortir du film).

Il faut avouer que ce type de plan est sympa à regarder...

En résumé, tout va trop vite dans ce film pour avoir le temps d'installer une ambiance, et cela vaut également pour les zombies eux-mêmes ! Ce que je vais dire est très personnel, mais transformer un humain en zombie en « 10 SECONDES, TOP CHRONO » (je n'exagère pas, même Brad Pitt fait le décompte) est juste ridicule : quand une personne se fait mordre, on a à peine le temps de ressentir quoique ce soit car elle est déjà « zombifiée ».

De plus dans ce film, les zombies sont loin d'être débiles ! L'exemple, le plus flagrant est la scène à Jérusalem où ils s'empilent les uns sur les autres afin de franchir le mur (de plusieurs dizaines de mètres) qui les sépare des humains. Ma conception d'un zombie est qu'il est cérébralement mort, alors qu'en voyant cette scène, je me suis dit : « Ah ouais, pas con... ». Si vous n'êtes pas convaincu, il y a aussi le moment où l'on s'aperçoit qu'un zombie était planqué dans un avion sans que personne ne l'ait vu : il est tellement intelligent qu'il est resté caché pendant tout le décollage et a attendu que les passagers soient détendus (c'est une hypothèse personnelle, mais c'est ce à quoi j'ai pensé en voyant le zombie débarquer).

Merci à Elyes Gabel pour nous avoir donné une telle scène !

Il y a aussi pas mal de scènes où j'ai rigolé tellement j'étais gêné pour ce film (je me marre encore en y repensant) : la scène la plus évidente est la morte stupide et ridicule d'un scientifique que l'on croyait jusqu'alors indispensable à la compréhension et résolution de cette pandémie. Il aurait pu mourir mordu par un zombie, cela aurait été cliché mais probable. Mais au lieu de ça, le scientifique apeuré par l'arrivée de zombies, décide de remonter dans l'avion (jusque-là pas de problème) lorsqu'il glisse et fait tirer son flingue en tombant. On croit qu'il simplement blessé quand Brad Pitt déclare : « Il est mort ! ». Je crois que cette scène restera gravé dans ma mémoire de cinéphile, tellement j'avais envie de rigoler croyant à une mauvaise blague ! C'était la scène de trop ! A partir de là, je n'étais pas du tout captivé par ce film (et le pire c'est que l'on en est à la peine à la moitié).

Bienvenue sur « Brad Pitt's Airlines » !

La scène où Brad Pitt se crache en avion au milieu de nulle part est également symptomatique des blockbusters : alors que notre héros est blessé à la « Lara Croft style » (une ferraille est plantée dans son flanc) il arrive tout de même à se rendre au siège de l'OMS des Nations-Unies, situé à environ 5 minutes de l'avion ! Genre avant de s'écraser, il avait un GPS dirigé vers le siège de l'OMS ?!

Face à ces incohérences, Brad Pitt ne peut pas y faire grand chose, je le trouve même mono-expressif... Son jeu d'acteur n'est pas mauvais, mais il est tellement banal... De plus, le fait d'avoir choisi cet acteur ne permet pas d'avoir peur pour lui. L'on sait par avance qu'il s'en sortira indemne, il n'y a jamais de tensions en ce qui le concerne. C'est le stéréotype américain omniscient qui sait dés le début du film qu'un humain infecté se transforme en 10 secondes (alors que l'on est censé ne pas savoir grand chose à propos de ce virus). Le rôle de sa femme, dans le genre « useless »... Elle ne sert à rien et ne fait pas du tout avancer l'histoire lorsque le montage du film s'intéresse un peu à elle...

 

Bref... Que vais-je retenir de ce film ? Pas grand chose... Hormis peut-être, les nombreuses vues-panoramiques que propose Marc Forester qui restent sympas à regarder. Je précise encore une fois qu'il s'agit ici de mon ressenti personnel sur ce film : je n'ai pas choisi de le détester, car comme je l'ai dit au début de cet article, je n'ai pas lu le livre, je partais donc avec un bon espoir de passer un bon moment. Mais...