Mon jeu doudou.

Dans une période où je cherchais des jeux d’exploration/survie originaux pour sortir des modèles classiques Minecraft en 3D ou bien Terraria en 2D, j’étais à l'affût de toute bonne nouveauté qui sortait en early access. Certains ne sont pas sortis de l’œuf, d‘autres m’ont fait passer de bons moments et puis il y a eu le mouton à cinq pattes.

En 2016 quand j’ai acheté ce jeu en version alpha sur Steam, rien ne présageait un futur coup de foudre mais les vidéos YouTube que je suivais depuis 2015 sur le développement d’Astroneer de System ERA laissait imaginer leur volonté de bien faire. Même si le studio nous invitait à prendre avec humour tous les bugs que l’on pouvait rencontrer durant cette béta perfectible, le concept (encore limité) posait les bases d’un grand jeu en devenir. Sorti en février 2019 en version 1.0 puis pendant 3 ans, les ajouts et mises à jour saisonnières faisaient que l’on redécouvrait le jeu à chaque nouvelle partie. Après des sorties successives sur PS4 et Xbox, c’est au tour de la Nintendo Switch d’accueillir Astroneer.

Comme un poisson hors de l’eau.

Arrivé dans un nouveau système solaire à explorer, votre capsule EXO Dynamics se pose sur une planète verdoyante et se transforme immédiatement en base avec seulement une plateforme d’atterrissage et un abri vous fournissant le minimum d’oxygène et d’énergie pour en faire tout juste le tour. Votre combinaison intègre un petit réservoir d’oxygène pour explorer les alentours pendant un peu plus d’une minute avant de suffoquer. Mourir n’est pas bien grave, vous repartez de votre base mais sans le contenu de votre pack et votre véhicule (tout reste là où vous étiez), il faudra refaire le chemin pour tout récupérer.

En plus de la barre bleue, qui représente votre niveau d’oxygène, sur votre pack dorsal, il y a une barre jaune graduée de 10 unités d’énergie. Voici les choses à bien contrôler pour une exploration sans risque. Pour cela, il faudra être constamment relié à un abri ou un véhicule pour avoir de l’énergie et oxygène en permanence. Pour cela, votre pack intègre une petite imprimante 3D qui vous permettra, en autre, de créer des rallonges pour étendre la zone d’exploration. Mais les imprimantes ont besoin des bonnes ressources pour crafter les bons objets.

L’outil de terrain est votre principal allié pour récupérer ses ressources qui seront stockées dans votre pack. Heureusement les ressources élémentaires sont faciles à trouver et en grande quantité. Certaines ressources ne sont accessibles qu’en haut des montagnes ou dans les entrailles des planètes. D’autres n’existent que sur d’autres astres. 

Oxygène, Energie et Octet : La triforce d’Astroneer

Tout ceci va vous demander d’améliorer votre équipement. Pour vous aider, le journal des missions sur la plateforme d’atterrissage vous aidera sous la forme d’un guide pour éviter de trop s’égarer dans la multitude de choses à faire. Chaque mission réalisée est récompensée par de l’équipement et/ou des ressources et vous aidera à progresser dans la bonne direction. A trop vite s’agrandir, on peut vite se retrouver à cours d’énergie. Tous les éléments de votre base peuvent se relier par de gros câbles transportant oxygène (fil bleue) et énergie (fil jaune plus ou moins épais en fonction de l’énergie disponible), pour former un réseau dense telle une toile d’araignée afin de relier toutes les sources possibles d’énergie (solaire, éolien, combustion, nucléaire) aux différents équipements énergivores pour le bon fonctionnement de votre base. Les batteries seront les bienvenues pour stocker de l’énergie en cas d’excédent de production et voir venir en période de vaches maigres…

Pour améliorer votre équipement et votre base, vous aurez aussi besoin d’effectuer des recherches.
Les missions de la plateforme d’atterrissage vous fournira des Octets de recherche ponctuellement mais c’est l’exploration qui vous en offrira le plus suivant les opportunités. Votre catalogue des recherches est accessible par la gauche de votre pack dorsal. Les éléments sont déblocables en échange d’octets et sont classés par type et par taille suivant le format de l’imprimante nécessaire pour le créer. Il faudra donc faire la chasse aux octets en ramenant des végétaux et des roches pour les analyser. Il se peut que vous tombiez aussi sur du matériel laissé par des expéditions précédentes qui ont connu un funeste destin ou dans les tétraèdres d’aide de recherche d’EXO Dynamics à l’ouverture énigmatique…

On nous cache la vérité : La terre n’est pas plate mais la lune est creuse !

