C'est une véritable concurrence dans la surenchère sémantique que se livre Crytek et Epic. Le studio allemand mondialement reconnu pour le scintillant Crysis, est bien décidé à faire jeu égal avec son homologue américain voire même le distancer dans le nouveau round des consoles nouvelle génération. Les hostilités commencent donc sur le papier, les déclarations d'intention sont reines, ce qui fait le bonheur des médias spécialisés.
 
 
Ainsi, la tête pensante de Crytek, Cevat Yerli n'y va pas par quatre chemins : "il y a deux équipes travaillant en parallèle sur le CryEngine, précise Yerli au magazine C&VG.com. L'une est dédiée au perfectionnement de la version actuelle tandis que l'autre planche sur un monstre technologique." Ce nouveau moteur 3D qui n'est peut être pas la version 4 de son middleware vedette est pompeusement présenté comme un environnement technologique un cran au dessus de ce prochain cycle à l'échéance imminente. Une exagération de trop ? Pas sûr : "il y a deux ans, nous avions déjà anticipé l'avenir avec notre CryEngine maintenant c'est devenu la norme technique nous ne nous sommes pas pour autant reposés sur nos lauriers, nous avons encore pris de l'avance."


 
 
Ce qui fait de Crytek un interlocuteur crédible et un partenaire incontournable pour les constructeurs rappelle Yerli : "nous avons été l'un des premiers studios au monde à avoir accès à toutes les consoles de prochaine génération. Bien évidemment, nous ne pouvons nous épancher dessus cependant nous sommes au fait des tenants et aboutissants des consoles de ce nouveau cycle." Une position privilégiée qui ne donne pas toujours satisfaction si l'on en croit sa première expertise sur les prochains standards graphiques des Xbox Durango et PlayStation Orbis : "Je pense que les joueurs... il ne met pas permis d'émettre un jugement de valeur parce que je risque un violent retour de bâton de la part des fabricants. Toutefois, mon opinion est que cette next gen ne renvoie pas une image claire d'elle-même."
 
Une opinion partagée par Epic dont le rôle auto-attribué est de pousser les constructeurs en l'occurrence Microsoft avec qui il entretient d'étroites relations d'affaire, à dépasser le consensus technologique peu ambitieux qui domine également chez Sony. Les constructeurs auraient donc choisi d'opter en faveur d'un lissage technologique à l'exemple de Nintendo, une thèse contraire aux feuilles de route des deux studios qui se disputent le leadership des moteurs 3D.
 
 
Crytek dans sa grande sagesse oeuvre donc en secret à la mise au point d'une bombe technologique à l'instar de Crysis, véritable vitrine du savoir-faire technique du studio qu'aucun PC n'était en mesure de supporter dans les premières semaines de commercialisation. Pour le moment, la tête pensante de Crytek se refuse à tout commentaire, préférant montrer les dernières innovations du CE 3.0. L'épisode 3 de Crysis fera un généreux étalage des "améliorations apportées" allant "d'une végétation réactive à la physique comme le vent" aux monstres d'acier "quadrupèdes, d'ordinaire leur animation tient du casse-tête mais nous avons réussi le tour de force de gérer efficacement cette masse de calculs."