Rien ne se perd tout se transforme. Voilà un adage qui semble particulièrement adapté aux jeux vidéo qui aiment reprendre à leur compte des formules éprouvées, parfois en les mixant avec autre chose. Circus Electrique, le nouveau jeu de Zen Studios (Zen Pinball, CastleStorm...) et de Saber Interactive (World War Z, NBA Playgrounds...) est dans cette mouvance en empruntant le principe de base de Darkest Dungeon et en le transposant dans un autre univers un peu moins torturé. Vu la qualité de Darkest Dungeon c'est avec plaisir qu'on va découvrir cette joyeuse revisite.

C'est un vrai cirque

Circus Electrique prend place dans un Londres fictif, mi victorien mi steam-punk. Dans ce monde, un grand cirque appelé Circus Mecanique est apparu des cendres d'un cirque rival appelé Circus Electrique, disparu à la suite d'un tragique accident. Mais voilà qu'après de nombreuses années le Circus Electrique s'apprête à faire son grand retour avec un numéro exceptionnel. Vous dirigez Amelia, journaliste de la gazette de la ville, mais également nièce du monsieur loyal du cirque. Venue couvrir à contre coeur l'événement suite à des problèmes familiaux, notre héroïne se retrouve rapidement dans la tourmente lorsque durant le spectacle un incident se produit et que sans explication les gens de la ville se mettent à devenir fous. Atteints d'une sorte de rage, ces londoniens - qui se font rapidement appelés abominables - se mettent à attaquer gratuitement la population. En bonne journaliste, Amélia va donc aller enquêter sur le terrain pour comprendre ce qu'il se passe. Mais ne sachant pas se battre, elle se retrouve forcée de demander de l'aide au Circus Electrique pour la protéger. Si le scénario semble assez banal au premier abord, il se dévoile régulièrement à mesure de la progression dans le jeu pour prendre tout son sens. Contrairement à Darkest Dungeon, tout est ici fait pour scénariser au maximum l'action. Outre les inévitables cinématiques, le jeu fait progresser la narration via des phases d'interview permettant de s'intéresser au passé pour mieux comprendre le présent. Les multiples écrans de chargements (trop longs au demeurant) sont aussi l'occasion d'ajouter un peu de lore à cet univers plus consistant qu'il n'y parait. Après chaque journée de jeu, la gazette du jour apportera encore un peu plus de contexte en mettant des mots sur les actions du jour.

Ce soir le grand cirque ouvre ses portes

L'avancée dans l'histoire de Circus Electrique (oui car aussi étrange que cela puisse paraitre il ne s'agit pas d'un rogue like même s'il en garde certains éléments) se fait avec une alternance de phases qui constituent une journée. On commence donc par s'occuper de son cirque dans une partie gestion simplifiée. A mesure de l'avancée dans le jeu et des ressources récoltées on peut donc agrandir le cirque en ajoutant de nouveaux bâtiments ou en les améliorant, crafter des objets, recruter de nouveaux artistes, les envoyer à l'infirmerie, en assistance chez l'oracle ou encore en centre d'entrainement. Mais l'activité principale va être de monter un spectacle. Il s'agit donc de choisir le type de spectacle, d'y assigner des artistes ayant plus ou moins d'affinités avec les tours et entre eux, choisir le type de récompenses, ajouter des objets optimisant les résultats et enfin le valider en attendant le résultat. Les premiers spectacles ne dureront qu'une journée, mais les plus complexes ne porteront leurs fruits que plusieurs jours plus tard. Chaque artiste assigné à une tâche est donc occupé durant ce laps de temps. Il convient donc de garder au moins 4 artistes disponibles pour faire partie de l'équipe d'exploration. Il est possible durant chaque journée de faire avancer son équipe (qu'on aura préalablement équipée) sur une carte de la zone avec différents embranchements. Il est possible de continuer à explorer tant qu'un combat n'est pas mené. Divers évènements peuvent intervenir, se traduisant par des dialogues, des mini-jeux ou encore des choix apportant généralement des ressources.

Ne jamais chercher un forain

Les combats constituent l'essentiel du temps de jeu de Circus Electrique (si on omet les temps de chargements assez longs). Très proche dans l'idée de Darkest Dungeon, ils mettent en confrontation votre équipe de personnages (jusqu'à 4) contre un groupe d'ennemis de 4 maximum. Chaque personnage occupe une position et peut à son tour utiliser une de ses compétences en fonction de son emplacement et de celui des adversaires. Par exemple certaines attaques ne sont possibles que si le personnage est devant et ne peut cibler que l'ennemi en tête de file. L'ordre des personnages est donc très important, c'est pourquoi il est possible de se déplacer au lieu d'attaquer, mais également d'obliger les ennemis à changer de place. Pour plus de stratégie, il est possible d'attendre un peu avant d'agir, ou de passer son tour moyennant une hausse de la défense. En plus de la barre de points de vie, chacun possède également une barre de dévotion (morale). Si une des deux barres tombe à zéro le personnage est définitivement éliminé. Il est du coup souvent intéressant de faire fuir des ennemis en manque de dévotion que de chercher à entamer leur barre de vie. En plus faire tomber un ennemi de cette manière donne un boost de dévotion au personnage qui a rendu cela possible. A savoir que plus la jauge de dévotion est haute, plus les statistiques du personnage sont hautes (et vice versa). Lorsqu'elle est extrêmement haute, les personnages peuvent entrer dans une forme de transe qui leur octroie de gros bonus. Mais à l'inverse un équivalent négatif peut leur arriver lorsqu'elle est basse. Les jauges ne se remplissent pas après les combats (sauf en facile où un peu de santé est rendu), donc il sera vital de les surveiller en toute circonstance. Heureusement, à chaque tout de jeu le personnage peut utiliser un objet en plus de son action, d'où l'importance du crafting.

Mon avis à moi

Circus Electrique est un excellent jeu pour peu que vous aimiez le genre. A moins de jouer en facile, le jeu est extrêmement exigeant et demandera une gestion à la culotte de vos saltimbanques. Son univers aussi étrange que bariolé est finalement attachant et la scénarisation donne envie d'aller jusqu'au bout.

A qui s'adresse Circus Electrique ?

- A ceux qui trouvent Darkest Dungeon trop dark

- A ceux qui aiment les jeux exigeants

- Aux amateurs d'univers qui sortent de l'ordinaire

A qui ne s'adresse pas Circus Electrique ?

- A ceux qui n'aiment pas perdre des personnages

- Aux coulrophobes

- A ceux qui n'aiment pas la gestion

Johann Barnaud alias Kelanflyter