Aaaah Lightning Returns, ce jeu que j’ai adoré détesté pendant toute l’année de son annonce. Il faut dire que FF XIII-2 m’avait sacrément refroidi, et même totalement dégoûté de la saga Final Fantasy XIII, alors que le premier opus est un jeu de qualité tout à fait honorable mais qui souffre simplement d’un trop gros poids qu’est toute la série pré-X et surtout l’ère Amano/Uematsu qui est derrière elle à présent.

Enfin, l’heure n’est pas aux pleurnicheries, ci je déterre cet amas de poussière, c’est bien pour ressortir un test, un test du jeu le plus insulté de début 2014. Justifié ? C’est bien toute la problématique à laquelle je vais tenter de répondre dans ces quelques lignes.

 

XIII jours

 13 jours... pas tant que ça

 

13 jours, c’est bien la deuxième chose qui a le plus été vanté par SE lors de la promotion du jeu (la première étant la poitrine de Light). Un jeu avec une chronologie, avec une pression continue sur l’horloge, beaucoup de jeux de niches japonais sont passés par là, la saga des Ateliers, Persona, et même le célèbre Zelda Majora’s Mask. Tous ont prouvés qu’il était possible de presser le joueur à leur manière, MM ayant même poussé le vice en laissant une limite de temps tellement minuscule au joueur qu’il était forcé de revenir dans le temps. Alors, comment se débrouille Lightning ?

J’ai tout d’abord pensé que le jeu allait poser une difficulté assez grosse rien qu’avec cet ajout, j’ai d’abord cru à une confirmation quand on voit que les 13 jours se gagnent et ne sont pas donnés dès le début du jeu. On commence la partie avec 6 jours et un peu plus s’ajoute à chaque quête principale terminée. Autant dire qu’au bout de deux jours passés sans avoir fini la première quête je commençais à m’inquiéter du sort de Lightning, et pourtant.

Pourtant une fois cette première quête terminée, j’ai gagné deux jours, puis j’ai enchainé les autres quêtes principales avec une tel rapidité qu’il me restait environ 7 jours pour boucler les quêtes secondaires. La « difficulté » par le temps que propose le jeu n’est donc que superflue, car à part la quête de Caius qui est assez compliqué à battre, les autres ne posent aucun problème, deux d’entre elles se payent même le luxe de n’avoir aucun boss à battre.

Le principal fautif à cette facilité étant finalement le système de Chronostase, contre 1PE (Points d’Energie qu’on gagne assez régulièrement en combat), on peut stopper le temps pour une heure IG, et elle n’est pas limitée en dehors de son coût en PE ce qui peut allonger les jours de manière extrême.

 

XIII Dieux ?

 L'arche aura souvent droit à notre visite

 

Le running gag de la série FF XIII aura été de rallonger la liste de divinité et de leur donner à tous une bonne raison de pourrir l’humanité. Ici le Dieu au centre de l’histoire sera Bhunivelze, Dieu chargé de créer un nouveau « monde » pour l’humanité. Alors que Etro est morte, les Hommes ne vieillissent plus, et ne meurt qu’en cas de maladie, ou de meurtre dans le pire des cas.

Bhunivelze charge donc Lightning de guider les âmes vers le nouveau monde en les délivrant de ce qui les empêche de partir. Un père disparu, un journal intime perdu, tout le monde a une bonne raison de ne pas partir, et tous se ruent sur notre héroïne dès qu’ils en ont l’occasion. Bien évidemment, Final Fantasy ne nous berne plus aussi facilement, et on sait tous que ce fameux Dieu sera vite antagoniste.

 Ser... Lumina est elle un ennemi ou non ?

