Haruki Murakami est un de mes auteurs, si ce n'est mon auteur préferé. Ses histoires mélangeant réalisme, fantastique et absurdes ont un effet extraordinnaire sur vous, et ses romans font partie de ces livres que l'on repose en réflechissant sur sa propre existence.

Mais ce qui est particulièrement chez Murakami, c'est l'aspect hypnotique de ses récits. Il a toujours les mêmes parternes, toujours les même personnage, mais le rythme de son écriture fait mouche a chaque fois. Et puis il y a cette force d'identification au personnage, qui est assez magique.

"Kafka sur le rivage" m'a transcendé. Je me suis projeté dans la peau de cet ado de 15 ans (j'en ai 17, donc ce n'est pas très compliqué), et j'avais l'impression que toutes ses préocupations avait un lien avec les miennes, et elles y amenaient des réponses.

"Danse danse danse" a eu le meme effet, mais le personnage était cette fois un trentenaire avec un rapport aux autres très humain.

Pour "La ballade de l'impossible", le charme agit encore.

Mais lisons le résumé avant tout.

Au cours d'un voyage en avion, le narrateur entend une chanson des Beatles : "Norwegian Wood". Instantanément, il replonge dans le souvenir d'un amour vieux de dix-huit ans. Quand il était lycéen, son meilleur ami, Kizuki, s'est suicidé. Kizuki avait une amie, Naoko. Ils étaient amoureux. Un an après ce suicide, le narrateur retrouve Naoko. Elle est incertaine et angoissée, il l'aime ainsi. Une nuit, elle lui livre son secret, puis disparaît... Hommage aux amours enfuies, "La Ballade de l'impossible" est un magnifique roman aux résonances autobiographiques, d'une tendresse et d'une intensité érotique saisissantes.

« Murakami place son roman sous la tutelle de Salinger et de Fitzgerald. Il mêle la grâce à la noirceur avec une subtilité et une élégance qui sont, définitivement, la marque des grands écrivains.»
Raphaëlle Leyris, "Les Inrockuptibles"

Le déroulement est classique. C'est un trio amoureux, comme on en a tant dans l'histoire de la littérature. Mais l'histoire est complexe, les personnages ultra attachants, tourmentés, mais toujours très humain.

Et on rencontre surtout un érotisme cru, violent, mais restant toujours réaliste sans jamais sombrer dans la vulgarité.

Afin de décrire mieux ce livre, je le mettrait en parrallele avec le film de Tran Anh Hung, le réalisateur de "L'odeur de la papaye verte".

Adapter un livre basé essentielement sur la psychologie des personnages, c'est compliqué. Le livre est long, dense, intense émotionnelement. Il fallait donc faire des sacrifices.

L'histoire de Reiko, que je ne détaillerait pas, est zappée.  La relation entre Midori et Watanabe n'est pas vraiment abordée. La fin est décevante. La puissance érotique et la crudité érotique manque, ou est abordée maladroitement, et de nombreux passages sont beaucoup trop long, et on le regrette au vu de l'important nombre de scènes absentes.

Malgré tout, le film a des qualités. A commencer par son casting, emmené par Rinko Kikuchi (que l'on a vu dans Babel, d'Alejandro Gonzalez Inarritu), Kenichi Matsuyama et Kiko Mizuhara.

La bande son hypnotique de Jonny Greenwood, appuie une grande poésie d'ensemble, avec quelques plans magnifiques.

Bref, les amateurs du livre aimeront le film, meme si il est bourré de défauts.

Et ceux qui n'ont pas lu le livre vont se dépecher de se jeter dessus, tout de suite!