Le système solaire est composé de 5 planètes et 2 lunes. Chaque astre a sa propre vitesse de rotation sur elle-même, cela influe sur la durée du cycle jour-nuit, important pour les sources d’énergie solaire.
Certaines ont une atmosphère bien plus balayée par les vents que d’autres, pratique pour l’énergie éolienne. Bien sûr, la végétation peut aussi être brûlée pour produire de l’énergie en toute condition mais c’est moins écologique (même si ce dernier point n’a aucune incidence sur le jeu ^^). N’espérez pas avoir du nucléaire avant de nombreuses heures de jeu.
les lunes ont un diamètre inférieur aux planètes, on en fait le tour plus rapidement qu’une planète standard et les grottes sont du coup moins importantes.

Vous verrez très vite que le relief (généré procéduralement pendant la création de votre partie) des planètes fourmille de cavités à explorer. Votre outil de terrain, en plus de creuser des trous, peut aussi créer des volumes ou bien lisser les surfaces (avec les outils adéquates), ainsi le côté Sandbox d’Astroneer prend tout son sens. Vous pourrez faire vos routes, aménager des galeries souterraines, construire des étages à votre base.

Il faut faire attention à chaque détail que l’équipe de System Era a pris soin de mettre en place, comme la mécanique céleste réaliste qui rend l’expérience la plus logique possible. Comme vous repérez facilement sans boussole par exemple, quand vous êtes à l’équateur d’une planète, de nuit, vous verrez la voie lactée pile au-dessus de votre tête. Allez vers les pôles, fera que le soleil est à peine au-dessus de l’horizon et vous limitera si vous utilisez l’énergie solaire. La courbure des planètes donne un effet « terrain de foot de Olive et Tom » aux plaines avec un horizon peu lointain.

Vers l’infini et au-delà

Vous n’allez pas longtemps faire de l’exploration à pied en plantant des rallonges tous les 10 mètres. Rapidement, vous aurez accès à un véhicule qui vous permettra d’aller plus loin et plus profond dans les méandres de la planète, découvrir de nouvelles ressources.

Le raffinage et la chimie vont permettront d’accéder à des véhicules plus imposants et même des fusées pour découvrir de nouveaux environnements sur d’autres astres. Il faudra vous familiariser avec le système de stockage pour éviter les nombreux aller-retours. Les petits éléments ont une seule base d’accroche et cela double à chaque fois que ça augmente de taille (moyen = 2, grand =4 et très grand = 8).

Votre base devra être bien organisée avec les bons supports pour recevoir les bonnes structures. Vous pourrez mettre jusqu’à 3 remorques derrière votre véhicule tracteur. Rien ne vous empêchera de transformer votre convoi en base mobile destiné à l’exploration complète d’une planète pour résoudre le mystère autour d’étranges artefacts extraterrestres …

L’exploration non rationnée

Bien sûr, Je me tairais sur les nombreuses surprises que le jeu vous propose, pour ne rien vous divulgâcher. Mais sous ces aspects simplistes de jeu en Low Poly se cache un modèle de jeu d’exploration basé sur une réflexion réaliste de la colonisation spatiale. Évidemment le gameplay est simplifié au mieux pour ne pas devenir une simulation trop rébarbative.

Les mécaniques de gestion de l’énergie sont une des choses qui a amené à une profonde réflexion de System Era et a été le plus modifiée pendant les nombreuses mises à jour. D’ailleurs, fréquemment dans le jeu, je vous recommande d’aller dans les options et d’aller sur la fusée (astropédie), on y trouve de petits tutoriels aussi simples que pratiques pour appréhender une nouveauté.
Certaines structures ne sont pas forcément instinctives pour les nouveaux joueurs.