 

Le scénario n’est pas des plus intéressants, il manque clairement d’ambition et ne fait qu’éclaircir les zones d’ombres qu’avait apporté injustement FF XIII-2. D’ailleurs la fin, même si elle clôture la série comme elle en avait bien besoin, est tellement grotesque qu’elle en devient hilarante. Nous sommes loin de la mythologie passionnante qu’avait apportée cette saga. De manière générale, FF XIII est d’ailleurs totalement oublié et à part apporter des caméos et ses anciens personnages, ne sert strictement à rien, tout le monde a l’air d’avoir oublié les évènements de cet épisode et le jeu tout entier tourne autour de la résurrection de Serah.

 

Bien plus de XIII tenues

 

 fan service, classe, japfag... l'embarras du choix

 

Le gameplay de LR peut de prime abord paraitre totalement grotesque. Se battre avec 3 tenues différentes, ayant toutes des capacités variées et poussant le joueur à se lancer dans la lingerie pour arriver au bout du jeu. Le système de jobs des deux premiers épisodes commençait clairement à s’essouffler, c’est certain et ce n’est pas FF XIII-2 et ses invocations qui sont venu renouveler la chose. En revanche apporter la possibilité de créer son propre set à partir d’une soixantaine de tenues, de gérer ses armes indépendamment des costumes, de gérer également ses sorts et attaques, en offrant le pouvoir au joueur de faire son propre héros est un risque qui est parfaitement réussi.

Brouillons de prime abord, les combats deviennent vite intéressant

 

Le jeu est en effet assez libre et ne force pas le joueur à adopter une seule stratégie contre tel monstre. C’est sûr que certains boss seront invincible sans passer par la case ravageur, mais d’une manière générale toutes les techniques sont valables. Il m’est arrivé d’avoir envie de jouer saboteur et j’ai très bien réussi à passer ma journée à ridiculiser des monstres et même un gros boss rien qu’en m’acharnant sur le poison et la magie, chose que les anciens Final Fantasy étaient bien incapable de faire, d’ailleurs l’attaque poison en elle-même a gagné son utilité via cette trilogie car avant les monstres étaient bel et bien tous immunisés contre ce malus, ou si ils ne l’étaient pas, son taux de réussite était tellement pathétique que se concentrer sur celui-ci était égal à courir après la mort.

En parlant de tenues, celles-ci ont un design assez spécifique, certaines sont passables voir très sympathiques, d’autres n’ont qu’un but fan service. Mais bien souvent les costumes les plus utiles ont un design tout à fait correct, ce qui évite à Lightning d’être trop ridicule en combat (et surtout lors des cuts scenes ou elle garde la tenue en tête de liste, il suffit d’arriver face à Caius en matador pour comprendre le ridicule de la chose).

 

En conclusion

Peut être pas XIII bonnes raisons d'y jouer mais...

 

 Des fois, elle sourit

 

Lightning Returns est un jeu qui m’aura plu. J’ai beaucoup aimé le parcourir, le fait que le système de combat soit libre et d’une difficulté assez bien dosé permet d’y jouer en se creusant les méninges de manière modérée mais certaine puisqu’arrivé à un certain point les monstres ne sont plus là pour rigoler, mais comme dit plus tôt ils ne sont pas bloqués sur une seule manière de les achever et on peut très bien continuer sans avoir à changer de style continuellement pour tel ou tel monstre.

En revanche, y jouer pour l’histoire est complètement inutile, comme celle-ci d’ailleurs, on la devine du début à la fin, excepté l’ending qui reste vraiment, totalement absurde. D’ailleurs si je voulais je conseillerai ce jeu rien que pour avoir une grosse barre de rire à la fin, après la rage qu’a provoqué celle du XIII-2, elle est tout à fait recevable.

Enfin, la facilité du déroulement des XIII jours est compensée par la difficulté des combats annexes qui poussent à la réflexion, et qui nécessitent souvent d’être préparé, les nombreux jours restants à ne rien faire sont d’ailleurs bien utiles ici.

 

Lightning Returns est donc un jeu qui a facilement le cul entre deux chaises, d’un côté il propose un gameplay très intéressant et qui vaut le coup d’être essayé, et de l’autre c’est strictement tout ce qu’il propose, à moins d’aimer les scénarios décousus et totalement nanar.