Je suis retombé sur ce Disney dernièrement. Ça faisait un petit moment (on va dire plusieurs années...) que je ne l'avais pas vu. J'ai été un peu sur le cul en fait. Sous ces airs de comédie musicale superbement animée se cache un film hautement mature, à la manière d'un Taram mais sans le côté noir et glauque. Le Bossu... est un des films Disney les plus forts et les plus riches que Disney ait jamais fait.

Déja, techniquement, c'est probablement un des plus aboutis. Usant des techniques anciennes (la fameuse caméra multi-plans, ici adaptés à l'informatique) et des techniques nouvelles: le film utilise grandement d'éléments 3D de fort belle manière. D'abord pour créer une foule crédible plus facilement (que je n'avais pas remarqué à l'époque, mais quand on place le regard dessus, ça choque plus évidemment^^), et ensuite pour certains plans où le décor est en 3D (notamment la séquence de fin devant Notre-Dame en flammes), ce qui donne lieu à des séquences encore aujourd'hui époustouflantes tant la froideur de la 3D vient ici sublimer le charme de la 2D.

Et puis l'histoire est plutôt respecté par rapport au livre, et ne fait fi de l'essence originale. Les thèmes (la différence, la religion) sont relativement forts, et le personnage de Frolo est un des méchants les plus intéressants jamais crée. Attaché fortement à tout ce que représente Notre-Dame par rapport à sa position au sein de Paris, l'homme arrive malgré tout à différencier le bien du mal et devient égoïste en épargnant Quasimodo. Une pauvre créature de Dieu, selon lui, qui lui permet d'avoir toujours sa bonne action sous la main afin de pardonner ses innombrables pêchés. Et sa relation avec Esmeralda (à la limite de l'érotisme) est incroyablement ambigüe. Pour seule preuve, sa scène de chanson devant sa cheminée (Hellfire) est d'une force incroyable.

Sous ses airs de films Disney pour les enfants se cache une oeuvre avec plusieurs niveau de lecture, que Disney ne propose pas suffisamment d'ailleurs. Heureusement qu'il y a les gargouilles (qu'on peut associer avec les différents aspects de la personnalité de Quasimodo, et qu'on peut penser imaginaires...), la chèvre et la légèreté de Phoebus pour rendre ce dessin-animé tout public parce qu'en dehors de ça, il reste étonnamment adulte...