Le côté survivaliste de jeu reste léger et la difficulté est limitée à une végétation plus ou moins létale qu’il faut éviter le plus possible ou bien d’une chute dans une crevasse trop profonde.

Le crafting et ramasser du loot ne sont pas ma tasse de thé dans ce genre de jeu. Mais avec de l’ingéniosité et du talent, on peut vite automatiser beaucoup de tâches et n’avoir plus trop besoin de s’attarder sur cela.

La musique, peu redondante, s’adapte en fonction de la journée et du type de biome où vous êtes. Elle vous accompagne et sait se mettre en sourdine pour profiter de l’environnement.

Même si la durée de vie du mode aventure est de 50 à 80 heures pour faire le tour complet du jeu. Vous pourrez y revenir grâce à des événements temporaires thématiques (halloween, noël, etc) pour débloquer des skins inédits. De plus, l'équipe apporte fréquemment de nouveaux éléments (véhicule, source d’énergie).

Le mode multi permet de jouer jusqu’à quatre sur la même partie. Après libre à votre imagination de faire ce que vous voulez y faire comme un « Rocket League », une course de luge, une boîte à musique, etc. le mode créatif est parfait pour ça (attention, il ne permet pas de débloquer les succès et on ne peut revenir au mode aventure).

La sortie du jeu sur Switch est accompagnée d’une nouvelle mise à jour inédite.

Le test a été réalisé sur la dernière version du jeu sur Steam. Nous n’avons aucune idée de la fluidité du jeu quand on avance fortement dans le jeu et que le joueur a énormément modifié une planète malgré les 1080p et 30 fps en docké. Même si la Switch prend en charge les claviers et souris branchés en USB, je ne sais pas si cela a été intégré dans cette version Switch, de même pour la gestion du motion gaming sur les Joycons. 

La version Switch du jeu est préue le 13 janvier 2022 sur l'eShop, et le 18 Février 2022 en version boîte chez Just For Games.

Une mise à jour de l’article sera faite lorsque nous aurons pu jouer suffisamment à la version Switch ( via la version cartouche qui sera disponible en février).

Le jeu s’adresse :

  • Aux joueurs qui ont l’âme d’un explorateur
  • Aux joueurs qui veulent tenter un jeu de survie très peu punitif
  • Aux Géo Trouvetou en herbe, fans de Mécano et de Lego technique
  • Aux accros de la redstone dans Minecraft

Le jeu ne s’adresse pas :

  • Aux joueurs qui veulent tirer sur tout ce qui bouge
  • Aux joueurs qui préfèrent les jeux narratifs et scénarisés
  • A ceux qui ne jurent que sur le 4K 120 fps
  • A ceux qui poncent les blockbusters pour vite entamer le suivant sans se retourner

Addendum :

Je n’en ai pas parlé volontairement dans ce test car je voulais laisser la surprise aux nouveaux joueurs mais ce jeu possède un Lore. Dans les premières versions, le vaisseau principal du joueur est en perdition en arrivant dans le système solaire et le joueur s’écrase sur la planète dans une nacelle de secours. La première planète était bien plus hostile avec des tempêtes mortelles qui faisaient le tour toutes les ½ heure. La structure de la planète est quelconque et il n’y a aucune trace d’élément extraterrestre. à partir de la version 1.0, plus d’avarie à bord. On se pose normalement pour explorer le système solaire et découvrir les mystères qui s’y cachent. Les tempêtes ont disparu depuis longtemps, certainement pour rendre le jeu plus accessible. on savait depuis quelques mois, que la nouvelle mise à jour de 2022, qui accompagne la sortie de la version Switch, amenait l’arrivée d’un pet, une petite créature, à l’aspect de gastéropode, qui vous accompagnera dans le jeu. l’équipe de System ERA vient de prévenir que cela se fera avec une modification du Lore tournée autour de cette créature … affaire à suivre !

Nous vous encourageons fortement à suivre le compte Twitter @Astroneergame pour découvrir en temps voulu les prochaines surprises que vous réserve l'équipe

Test réalisé par Izis